Publicité
Jacques Maunick arrêté puis libéré sous caution
Par
Partager cet article
Jacques Maunick arrêté puis libéré sous caution
Le directeur de la radio nationale, Jacques Maunick, a été arrêté hier à la suite d?allégations de harcèlement sexuel proférées à son encontre par la journaliste Valérie Kallee. Il a comparu au tribunal de Curepipe.
Selon l?acte d?accusation provisoire, Jacques Maunick, 61 ans, aurait abusé de son autorité de directeur pour essayer d?obtenir, « par des ordres et des menaces», des faveurs de «nature sexuelle» de la jeune femme.
A la mi-journée, après un interrogatoire au poste de police de Curepipe, Jacques Maunick a comparu devant la magistrate Asha Devi Ramano. Il a signé une reconnaissance de dette de Rs 15 000 afin d?être remis en liberté. Une interdiction de quitter le pays a été déposée contre lui.
L?inculpation du directeur de la radio découle des «griefs» que Valérie Kallee étale lors de la conférence de rédaction, dans la matinée du 26 janvier. Elle affirme alors que le directeur de la radio lui aurait proposé à maintes reprises de «prendre un pot» en sa compagnie. Dans une déposition, elle consignera plus tard ces allégations par écrit.
Au « briefing », les collègues de la journaliste se disent «choqués par ces révélations». Les sympathisants de Jacques Maunick crient au «complot». Le directeur présente «ses plates excuses» à la journaliste en avouant «être allé trop loin». Des «excuses», précisent ceux qui en ont été témoins, qui ne portent que sur une invitation à prendre un pot.
L?incident cependant est loin d?être clos. En dépit des tentatives de la direction générale de remédier au malaise, Valérie Kallee refuse tout compromis et s?en remet à la police. Sa déposition entraînera l?interrogatoire d?hier.
Ce conflit a vu l?émergence de deux groupes à la MBC Radio. L?un d?eux s?était regroupé hier en signe de solidarité avec Jacques Maunick. Des visages et des voix familiers du public : Pamela Patten, Sarah Persand, Vishwani Delmage, Linley Heeramun, Arnaud Vacher, Ben Javed et d?anciens membres de la rédaction, à l?instar de Nella Brasse. Les sympathisants du directeur ne mâchent pas leurs mots : c?est une «cabale» contre Jacques Maunick à deux mois de l?expiration de son contrat (avril 2004).
«On l?accuse de quelque chose d?absolument incroyable», s?exclame une des journalistes présentes. J?ai travaillé pendant trois ans avec lui. Il n?a jamais eu de geste déplacé à mon égard». «C?est une cabale pour le faire partir», renchérit une autre sous le regard approbatif d?Arnaud Vacher et de Linley Heeramun, animateurs radio.
« On prend un pot jacques ? »
Une autre ajoute que le directeur de radio a un sens de l?humour qu?on pourrait ne pas comprendre. «C?est vrai que ses plaisanteries sont très poussées. Mais il faut savoir prendre Jacques avec beaucoup de maturité», insiste-t-elle. Dans le camp montré du doigt, l?on évite d?assumer publiquement ses propos. «Tout le monde est unanime à condamner son manque de respect envers les éléments féminins de la rédaction», affirme une journaliste.
Ce groupe nie l?existence de toute tentative de «cabale» et «complot». Il soutient avoir appris l?affaire à la conférence de la rédaction du 26 janvier. «Est-ce qu?un innocent présente des excuses?», se demande un journaliste.
Le sourire philosophe, le principal concerné a été chaudement applaudi à sa sortie du poste de police. Des cris de soutien de part et d?autre ont fusé. «On prend un pot Jacques ?», lui a lancé Vishwani Delmage, remarque qui a déclenché le rire général.
A l?heure où il quittait l?enceinte de la cour, la caisse était fermée pour le déjeuner. Jacques Maunick n?a pu s?acquitter des procédures administratives de rigueur. Escorté de policiers, à pas lents, il a regagné le poste de police. Libéré en début d?après-midi, il a à son tour lancé au groupe : «Allez, je vous invite à prendre un pot?».
Jacques Maunick a retenu les services de Me Ivan Collendavelloo. Ce dernier l?a assisté dans son interrogatoire, mené par l?assistant-surintendant Jay Haulkhory.
Le Mauritius Trade Union Council, auquel sont affiliées les deux associations syndicales de la MBC, a tenu une conférence de presse pour soutenir la journaliste. Nadarajen Pillay, représentant des employés de la station, a évoqué des actes d?«intimidation». Il dit rester vigilant...
Publicité
Publicité
Les plus récents