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Enquêtes auprès des entreprises
LE MOIS dernier, en l?espace d?une dizaine de jours, PriceWaterhouseCoopers (PWC) Market Research Ltd et la Mauritius Employer?s Federation publiaient les résultats de leurs enquêtes respectives auprès des chefs d?entreprise. Le premier faisait état d?une situation nettement négative alors que le second soulignait la perception optimiste des hommes d?affaires. Cette contradiction apparente a pu donner lieu à une certaine perplexité et des spéculations. Peut-on réconcilier le résultat des deux enquêtes ?
A première vue, elles ne sont pas comparables, la première étant très simple, avec sept questions, alors que la seconde en contient 32 et quatre supplémentaires sur les facteurs explicatifs de certaines tendances. C?est la première fois que PWC entreprend une enquête dans le but de mesurer le niveau de satisfaction des Chief Executive Officers, à propos de certaines conditions existantes dans le pays, par la construction d?indices de satisfaction. Mais pour être plus précis, ce n?est qu?à partir de l?année prochaine qu?on pourra commencer à mesurer l?évolution des indices, ceux de cette année servant de référence.
L?enquête de la MEF, en revanche, est un mélange de mesure de satisfaction, de prévision conjoncturelle, et d?identification des causes. Ce que la MEF souligne dans sa conclusion, c?est surtout les prévisions optimistes des hommes d?affaires par rapport à la production, l?investissement, le profit, l?emploi et la formation.
Ces prévisions optimistes ne sont nullement incompatibles avec l?insatisfaction par rapport à certains aspects de la politique économique du Gouvernement. En effet, on peut très bien être frustré par la politique fiscale ou monétaire et les procédures administratives existantes, et en même temps être confiant que les affaires iront mieux. Il n?y a là aucune contradiction. Mais comment se compare l?enquête de PWC avec la partie de celle de la MEF qui traite des conditions présentes ?
Des sept items du PWC, cinq se retrouvent dans le questionnaire de la MEF, et pour trois d?entre ceux-ci, les deux enquêtes indiquent peu de satisfaction. Il s?agit de la politique monétaire, des procédures administratives et des mesures pour combattre la corruption, sur lesquelles il y a donc convergence entre les deux enquêtes.
Politique fiscale
Concernant les deux autres items, à savoir la politique fiscale et la formation, contrairement à l?enquête de PWC qui montre un sentiment négatif, celle de la MEF souligne une satisfaction évidente. Cette différence d?appréciation, pourrait-elle être liée à la nature des échantillons ? Alors que l?enquête de PWC atteint 60 CEO parmi les 100 firmes les plus importantes, celle de la MEF touche 109 entreprises, réparties en huit secteurs d?activités, qui ne sont pas, de toute évidence, parmi les plus importantes. Si ce facteur a joué, la conclusion alors serait que les CEO des plus grandes firmes sont moins satisfaits de la politique fiscale et de la formation que les autres chefs d?entreprise.
Par ailleurs, PWC fait ressortir que le niveau de satisfaction le plus bas concerne la main-d??uvre qualifiée. L?enquête de la MEF, bien que ne comprenant pas de question identique, confirme néanmoins ce résultat par le biais d?une question sur les causes d?une faible productivité. La dernière question de PWC qui traite de la politique d?investissement n?a pas d?équivalent dans le questionnaire de la Fédération.
En définitive, on peut dire qu?il y a beaucoup plus de similitudes que de différences entre les deux enquêtes. L?idée à retenir est que malgré la persistance de nombreuses faiblesses dans la politique économique et dans l?administration publique, les CEO restent confiants d?un avenir prometteur pour leurs entreprises.
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