Publicité
Sus aux criquets pèlerins
La menace des criquets pèlerins dans le nord de l?Afrique s?accroît et pourrait se transformer en « fléau », a averti l?organisation des Nations unies pour l?alimentation et l?agriculture (FAO), en lançant un appel aux bailleurs de fonds. « Afin d?éviter que les premiers stades de l?actuelle recrudescence acridienne ne se développent en un fléau», la FAO a indiqué dans un communiqué avoir besoin immédiatement de 4,74 millions d?euros pour les opérations de lutte contre le criquet pèlerin en Mauritanie et de 2,37 millions d?euros pour le Mali, le Niger et le Tchad. La situation continue à se détériorer dans l?ouest et le nord de la Mauritanie ainsi qu?au Sahara occidental, précise la FAO.
Lors de l?été 2003 et en octobre, des pluies exceptionnelles ont permis la succession de générations de criquets pèlerins pour conduire à la formation d?essaims qui échappent aux opérations de lutte anti-acridienne. Par ailleurs, sur la côte de la mer Rouge et en Arabie saoudite, une résurgence de la menace acridienne est également en cours, puisque des essaims se forment.
Une structure de surveillance coûteuse
Les invasions de criquets sont un fléau vieux comme le monde : les Anciens ont décrit leurs ravages, et la Bible en parle comme de la huitième plaie d?Egypte. Le criquet pèlerin (Schistocerca gregaria) fait partie des orthoptères les plus redoutables car il consomme chaque jour son propre poids de nourriture. On dénombre aussi le criquet migrateur (Locusta migratoria) et le criquet nomade (Nomadacris septemfasciata).
Pendant leur phase grégaire, ces insectes forment des essaims immenses d?une extraordinaire densité qui s?abattent sur les cultures pour les dévorer. Un kilomètre carré d?essaim peut contenir plus de 50 millions d?individus capables de consommer 100 tonnes de matière végétale fraîche chaque jour. Ces ravageurs féroces ruinent principalement l?économie des zones tropicales et surtout celle des pays les plus pauvres. Or, grâce au développement d?insecticides de synthèse, il est maintenant possible au prix de campagnes coûteuses ? de contrôler en quelques années des infestations qui duraient auparavant dix à vingt ans. Mais les pays concernés ont tendance à considérer le problème comme résolu et hésitent à maintenir une structure de surveillance jugée trop coûteuse. Finalement, ils ne traitent le problème qu?une fois les ravageurs bien installés.
La dernière grande invasion de criquets pèlerins qui a déferlé sur l?Afrique en 1987 ? après vingt ans de tranquillité relative ? a frappé la quasi-totalité du continent. Elle a été jugulée en un an et demi et a coûté près de 237 millions d?euros fournis par la communauté internationale. En 1997, Madagascar a, à son tour, été touchée par une importante pullulation de criquets migrateurs. L?invasion a tout de même été stoppée en trois ans. Coût : 40 millions d?euros.
@ 2 003 Le Monde ? AFP
Distribué par The New York Times Syndicate
Publicité