Publicité

Madun Dulloo pleure son père

20 décembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Des pétales multicolores, lancés par une marée humaine, virevoltent sur la dépouille de Bolah Dulloo. Hier, amis, proches, hommes politiques, notables, voisins, badauds ainsi que le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, sont venus rendre un dernier hommage au vieil homme. Père du député Madun Dulloo, il n?a pas survécu au violent incendie qui a ravagé la partie en bois de son domicile, à la route Nicolay, à Port-Louis, vendredi soir. Il serait dû à un court-circuit. Une odeur âcre de bois calciné flotte encore dans la salle verte dressée dans la cour où le drame s?est joué.

Immobilisée dans un fauteuil roulant, des bandages à la main, échevelée, Bedwantee, 77 ans, ne peut retenir ses sanglots lorsque le corps de son époux est emporté vers Cipaye Brûlé, lieu de crémation au pied de la montagne de Vallée-des-Prêtres. La vieille dame se trouvait dans la partie en dur de leur maison lorsque le feu s?est déclaré. Bolah, lui, regardait le journal télévisé en créole dans leur vieille mais coquette maison créole transformée en salon. Il est environ 19 h 30 lorsqu?une épaisse fumée noire s?échappe de la vieille demeure.

Harris, l?un des fils de Bolah, crie au secours et demande que la police soit alertée. Rajen Nundloll, un voisin, compose immédiatement le 999 avant de tenter d?extirper Bolah, prisonnier du brasier. Rien n?y fait. Des volontaires brisent les vitres de la varangue créole. « La fumée était trop épaisse. On ne pouvait rien voir. On a dû battre en retraite », soupire le voisin. « Ça fait mal au c?ur de voir disparaître un homme que je connaissais depuis quarante-huit ans, depuis ma plus tendre enfance? »

Un camion de pompiers rapplique cinq minutes après l?appel de Rajesh Nundloll. Mais les soldats du feu ne peuvent empêcher les flammes de lécher la vieille maison qui s?écroule en cendres au sol. Parmi les débris de bois et de tôles calcinées gît le corps de Bolah.

Des policiers mettront plusieurs minutes à transférer le cadavre dans la fourgonnette mortuaire des services de police. L?aide de volontaires est sollicitée pour embarquer le corps dans le véhicule qui quitte la route Nicolay vers 21 h 20.

Aussi connu comme Bolom Noël

Accablés, Madun Dulloo et ses frères reçoivent des témoignages de sympathie de nombreux amis venus sur place. Le député est arrivé une vingtaine de minutes après l?incendie, alerté alors qu?il animait un meeting à Belle-Vue- Maurel dans le cadre de l?élection partielle de Piton-Rivière-du-Rempart, qui a lieu aujourd?hui, pour remplacer sir Anerood Jugnauth conduit aux fonctions présidentielles.

Madun Dulloo est au bord des larmes lorsqu?il apprend le décès de son père. « Le 25 on allait fêter son anniversaire. On préparait cet événement? Il allait fêter ses 92 ans », laisse-t-il échapper à des amis.

Bolah Dulloo était un homme respecté à la route Nicolay. Des habitants des quartiers avoisinants l?affectionnaient sous le nom de « Bolom Noël », confie son fils Anand, car, dans le temps, il offrait souvent des cadeaux aux démunis. Ancien responsable de vente des magasins Tulsidas, il laisse huit enfants et une veuve avec qui il a partagé soixante ans de sa vie. Le couple Dulloo habitait sa vieille maison créole depuis les années 40 où il s?était installé après leur union.

Publicité