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Nouvelle orientation pour les PME
COMMENT développer une nouvelle stratégie pour relancer le secteur des petites et moyennes entreprises (PME) ? Cette question, posée hier lors d?un séminaire au Domaine Les Pailles, a trouvé un orateur rassurant en la personne du ministre du Logement, des terres et des PME, Georges Lesjongard. ?Le gouvernement, dit-il, accordera une attention particulière à ce secteur. Cela fait partie de nos priorités.?
Lors de son discours, le ministre a rappelé qu?une nouvelle stratégie doit être définie pour booster les PME. C?est d?ailleurs notamment pourquoi un nouveau ministère a été créé le 23 décembre dernier.
Devant une assistance composée surtout de chefs d?entreprises et de représentants de la Small and Medium Industries Development Organisation (Smido), de l?Export Processing Zones Development Authority et de la Mauritius Industrial Development Authority, le ministre a défini sa vision par rapport à ce secteur. Ainsi, selon lui, il est essentiel que les PME soient compétitives pour rester dans la course. Mais pour ce faire, il faut inévitablement soigner la qualité des produits et former les employés. Le ministre espère aussi voir davantage de petits entrepreneurs se tourner vers l?exportation, notamment dans la région.
Georges Lesjongard rappelle aussi la crainte qu?occasionne chez certains l?idée de se lancer dans un business. Le principal obstacle au développement des PME demeure, selon lui, le financement. Malgré les mesures incitatives de certaines institutions bancaires, beaucoup reste en effet à faire dans ce domaine. ?Si nous voulons voir émerger de nouvelles entreprises, il faut trouver de nouveaux plans de financement qui soient sans risque pour eux?, dit-il. Il compte ainsi lancer une campagne médiatique pour les inciter à créer leur propre entreprise.
Une route semée d?embûches
Le Marketing Manager de la Smido, Niven Muneesamy, est quant à lui d?avis que toute la stratégie sur le développement des PME doit être revue. Le problème, dit-il, est clair : les petits entrepreneurs hésitent à créer leur entreprise parce que rien n?est fait pour leur faciliter la tâche.
Il faut dire que les difficultés auxquelles les chefs d?entreprises doivent faire face sont nombreuses. A titre d?exemple, les taux d?intérêt à l?emprunt que proposent les banques ne sont pas encourageants. Et si l?on ajoute à cela le fait qu?il faut hypothéquer un bien, comme un terrain, pour obtenir un prêt, l?on conçoit que cela rebute plus d?un. Certains entrepreneurs ne disposent en effet pas de telles garanties. ?De fait, ils voient leurs projets s?écrouler?, dit le Marketing Manager.
Niven Muneesamy propose aussi qu?il y ait une redéfinition des PME. ?Il y a les petites entreprises, les moyennes et celles qui exportent?, dit-il. La clientèle n?est par conséquent pas la même et ces entrepreneurs ne disposent pas forcément des mêmes ressources financières. Selon lui, il faudrait donc encourager les petites entreprises à investir davantage en leur offrant plus de facilités financières.
Mis à part ces contraintes, les jeunes entrepreneurs se lancent souvent à l?aveuglette. Dans des cas, bien souvent, aucune étude de faisabilité n?est effectuée avant qu?ils mettent sur pied leurs projets. Or, le risque de voir son affaire s?écrouler est grand. Niven Muneesamy estime qu?il faudrait avoir des institutions spécialisées pour les guider.
Michel Moothoosamy, qui est directeur d?une imprimerie, abonde dans le même sens : ?On nous demande d?être compétitifs mais il n?y a aucune politique d?aide au financement.? Les intérêts d?emprunt sont élevés et la période de remboursement est courte. Résultat : certaines sociétés refusent de renouveler leurs équipements qui, selon lui, datent parfois d?un demi siècle. Et cela se répercute évidemment sur la qualité.
En attendant la nouvelle politique du ministre, les PME doivent se contenter de ce qu?elles ont.
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