Publicité

Penser l?école

20 décembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L'objectif premier étant la scolarisation obligatoire jusqu'à la fin du cycle primaire, le second ne peut être qu'un taux de réussite élevé avec un taux d'alphabétisés encore plus haut qu'il ne l'est aujourd'hui. Les querelles autour du système éducatif n'ont que trop perduré et il est temps de rappeler l'essentiel. Ceux qui ont les moyens désormais paient pour une offre éducative qui transcende les seuls objectifs du succès académique. Certes, on paie toujours pour voir ses enfants obtenir les meilleurs diplômes, mais de plus en plus de parents recherchent ce mode de transmission de savoir qui intègre des programmes de développement et de maturation de leurs enfants. Ils aspirent à des projets éducatifs qui traduisent des ambitions culturelles. C'est ce que diront, entre autres, tous ces parents qui font un grand effort financier pour envoyer leurs progénitures dans des établissements payants.

Pendant des années, aux disputes byzantines ont succédé des querelles théoriques. Entre-temps, à travers le monde, les modes d'enseignement ont subi de profondes transformations. Aux Etats-Unis particulièrement, des études ont démontré l'importance de la langue maternelle pour un certain type de sujets lorsqu'il est question de langue d'enseignement. Ailleurs, il a été prouvé que l'intégration de l'enfant se fait plus rapidement avec l'utilisation, dans un premier temps, de son vernaculaire pour une transmission effective du savoir. Le système éducatif a connu ainsi ses avatars. Ce n'est plus un ensemble uniforme qu'on impose indistinctement à tous les élèves. Il s'adapte, selon des conditions précises, aux aptitudes et attentes des groupes d'enfants.

Plus important encore, il y a eu cette prise de conscience que les quatre murs de la salle de classe doivent surtout contribuer à ouvrir les horizons et les perspectives des enfants. Encourager cet esprit d'ouverture est une nécessité vitale dans une société plurielle comme Maurice. S'il faut désespérer des adultes, on peut encore éviter que les enfants contemporains ne soient à l'image de ces « grands » qui vivent dans l'ignorance de l'autre.

A cet effet, l'école publique mauricienne ne propose rien de concret. Quand il y a des efforts en ce sens, on ne peut que déplorer son caractère didactique qui finit par la rendre fastidieuse et barbante. L'école se doit pourtant d'inclure cette préoccupation parmi ses responsabilités. Jusqu'à quand parlera-t-on de tolérance, de co-existence et d'un vivre-commun s'il n'y a pas connaissance de l'autre ? Il ne peut y avoir de réelle acceptation de l'autre s'il n'y pas une compréhension de l'autre. Cela relève de l'évidence. D'où une unité de façade. L'école peut grandement contribuer à rendre nos enfants plus réceptifs et plus ouverts à toutes les cultures. Ces enfants, qui espérons-le ne sont pas encore touchés par les préjugés, sont plus à même de vivre des échanges et des expériences culturelles dans un espace et une atmosphère ludiques.

On parle souvent, également, de l'épanouissement des enfants. Après une école qui avait pour seul objectif de produire une élite qui fonctionnait comme des machines de la connaissance encyclopédique, on se retrouve désormais avec une école qui tâtonne. A titre d'exemple, on n'a qu'à citer la frustration de ces jeunes qui, après des études universitaires, vont enseigner dans les écoles. D'un côté, ils sont frustrés de ne pas pouvoir transmettre le savoir qu'ils ont fait l'effort d'acquérir. De l'autre, ils sont souvent confrontés à des enfants et à des jeunes qui n'ont pas la culture de la participation et qui refusent le principe de remise en question. Alors ils obéissent au cursus et, petit à petit pour certains, la flamme s'éteint. Parallèlement, il ne faut pas oublier l'absence d'une offre intéressante ayant trait à la formation professionnelle.

Tout cela fait qu'il ne faut pas, aujourd'hui, une nouvelle fois, se tromper de débat. Depuis des décennies, on n'arrête pas de penser l'école mauricienne. Or, il s'avère qu'on l'a souvent pensée en oubliant qu'il importe de mettre l'enfant au centre de cette pensée.

Publicité