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Le blanchiment concerne surtout l?argent de la drogue

4 mars 2004, 20:00

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LA PLUPART des activités de blanchiment d?argent sont liées au trafic de drogue. C?est ce qu?a révélé hier la Financial Intelligence Unit (FIU) à l?occasion de la première conférence de presse qu?elle a donnée depuis sa création.

La FIU, qui est entièrement opérationnelle depuis novembre 2002, a pour principale mission de recevoir des informations sur le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme, d?enquêter, et de constituer des dossiers qu?elle doit ensuite remettre aux autorités compétentes, telles que la police, la commission anti-corruption et la douane.

A ce jour, la FIU a reçu près de 200 rapports concernant des transactions financières suspectes, indique le directeur de l?institution, Dev Bikoo. La grande majorité de ces dossiers concerne le blanchiment de l?argent sale issu d?activités illicites, comme du trafic de drogue. Les activités criminelles générant de l?argent liquide ont besoin de blanchir cet argent, poursuit Danny Sanhye, l?assistant directeur de la FIU.

Celui-ci explique qu?il existe trois types de blanchiment. Le premier est dit ?interne?, autrement dit le blanchiment à Maurice même de l?argent sale obtenu par des activités criminelles perpétrées localement. C?est cette catégorie qui représente la part la plus importante des rapports soumis à la FIU. Il y a aussi le blanchiment d?argent en provenance de l?étranger, qui utilise la juridiction locale avant de repartir pour une autre destination. Enfin, il y a le blanchiment de l?argent généré par des activités criminelles à Maurice mais qui est ensuite expédié à l?étranger.

Quantification difficile

La FIU n?a pas encore pu quantifier l?ampleur des activités de blanchiment mais elle y travaille. Elle pourrait donner des informations à ce sujet prochainement. La loi oblige toutes les institutions financières et toutes les catégories professionnelles pouvant être impliquées dans des transactions de rapporter tout cas suspect à la FIU.

Danny Sanhye estime que le nombre de cas de transactions suspectes rapporté est faible en comparaison des autres pays. ?Je ne suis pas très satisfait du nombre de rapports reçus jusqu?ici, et plus particulièrement de certaines institutions?, déplore-t-il.

Le rapport annuel de la FIU rendu public hier attribue le faible nombre de dénonciations au fait que cette culture de rapporter des transactions suspectes n?est pas encore bien établie. Il souligne aussi que début 2003, les banques avaient estimé que la clause de confidentialité du Banking Act les empêchait de rapporter des cas suspects à la FIU.

Cette ambiguïté légale a été éliminée par des amendements au Anti-Money Laundering Bill en septembre 2003. La FIU espère maintenant que les cas rapportés de transactions suspectes augmentent cette année, notamment grâce à une campagne de sensibilisation qu?elle compte mener. ?Les gens n?ont aucune raison d?avoir peur de nous donner des informations. Il n?y a aucun risque que celles-ci sortent de nos murs?, assure Dev Bikoo.

Mobiliser les compétences

Sur la base des rapports qui lui sont faits, la FIU ouvre alors une enquête. Elle mobilise les ressources et les compétences dont elle pense avoir besoin pour chaque cas. Puis, l?investigation sur la transaction est menée en sollicitant l?aide des institutions et des personnes concernées. ?Les informations que nous recevons tiennent parfois à un nom et à une transaction sur une feuille de papier. A la fin de notre enquête, nous aurons constitué un dossier tenant en deux ou trois volets?, explique Danny Sanhye.

Ces dossiers identifient les personnes impliquées, la nature de la transaction et de l?offense commise et le circuit emprunté par l?argent blanchi. Ce sont de tels dossiers qui sont remis, soit à la police, soit à l?Icac, soit à la douane ou, parfois aussi, aux régulateurs tels que la Banque de Maurice ou la Financial Services Commission.

En décembre 2003, la FIU avait constitué 42 dossiers de ce type. La majorité, soit 34 rapports, a été remise à l?Icac. Trois autres ont été soumis à la police, deux à la FSC et un à la douane et à la Banque de Maurice.

Outre ces réalisations sur le plan interne, la FIU a aussi pour objectif de collaborer avec les autres institutions internationales dans le combat global contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

A ce sujet, Dev Bikoo s?est dit particulièrement heureux et fier que la FIU a été admise au sein de l?Egmont Group, qui est la référence mondiale en termes de FIU. Il faut dire que Maurice est le premier pays du continent africain à avoir créé une FIU. La Financial Action Task Force, une institution internationale de lutte contre le blanchiment, recommande la création d?une FIU dans tous les pays.

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