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La Trinité picturale de Sonia Degruson

4 janvier 2004, 20:00

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JEUNE, d?âge et de peinture, autodidacte depuis cinq ans, Sonia Degruson exposera son cinquième solo, du 9 au 19 janvier 2004, à la salle polyvalente du Centre Charles Baudelaire, à Rose-Hill. Adepte de l?abstraction, après avoir dessiné à la plume, cette Bordelaise donne à voir une vingtaine d?acryliques, pigments et liants, et encres sur toile de grands, moyens et petits formats. Le vernissage aura lieu le jeudi 8 à 17 h 30. L?exposition sera ouverte, du lundi au samedi, de 10 à 16 heures.

Le carton d?invitation met en exergue une réflexion de Wassily Kandinsky, grand initiateur et théoricien de l?art abstrait : ?Est beau ce qui jaillit d?une nécessité intérieure de l?âme.? Nécessité qui est urgence, comme chez Sonia Degruson. Cette urgence qui lui dicte le rythme d?une peinture par jour. Et ce besoin de partage, caractérisé par la multiplicité de ses expositions. Elle a exposé dans des restaurants et cafés de Bordeaux et de Paris.

Très généralement, la peinture de cette jeune femme se résume par des formes et des lignes colorées, élaborées sur la toile en une composition vibrante. Les couleurs vives, intenses, créent un sens de l?espace, que les lignes dotent d?un indéniable dynamisme. Et à la fois d?un certain rythme. Ces peintures instinctives, servies par un sens inné des couleurs, ne partent d?aucune idée préconçue. Elles transcrivent des émotions joyeuses, transmises instantanément au regardeur.

Bien que la peinture qui illustre le carton d?invitation fasse appel plus largement aux rectangles, différemment des formes circulaires abondantes chez Kandinsky, l?on y décèle une certaine parenté, certaines réminiscences, plutôt, des compositions du maître. Swinging en est un exemple.

Sur la droite de la peinture de Sonia Degruson, une verticale et deux horizontales appuyées, ramènent, sans l?avoir cherché, à celles de Swinging. Dont le regroupement de formes centrales de la composition kandinskienne rappelle inévitablement celui de la Bordelaise. La forme triangulaire du premier étant décalée vers la droite chez Sonia. Il y a aussi d?autres rappels, tels les cercles superposés, surmontés de trois lignes ondulées, chez Kandinsky, correspondant à une gestuelle libre chez Sonia, équilibrant obligatoirement sa composition. Un certain tachisme y est aussi décelé.

Affinités avec Mathieu

Mais ces réminiscences n?enferment pas notre peintre, dont la trinité picturale, écriture pas encore totalement sienne, démontre des affinités avec Mathieu, pour la gestuelle et une manière de calligraphie, et avec l?Espagnol Tapiès, pour son graffiti intégré à des effets de matière. On y trouve aussi quelque chose de l?Art Informel, le subconscient étant mis à contribution. Toutes ces caractéristiques réunies chez Sonia Degruson, se déclinant entre matière et fluidité, résultent en un sentiment à la fois de puissance et de liberté.

Ces peintures de l?instant, qui laissent l?interprétation libre au regardeur, attestent d?une luminosité dominante, où le jaune de chrome et le bleu ont une place de choix. Elaborées sur un mois, elles font aussi état du décor environnant où travaille l?artiste.

Les toiles sont imprégnées d?une émotion faisant appel plus généralement aux sensations marines. Dans ce registre, la ?petite bleue? est la plus séduisante. Une quête spirituelle de liberté. On décèle, au long de ce langage intérieur, l?éternelle lutte entre le bien et le mal. Le Pèlerin de Compostelle décline un certain Bouddhisme, agrémenté d?un graffiti oriental comme de rituels de la terre africaine. Le tout, sur un air de jazz.

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