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La Commission Justice et Paix du diocèse de Port-Louis

9 février 2004, 20:00

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LA Commission Justice et Paix du diocèse de Port-Louis tient à exprimer son inquiétude devant la perpétuité des cas de brutalité policière en la République de Maurice. Le cas de Jacques Achille, journaliste à Week-End Scope vient confirmer la culture de brutalité développée chez certains officiers de police qui ne font honneur ni à la police de notre pays ni à notre République. Nous estimons dangereux que la police qui a la responsabilité constitutionnelle d?assurer la protection de nos citoyens se pose, à travers certaines brebis galeuses, comme une menace à la sécurité de ces mêmes citoyens. Nous nous demandons quelle attitude ces policiers auraient eu vis-à-vis d?un simple citoyen anonyme, pas au courant de tous ses droits fondamentaux et pas en contact avec des conseillers légaux, s?ils peuvent se permettre autant d?agressivité vis-à-vis d?un journaliste dans l?exercice de ses fonctions.

Sans faire un procès d?intention aux autorités compétentes et au vu des expériences passées, tout en considérant que notre système de justice permet à toute personne accusée d?un acte criminel de bénéficier de la présomption d?innocence (dans le cas présent, les officiers de la police de Piton dénoncés par Jacques Achille), la Commission Justice et Paix souhaite faire les propositions suivantes :

  1. Qu?un magistrat soit nommé pour mener une enquête indépendante sur cette affaire et soumette ses recommandations au Directeur des poursuites publiques;

  2. Que les officiers de police impliqués soient suspendus de leur fonction durant le cours de cette enquête;

  3. Que le Police Complaints Bureau soit détaché du service de la police et ait une entité indépendante afin de pouvoir mener des enquêtes objectives sur la police quand les cas se présentent;

  4. Que tout officier de police reconnu coupable d?abus auprès de tout citoyen soit démis de ses fonctions (au lieu d?être tranquillement transféré à un autre poste ou à une autre section) et poursuivi afin de décourager la culture de brutalité parmi les brebis galeuses de la force policière;

  5. Que le respect des droits de la personne humaine figure dans le programme de formation des nouvelles recrues de la force policière ;

  6. Que des in-house refreshing courses sur le respect des droits humains soient introduits dans toutes les postes de police et les autres sections de la police sur une base régulière à l?intention des officiers de police.

La Commission Justice et Paix du diocèse de Port-Louis se propose aussi de publier un document d?information sur les droits des citoyens lors d?une arrestation policière, qu?elle compte distribuer à l?ensemble de la population mauricienne pour contribuer à la lutte contre la brutalité policière au sein de la République de Maurice. La Commission souhaite que les autorités concernées fassent toute la lumière sur le cas de Jacques Achille, journaliste à Week-End Scope et prennent les décisions nécessaires pour porter un frein à cette culture d?impunité chez les policiers coupables de brutalité envers le public dans un souci de ramener la confiance des citoyens mauriciens dans notre police nationale et notre système de démocratie.

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