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Gopaulsing : « Je ne voulais pas tuer Gungoosingh »
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Gopaulsing : « Je ne voulais pas tuer Gungoosingh »
Seize mois après avoir tué Radha Gungoosingh, Maheswar Gopaulsing a rendez-vous avec son destin au tribunal de Flacq. Il a comparu devant le magistrat Denis Moutou cette semaine dans le cadre de l?enquête préliminaire sur le meurtre de l?ancien député travailliste. Il est reproché au planteur de 27 ans d?avoir sauvagement assassiné ce dernier le 23 août 2002 sur un chemin de campagne, à Clavet, Sébastopol, avant de s?enfuir avec son véhicule, emportant un magot d?environ Rs 600 000 que l?ancien député devait verser aux planteurs de la région en sa qualité de courtier.
Contrairement à sa version donnée aux limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT) du Central Criminal Investigation Department (CCID), Maheswar Gopaulsing a, dès l?ouverture de l?enquête préliminaire, déclaré qu?il n?avait pas l?intention de tuer l?ancien président du syndicat des sucres. Mais ses explications pourraient être démolies par les représentants du State Law Office (SLO) au vu des éléments réunis par la police dans son dossier à charge.
Le vendredi 23 août 2002, vers 13 h 30, Radha Gungoosingh quitte son domicile à Rivière-des-Créoles, à bord de son 4x4, en compagnie de son ami de toujours, Abdool Salim Buhora. Comme chaque vendredi, le tandem va payer des planteurs de l?Est. Il n?est un secret pour personne que Radha Gungoosingh transporte souvent plusieurs milliers de roupies. Maheswar Gopaulsing le sait pertinemment, puisqu?il a, lui aussi, l?habitude de traiter avec ce dernier. Il venait de lui emprunter Rs 5 000 pour la récolte de son champ. Le jour du drame, Radha Gungoosingh se trouve à la sortie de Rivière-des-Crèoles lorsque le jeune planteur le hèle. Il veut un « lift ».
Le courtier n?hésite pas à le prendre en stop car il connaît bien ce garçon sans histoire. Tout en roulant sur les routes sinueuses qui mènent à Sébastopol, où Maheswar Gopaulsing habite, la discussion s?engage. Arrivé à Clavent, dans un endroit bordé de grands arbres, celui-ci prétexte un besoin urgent. Sans se méfier, Radha Gungoosingh s?arrête en bordure d?un champ de cannes. Maheswar Gopaulsing se rue alors sur Abdool Salim Bahora, lui assénant un coup de sabre sur la tête. Terrifié, le sexagénaire parvient à s?enfuir de la voiture. Il court à perdre haleine, se jette dans une rivière pour échapper à son agresseur.
Radha Gungoosingh a moins de chance. Il n?a pas le temps de dégainer son revolver que déjà, le planteur s?acharne sur lui, le frappe à plusieurs reprises à la tête et au ventre. L?ayant achevé, Maheswar Gopaulsing balance son corps au bord de la route et s?enfuit avec la Toyota Hilux vers Flacq. Dans sa fuite, Abdool Salim Bahora tombe sur un fourgon de la police. Les policiers ne pourront que constater le décès de l?ancien député. L?alerte est donnée, mais malgré les barrages et les patrouilles, le véhicule de la victime ne sera retrouvé que le lendemain matin près de la gare routière de Flacq.
Portable près du cadaver
La MCIT, elle, a déjà pris une longueur d?avance pour retrouver le meurtrier qu?Abdool Salim Bahora a du mal à décrire. Le vieil homme est traumatisé, n?arrive pas à éclairer les enquêteurs. Le téléphone portable de Maheswar Gopaulsing est retrouvé non loin du cadavre de Radha Gungoosingh. Une opération de surveillance est montée et il est cueilli près de chez lui 24 heures après son crime. Alors que ses proches signalent sa disparition au poste de police de Montagne-Blanche, il crache le morceau. Une somme de Rs 50 000 est découverte, enfouie dans son potager. Les enquêteurs retrouvent également Rs 271 000 sur le compte bancaire qu?il avait avec sa s?ur cadette à la State Bank. Quand au reste de l?argent, il dit l?avoir égaré chez un marchand de dholl-puri. Mais les enquêteurs découvrent qu?il a offert un pactole à une « amie ».
Joueur invétéré, Maheswar Gopaulsing risque de se retrouver aux assises à la fin de l?enquête préliminaire. Cette semaine, le magistrat Denis Moutou a déjà entendu le médecin légiste Abdool Khalick Mohungoo ainsi que plusieurs enquêteurs. Abdool Salim Buhora devra, le 9 janvier, raconter le trajet au cours duquel il a perdu son meilleur ami.
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