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Sens du travail

5 janvier 2004, 20:00

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La réaction des fonctionnaires aux nouveaux règlements sur la ponctualité augure un changement positif des comportements. Ceux-ci ont compris que dans un environnement économique où la productivité est devenue le facteur-clé de développement, il faut s?astreindre à une discipline et une rigueur de travail.

Avec les nouveaux ?PSC Regulations?, les horaires de travail ne changent guère. Il s?agit tout simplement d?une mesure contraignant un employé qui n?arrive pas à l?heure au bureau à compenser son retard après les heures réglementaires. Bref, l?employeur a tout simplement décidé d?être moins indulgent envers les incartades à la discipline. Cela a plu à la grande majorité des fonctionnaires, des travailleurs consciencieux et fatigués de constater l?impunité qui est de règle dans la tradition de la fonction publique.

Pour leur part, les dirigeants syndicaux n?ont pas dérogé à leur habitude. Ils sont déjà à l??uvre pour opposer des résistances aux nouvelles règles de discipline, de ponctualité et d?organisation. En combattant la mesure, ils versent dans la même irresponsabilité que beaucoup manifestent à chaque fois qu?une réforme positive est appliquée.

Les syndicalistes avancent des raisons qui tiennent d?un folklore propre à eux pour justifier les retardataires. Ils invoquent, par exemple, les problèmes de congestion routière. Mais il faut alors qu?ils nous expliquent comment les employés du secteur privé qui utilisent les transports en commun arrivent, eux, à l?heure sur leurs lieux de travail. En vérité, l?absence de sanctions contre les retardataires encourageait une petite poignée d?employés désinvoltes à profiter du système.

Ce petit pas vers plus d?efficacité réalisé, il reste des pesanteurs bureaucratiques qui sont plus que jamais ancrées dans la fonction publique. La fameuse réforme promise par Ahmad Jeewah ne s?est pas concrétisée. On attend le réveil des autorités. A moins que ce ne soit déjà trop tard. Il est bien connu qu?aucun gouvernement n?entreprend, dans la deuxième moitié de son mandat, des réformes qui risquent de fâcher.

Pourtant le mode de fonctionnement des institutions publiques doit être revu pour assurer une meilleure performance. La centralisation des pouvoirs tue l?originalité et la créativité individuelle du fonctionnaire de base. Même quand ce dernier constate les lenteurs ou complexités aberrantes d?une procédure administrative, l?occasion ne lui est pas donnée de transformer ses idées en projet.

Pour l?heure, il incombe à ceux qui occupent des postes de responsabilité de corriger les entraves à une plus grande efficacité de la fonction publique. Il suffit parfois de mesures anodines pour produire des effets significatifs. Par exemple, cela ne demande pas beaucoup d?effort aux services publics qui ferment encore à l?heure du déjeuner ? dont le comptoir du Marketing Board à Moka ou les caisses des cours de justice ? pour opérer un système de quart et de maintenir la continuité du service pendant la journée.

La réaction affichée hier dans les divers services publics prouve que le personnel de la fonction publique a le sens du travail. Le stéréotype du fonctionnaire n?obéissant qu?à la loi du moindre effort est mis à mal.

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