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Les Etats des Caraïbes réclament une intervention de l?Onu
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Les Etats des Caraïbes réclament une intervention de l?Onu
Les Etats des Caraïbes ont réclamé d?urgence jeudi une intervention internationale en Haïti, mais le Conseil de sécurité de l?Onu a indiqué qu?il n?était pas prêt à donner son feu vert à l?envoi d?une force de maintien de la paix.
Le ministre jamaïcain des Affaires étrangères, Keith D. Knight, s?exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (Caricom), a exhorté le Conseil de sécurité à autoriser rapidement le déploiement d?une force multinationale, les insurgés opposés au président haïtien Jean-Bertrand Aristide ayant annoncé un assaut imminent sur la capitale.
L?objectif d?une telle force serait de «contribuer au rétablissement de l?ordre, de faciliter un retour à la démocratie et de créer un environnement dans lequel peuvent être poursuivis les efforts visant à trouver une solution à la crise politique», a déclaré Knight lors d?une réunion extraordinaire du Conseil consacrée à la situation en Haïti.
«C?est une situation de la plus grande urgence et une action décisive doit absolument être entreprise», a-t-il ajouté.
«Combien de blessés et de morts devront-nous dénombrer avant que la communauté internationale vienne à notre secours, pour éviter un bain de sang ?», a lancé l?ambassadeur de Haïti à l?Onu, Jean Alexandre.
Le Conseil de sécurité s?est dit prêt, dans un communiqué, à donner son feu vert au déploiement d?une force internationale à condition que le gouvernement et l?opposition haïtienne concluent au préalable un accord de partage du pouvoir, et mettent fin aux violences qui secouent le pays.
Le Conseil de sécurité suit ainsi la position des Etats-Unis, de la France et d?autres Etats selon qui aucune intervention étrangère ne devrait avoir lieu tant que l?insurrection armée fera rage.
aristide ne veut pas partir
Le président haïtien Jean-Bertrand Aristide, a répété pour sa part dans un entretien à CNN qu?il ne démissionnerait pas, comme le demandent l?opposition et les rebelles.
L?opposition a exclu tout accord de partage du pouvoir si Aristide reste en fonctions.
Mais le ministre des Affaires étrangères du Bahamas, Fred Mitchell, faisant écho à Knight, a estimé qu?une intervention internationale serait justifiée, du fait qu?elle a été souhaitée par l?»autorité légitime» à Haïti.
«Il nous semble que ceux qui peuvent contribuer au rétablissement de l?ordre devraient le faire, et le faire tout de suite», a-t-il déclaré.
Une soixantaine de personnes ont trouvé la mort depuis le début de l?insurrection armée, le 5 février, date de la prise de contrôle par les rebelles de la ville des Gonaïves.
La France, ancienne puissance coloniale, a proposé la mise en place d?une force de police internationale qui rétablirait l?ordre en Haïti et permettrait la mise en place d?un gouvernement d?unité nationale.
Une force civile de maintien de la paix ayant l?aval du Conseil de sécurité «pourrait constituer un complément important à toute solution politique», a déclaré l?ambassadeur de France à l?Onu, Jean-Marc de la Sablière.
«Cela pourrait permettre le rétablissement de l?ordre public et appuyer l?action sur le terrain de la communauté internationale, notamment dans les domaine de l?humanitaire et des droits de l?homme», a-t-il ajouté.
Le président américain, George Bush, a déclaré lui aussi que la détérioration de la situation en Haïti pourrait justifier une présence militaire internationale, tout en conditionnant un tel déploiement à la conclusion préalable d?un accord politique.
«Si un accord politique viable est conclu en Haïti, les Etats-Unis pourraient soutenir les efforts visant à déployer une force internationale destinée à en appuyer l?application», a déclaré au Conseil l?ambassadeur des Etats-Unis à l?Onu, John Negroponte.
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