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Ralph Lauren : un ballon d?oxygène aux opérateurs

8 mars 2004, 20:00

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L?ON SE dirige vers une solution dans la saga Ralph Lauren. Les parties concernées ? les exploitants locaux de la griffe américaine et la compagnie Polo/Lauren Co. L.P., propriétaire de la marque ? sont arrivés à un accord de principe. Les opérateurs mauriciens pourront respirer grâce à un moratoire accordé par les Américains. L?arrangement permettra d?éviter la perte de quelque 6 000 emplois.

Les commerçants et fabricants de vêtements Ralph Lauren à Maurice, regroupés au sein de l?Association of Textile Manufacturers and Retailers (ATMR), ont pu obtenir des Américains une période de répit qui leur permettra d?écouler leurs stocks de produits disponibles et/ou de se trouver vers d?autres activités.

Une réunion de haut niveau entre les différents protagonistes s?est déroulée hier dans les locaux de la Mauritius Export Processing Zone Association (MEPZA) à Port-Louis. Le gouvernement mauricien, qui a montré un très grand intérêt dans l?affaire, était représenté par son commissaire commercial à Washington, Peter Craig. La rencontre s?est d?ailleurs déroulée sous sa présidence. David Brown, le Senior Director of Trade Mark Administration de la firme américaine y assistait également.

C?est la satisfaction dans le camp des entrepreneurs mauriciens. ?Nous sommes très heureux de la tournure des évènements. La réunion elle-même s?est déroulée sur une note très positive?, se réjouit le conseil légal des opérateurs locaux, Sidhartha Hawoldar. Ce dénouement devait aider à apaiser les tensions qui ont entouré cette affaire depuis plusieurs semaines.

Une période moratoire en deux phases sera présentée aux exploitants mauriciens. Le premier arrive à expiration le 31 juillet 2004, et le deuxième le 31 décembre 2004. Les différentes échéances seront appliquées aux boutiques et aux usines concernées dépendant du niveau de leurs stocks.

Pour Sudheer Mudhoo, le secrétaire de l?ATMR, il est impératif que les revendeurs et fabricants soient membres de l?association pour qu?ils puissent bénéficier de cet arrangement. ?La compagnie Ralph Lauren nous a bien fait comprendre qu?elle ne pourra pas négocier avec les magasins individuellement. Les opérateurs concernés qui n?ont pas encore adhéré à l?association ont 48 heures pour le faire. Le cas échéant, ils s?exposent à des actions de la part de la firme américaine?, explique-t-il.

Le 25 février dernier, la Cour suprême avait émis un ordre interlocutoire interdisant la commercialisation à Maurice des produits portant le label Ralph Lauren. A la suite de ce jugement, les représentants locaux de Polo/Lauren Co. L.P. avaient demandé à la police d?agir contre ceux qui oseraient outrepasser cette décision de justice. Conscients des menaces qui pesaient sur leurs activités, les exploitants locaux ont préféré accélérer le processus de dialogue entamé parallèlement à l?action en cour.

Une autre griffe à exploiter

Vers quels créneaux se recycleront-ils désormais, une fois les périodes moratoires expirées ? Pour Beesham Juddoo, président de l?ATMR, la question n?est pas la priorité du moment, même si plusieurs opérateurs réfléchissent activement sur les moyens de se recycler. ?Plusieurs possibilités s?offrent à nos membres. Certains cherchent déjà une autre griffe à exploiter?, avance-t-il. Il nous revient que certaines entreprises sont en pourparlers avec la compagnie Ralph Lauren elle-même en vue d?obtenir des droits de représentation en bonne et due forme. Le savoir-faire et la technologie que certains ont pu développer au fil des années dans ce créneau spécifique peuvent représenter des atouts importants à ce chapitre.

Le gouvernement peut se frotter les mains. L?absence de compromis entre les deux parties l?embarrassait singulièrement. D?un côté, il voulait à tout prix éviter des pertes d?emplois massives. D?autre part, il ne voulait absolument pas froisser les susceptibilités des Américains, réputés frileux sur les questions touchant à la propriété intellectuelle.

L?Africa Growth and Opportunies Act (AGOA) ? sur laquelle Maurice compte énormément pour écouler ses vêtements sur le marché américain ? sanctionne sévèrement les pays qui enfreignent les normes de la propriété intellectuelle. L?Organisation mondiale du commerce exige, d?autre part, la mise en place de mécanismes de prévention de la contrefaçon au sein des Etats membres. La loi pour protéger les créations industrielles (le Patents, Industrial Designs and Trademarks Act) devrait bientôt en vigueur à Maurice.

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