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La France lutte contre l?obésité
LA SANTÉ de la population inquiète beaucoup les autorités politiques et sanitaires françaises. Le Sénat vient d?adopter, le 19 janvier, des mesures de lutte contre l?obésité. Ainsi, les publicités sur les produits alimentaires seront assorties d?un message sanitaire, lorsqu?elles sont diffusées pendant les programmes destinés à la jeunesse. Il est prévu que le message sanitaire en question rappelle les principes d?éducation diététique (diversité, modération).
Une deuxième réglementation votée par le Sénat prévoit que les emballages de produits alimentaires d?origine industrielle affichent le nombre de calories, le contenu en graisses saturées et non saturées ainsi que la teneur en sodium de chaque ration alimentaire. Cette décision politique est source de grande satisfaction pour l?Académie nationale de médecine et l?Académie nationale de pharmacie qui, en novembre dernier, dressaient une liste d?actions pour lutter contre l?obésité. ?On doit apprendre aux enfants et aux parents à respecter les rythmes alimentaires, estimaient les académiciens. C?est-à-dire, avoir une alimentation diversifiée et équilibrée dès le plus jeune âge : ne pas consommer en excès les aliments très caloriques, riches en graisses et en sucres rapides, et les boissons sucrées ; ne pas grignoter entre les repas...?, recommandaient les académiciens.
Au-delà de ces conseils de bon sens, les académiciens proposaient une série de mesures réglementaires. Ainsi, l?étiquetage des aliments doit indiquer, de façon compréhensible, la richesse en calories, en graisses saturées, en graisses totales et en glucides simples et complexes. Les experts préconisent aussi le contrôle, voire l?interdiction de toute publicité alimentaire abusive; l?interdiction des distributeurs ou de la vente de boissons sucrées, de confiseries, de pâtisseries et de barres chocolatées dans les établissements scolaires.
Dans une étude sur le rôle de l?éducation dans l?alimentation, publiée ce même 19 janvier denier, le Conseil économique et social (CES) constatait que ?depuis une cinquantaine d?années, le comportement alimentaire des Français s?est beaucoup modifié. Le modèle traditionnel (repas en famille à heures régulières et composés de saveurs variées) semble peu à peu délaissé. L?heure est au grignotage, aux déjeuners consommés rapidement et à peu de frais dans les fast-foods, parfois même à la suppression d?un repas dans la journée?. Ces nouvelles habitudes ne sont pas sans conséquences sur la santé des Français. Il est estimé qu?environ 12 % des enfants ont des problèmes alimentaires (obésité, anorexie, allergie...)
Face à cette déstructuration des habitudes alimentaires, le CES prône l?éducation, et ce dès le plus jeune âge, car ?l?alimentation ne va pas de soi, elle s?apprend?. L?éducation à l?alimentation, estiment les rédacteurs de l?étude ?se transmet principalement par le biais de la famille, mais aussi et surtout de l?école?. L?étude du CES préconise une approche ludique sous forme de travaux pratiques ou de jeux éducatifs, ce qui permettrait aux enfants, avec l?aide de diététiciens, ?de découvrir la chaîne alimentaire, de favoriser leur éveil sensoriel et de mettre en valeur le plaisir de la table?. Cet apprentissage ne devrait pas s?arrêter à la sortie de l?école, mais se prolonger à l?âge adulte, suggère l?étude du CES, ?car les consommateurs sont confrontés au matraquage publicitaire et peinent à distinguer le vrai du faux?. Ce qui prouve que les idées et les suggestions pour le bien commun arrivent à faire leur chemin en France.
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