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Le lièvre et la tortue
Arvin Boolell, un des responsables du comité de campagne de l?opposition
« Celui qui se présente doit être au-dessus de tout soupçon »
Vous accusez Sir Anerood Jugnauth d?avoir « vendu la lutte ». De quelle lutte parlez-vous et à qui l?a-t-il vendue ?
Il est évident qu?il a trahi la confiance de l?électorat du MSM.
Comment ?
En favorisant la concentration du pouvoir économique entre les mains de la classe dominante.
Mais cela fait des décennies que l?on parle de la concentration de l?économie entre les mains de onze familles?
Elle s?est aggravée depuis l?arrivée au pouvoir de l?alliance MSM-MMM. Il convient de rappeler que le gouvernement travailliste a mis un terme au monopole dans l?importation des produits pétroliers en favorisant l?installation de la compagnie Indian Oil et en permettant l?installation d?une usine qui fabrique le fer de construction. Le gouvernement actuel a fait le contraire vu la façon dont il a géré le dossier Illovo. Au lieu de permettre au Sugar Investment Trust, à la State Investment Corporation ou au National Pension Fund d?acheter les actions de cette compagnie, il aurait dû les mettre en vente à la Bourse et permettre à un plus grand nombre de gens d?y avoir accès.
Il semble que l?opposition ne se concentre que sur les réunions privées. Est-ce parce que certains thèmes, notamment vos critiques contre Paul Bérenger, s?adressent à l?émotion plutôt qu?à la raison ?
Nous le critiquons surtout pour sa faillite sur la gestion de l?économie. Avec la complicité de SAJ, il a accentué la concentration du pouvoir économique. Nous condamnons son approche de divide and rule et la mainmise du MMM sur les institutions démocratiques.
En clair, cela veut dire quoi ?
Nous avons surtout en tête la façon dont le gouvernement a démantelé l?Economic Crime Office au moment où cette institution s?apprêtait à interroger Jayen Cuttaree, les nominations au sein de l?Independent Broadcasting Authority et ce qui se passe à la MBC.
Dans sa première déclaration publique, Rajesh Jeetah avait annoncé qu?il éviterait les attaques personnelles. Comment expliquez-vous cette sortie du PTr contre les proches de Prakash Maunthrooa ?
Le dossier préparé par Rama Valayden contient dix-sept accusations. Nous sommes à quelques jours de l?élection et il n?a pas eu la décence de s?expliquer. Nous pensons que l?électorat de cette circonscription a le droit de savoir et que celui qui se présente à une élection doit être au-dessus de tout soupçon.
Pourquoi le PTr refuse-t-il le face-à-face entre Jeetah et Maunthrooa ?
Nous pensons que Prakash Maunthrooa doit d?abord s?expliquer sur le dossier élaboré par Rama Valayden.
Combien coûte l?organisation d?une partielle et comment la financez-vous ?
C?est difficile d?estimer le coût d?une telle campagne. En ce qui nous concerne, nous recevons l?aide de nos sympathisants et des volontaires. Il faut savoir que certains meetings coûtent Rs 60 000. Il n?y qu?à voir le nombre de conteneurs dont dispose l?alliance gouvernementale. Rien que pour cela, elle doit dépenser au moins Rs 2 millions.
Les oriflammes en plastique inondent la circonscription. Pourquoi cette agression contre l?environnement ?
C?est une question de moyens et nous avons malheureusement des ressources très limitées. Voilà pourquoi nous avons dû nous rabattre sur le plastique.
« Il y aura un séisme au sein du PTr après la partielle »
Vous criez déjà victoire. Sur quoi vous basez-vous ?
Ce n?est pas juste un feeling, une impression de victoire, mais croyez-en mon expérience : c?est une réalité basée sur ce que nous vivons sur le terrain. Jeunes, vieux, clubs sportifs, associations socioculturelles, tout le monde vient vers nous. Partout dans la circonscription, on nous accueille, on nous invite à faire des réunions, dont le nombre grandissant contraste avec l?absence des travaillistes sur le terrain.
Et l?opposition ?
Je suis comme un entraîneur, et il me faut avoir un regard sur l?adversaire. Mais je peux dire qu?il est aujourd?hui inexistant. Depuis le Nomination Day, le Parti travailliste ne cesse de régresser, il est en train de fade out?
Pourtant vous étiez en retard il y a quelques semaines ?
Non, nous n?étions pas en retard, c?est juste que nous avons mis plus de temps à démarrer, à la manière d?un moteur Diesel. Mais maintenant que la machinerie est en branle, nous sommes passés à la vitesse supérieure. Et nous devançons de loin les travaillistes, qui ont fait beaucoup de bruit au départ et qui sont aujourd?hui à bout de souffle.
Le changement de candidature ne vous a pas ralenti ?
Nous concédons que le changement de candidat a provoqué un ralentissement. Nous avons mis au moins cinq jours pour expliquer et rassurer l?électorat. Mais grâce au dynamisme de Maunthrooa, nous avons vite redémarré en trombe, laissant sur place le PTr.
Quels sont les facteurs qui expliquent votre remontée ?
Le piège de Ramgoolam s?est refermé sur lui-même, c?est-à-dire son langage communal contre Paul Bérenger. De plus, en envoyant Rama Valayden au n° 7 pour salir notre candidat Maunthrooa, il a surtout provoqué une vague de sympathie pour ce dernier. Finalement il y a eu le dérapage de sir Satcam Boolell. À lui seul, il a fourni le marteau et le clou pour le cercueil des travaillistes.
L?opposition vous accuse d?abuser de l?appareil d?Etat ?
Nous avons cessé nos projets de travaux dans le n° 7, démarrés il y a deux ou trois ans, pour respecter le bon déroulement du scrutin, selon le principe de Free and Fair Elections. Quant aux voitures ministérielles qu?on voit au n° 7, ce n?est que de la pure démagogie de l?opposition. Ces voitures roulent au même titre que celles du leader de l?opposition et de l?Opposition Whip, c?est-à-dire for Private and Personal Use, comme recommandé par le PRB.
Mais quand même le plafond permis par la loi (Rs 200 000) est largement dépassé?
Nous faisons notre campagne selon les moyens traditionnels : bases, oriflammes, réunions et ballot papers. La seule dépense supplémentaire con-cerne le film que nous projetons. Chaque député venu travailler sa zone contribue pour les autres dépenses courantes. Cela dit, c?est vrai que la loi est dépassée?
Le 22 décembre, qu?est-ce qui va changer?
Le n° 7 aura un nouveau ministre. Les projets vont continuer. Le MSM-MMM sera encore plus fort. En revanche, je prévois un séisme dans le PTr : le leadership de Navin Ramgoo-lam sera contesté, à cause de l?échec retentissant de l?opposition.
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