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Accord de partenariat économique : les négociations démarrent

6 février 2004, 20:00

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C?est aujourd?hui que démarrent les négociations entre la Commission européenne et la région Eastern and Southern Africa (ESA) en vue de la conclusion d?un accord de partenariat économique (APE). Pascal Lamy, le négociateur commercial européen, arrive ce matin pour mener le premier round de discussions.

Pour l?exercice, le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, a placé la barre haut. Un APE négocié et mis en place avec succès permettra à la région d?intégrer l?économie mondiale et de réaliser enfin les objectifs de développement et de croissance de Cotonou. Par contre, mal ficelé, il risque de causer plus de tort que de bien, prévient-il.

Hier, les ministres du Commerce de la région ont finalisé le mandat de négociation de l?ESA et la feuille de route pour la conduite de l?événement. Ces deux volets constitueront l?essentiel de l?agenda de la première session des pourparlers qui se dérouleront toute la journée à Grand-Baie.

Le succès des discussions est crucial pour le développement économique des seize pays concernés, dont Maurice. Lors de l?ouverture de la réunion ministérielle hier, Jayen Cuttaree, le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, a rappelé les enjeux vitaux que représentent ces négociations.

Se livrant à un sévère constat d?échec des précédents accords de Lomé et de Cotonou, Jayen Cuttaree a soutenu que les APE représentent une réelle opportunité d?atteindre enfin les objectifs de l?Accord de Cotonou en termes de développement et de croissance économique.

APPEL À L?UNIFICATION

Le ministre estime néanmoins que les promesses d?un APE avec l?Europe ne seront pleinement réalisées que si, d?une part, la région ESA sait faire des propositions concrètes et articulées et si, d?autre part, l?Union européenne (UE) met en place les mesures nécessaires pour que l?APE marche.

«Ce n?est que grâce à un effort concerté de notre part et de la part de l?UE que nous obtiendrons les résultats escomptés. Sans cela, l?APE risque de provoquer plus de victimes que de réaliser ses promesses», prévient Jayen Cuttaree. Pour le ministre, il est clair qu?il faut absolument un nouveau cadre de partenariat avec l?Europe. Les accords préférentiels de Lomé et de Cotonou n?ont pas donné les résultats attendus.

Seulement une dizaine de pays du groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP)ont su tirer avantage des préférences commerciales. La part des ACP dans les importations globales de l?UE est passée de 6,7 % en 1976 a 2,8 % seulement en 1999. Bien que les ACP soient les pays les plus avantagés en termes de préférences commerciales, ils se sont fait rattraper puis dépasser par d?autres régions.

Les exportations des ACP vers l?Europe ont augmenté d?environ 2 % en moyenne annuellement. Les exportations de la région méditéranéenne et de l?Amérique latine ont, elles, augmenté de 6 % en moyenne tandis que celles d?Asie ont enregistré une croissance de 12 % par an. Cette tendance a résulté du fait que, depuis 1992, la situation s?est détériorée et que l?Asie est maintenant, parmi les pays en développement, le principal exportateur vers l?Europe, analyse Jayen Cuttaree.

Par ailleurs, le ministre a profité de l?ouverture de la réunion ministérielle pour lancer un appel à l?unification du Common Market for Eastern and Southern Africa (Comesa) et de la Southern African Development Community (SADC). Une telle plate-forme commune avait été souhaitée pour négocier un APE avec l?Europe mais elle n?a pas pu se concrétiser.

«Un plus grand bloc englobant la totalité de l?Afrique australe et orientale aurait constitué une masse critique plus importante et aurait représenté le poids nécessaire pour négocier d?égal à égal avec l?Europe. On aurait pu espérer de meilleurs résultats pour le bénéfice de toute la région », poursuit Jayen Cuttaree. Il n?est pas trop tard pourtant et la porte reste ouverte pour ceux qui veulent se joindre à l?ESA, ajoute-t-il. Le ministre se dit confiant que d?ici la fin des négociations en 2007, la sagesse aura prévalu et que la région aura réalisé l?importance de l?unité.

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