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Le ghoon, pèlerinage de mémoire

3 mars 2004, 20:00

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EN CE début d?après-midi, hommes, femmes et enfants se sont réunis à la rue Pagoda pour prier sous la salle verte aménagée pour la circonstance, le dargah. Parfum d?encens, fleurs et lampes jalonnent l?autel. La voix cendrée du psalmiste se fait plus nerveuse à mesure que les chars approchent? Dévôts en prière et badauds sont là pour le ghoon (ou festival de Yamsé).

Rashid, 54 ans, habite Quatre-Bornes. Cette année, il ne pratiquera pas le ratif (supplice des aiguilles.) ?A travers ghoon, nou revive ça bataille de Kerbala et la souffrance de Hussein?, explique-t-il.

Il est temps. Les véhicules libèrent la rue. Des enfants poussent, à l?avant des cortèges, un chariot indiquant la congrégation représentée. A leur suite, les marcheurs avancent à pas lents, le torse, la tête ou les joues percés d?aiguilles. Les danseurs à l?arrière obéissent au tocsin guerrier des tambours battants, en se poignardant le ventre. D?autres officiants simulent la décapitation au sabre.

Le parcours est entrecoupé de stations, où les tambours sont réchauffés autour d?un feu. Le cortège se dirige vers Vallée-des-Prêtres, où se fera le ?casser ? des ghoons dans une rivière.

Le ghoon commémore le martyre à Kerbala de Hussein, petit-fils du Prophète. Tentant la conquête du califat de Yazid, Hussein et sa garde tombent face à une armée supérieure en nombre. Il sera décapité. Jadis pratiqué sur une échelle plus importante, le ghoon ne réunit, aujourd?hui, pas plus d?une dizaine de chars.

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