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Les rouges sur le terrain
Tout faire pour améliorer son réseau de communication. Telle semble être la stratégie du Parti travailliste, à quelque 18 mois des prochaines législatives. Une volonté qui vise surtout à doter les rouges d?un enracinement dans les différentes régions du pays.
On aura une première indication de cette remise en cause lors du prochain congrès, annoncé d?abord pour ce week-end, puis reporté à fin mars. La réunion des délégués se tient ce matin au siège du parti prépare ce congrès.
Pour atteindre son objectif, on prête à Navin Ramgoolam l?intention de modifier de fond en comble son comité exécutif. Ou de « nettoyer l?écurie », selon les propres mots d?un agent de la circonscription de Piton-Rivière-du-Rempart. Pareil projet ne se fait pas sans heurts, puisque certains caciques ont commencé à faire de la résistance et la direction a préféré reporter son congrès.
Ce contretemps, que d?aucuns expliquent autrement (coïncidence avec la célébration de l?anniversaire du parti, celle de la Journée internationale de la femme ou encore de la Fête nationale), ne semble émouvoir outre mesure un observateur de la chose politique, proche de la direction des rouges. « Tout baigne pour le parti depuis que Navin Ramgoolam a découvert les vertus de la communication. Pour avoir été longtemps au pouvoir, seul ou en alliance, le parti s?est très peu soucié de sa présence sur le terrain, c?est ce manque d?enracinement qui nous a fait défaut aux élections de septembre 2000 », explique ce dernier. Et Arvin Boolell d?ajouter que l?objectif principal de Navin Ramgoolam dans sa reconquête du pouvoir sera « d?améliorer sa communication et de mieux gérer son emploi du temps ».
Forte dose de démagogie
Qui dit communication, dit surtout rencontrer des gens, galvaniser ses troupes. C?est ce que ce parti s?évertue à faire depuis début 2002. En effet, une fois les blessures des deux défaites électorales successives pansées, les rouges font leurs, les méthodes qui ont naguère contribué à la réussite du Mouvement militant mauricien. Ils descendent dans la rue, instituent des groupes de réflexion, installent des cellules ? intitulées Constituency Labour Party ? à travers le pays, tiennent une série de meetings et font de nombreux walk-outs de l?Assemblée nationale.
Mi-2002 voit également la mise en place de diverses commissions de réflexion . Dans le même temps le parti confie davantage de responsabilités sur le terrain à de nouveaux venus : Yatin Varma, Joy Beeharry, Etienne Sinatambou, Abu Kasenally, Danraj Boodhoo, Cader Sayed Hossen, Anand Neewoor, Rajesh Jeetah. « L?exercice avait pour but de modifier l?image de salonnard que les gens avaient de Navin Ramgoolam », explique un proche du Labour.
Le parti se plaît également à gérer la parole. Il anime des conférences de presse à intervalles réguliers pour critiquer la hausse des prix, la montée du chômage, la gestion de l?économie, la concentration du pouvoir économique, sans pour autant proposer des solutions alternatives. De telles sorties sont enrobées d?une forte dose de démagogie. C?est ainsi que Navin Ramgoolam annonce, pince-sans-rire, samedi dernier, que « avec nous prix pas pou augmenter ». Le leader des rouges ne pipe toutefois pas mot de l?incidence du climat international sur le coût des produits importés et sur les exportations de la zone franche.
Confronté à un pareil non-sens, un dirigeant du parti affirme que « ce n?est pas à (eux) de proposer des solutions, mais que (leur) rôle est d?opposer ». Le même interlocuteur est aussi d?avis qu?il est prématuré d?exiger du Parti travailliste qu?il présente dès maintenant son programme gouvernemental. « Un manifeste, ça se rédige en quelques jours. Nous formulerons nos propositions le moment venu. »
Sur le plan politique, les rouges ont d?abord pointé leur artillerie sur le MMM, mais ont changé de stratégie aussitôt après la victoire de Rajesh Jeetah à la dernière partielle. Depuis, ils s?en prennent davantage au MSM, conscients qu?ils sont que tout glissement de l?électorat de ce parti ne pourra que lui être bénéfique. Jeudi, à Bois-des-Amourettes, Burty David et Arvin Boolell trouvent que le MSM est devenu « un paillasson » qui « fine fini noyé ».
Après sa performance au scrutin du 21 décembre dernier, les rouges sont actuellement gonflés à bloc. Mais en politique, bien plus qu?ailleurs, une semaine est parfois bien longue. Reste à savoir s?ils parviendront à maintenir le rythme d?ici les prochaines élections générales.
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