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Ciel Textile réduit ses pertes de moitié

9 décembre 2003, 20:00

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APRÈS deux années de réelles difficultés, le groupe Ciel Textile commence à voir la lumière au bout du tunnel. Certes, l?exercice 2003 se solde par des pertes pour la troisième année consécutive, mais la direction perçoit des signes encourageants dans la performance du groupe et estime que la rentabilité sera au rendez-vous l?année prochaine.

Au niveau du bilan à proprement parler, les chiffres témoignent d?un redressement de la situation. Les pertes de Ciel Textile ont été réduites de moitié. Au lieu des Rs 425 millions de pertes enregistrées l?année dernière le groupe réalise Rs 200 millions de pertes cette année.

En 2002 le groupe avait enregistré des pertes d?exploitation de Rs 109 millions. Cette année, Ciel Textile termine l?exercice avec des bénéfices avant impôt et charges exceptionnelles de Rs 22 millions.

Mais une nouvelle fois, le résultat final a été plombé par des pertes exceptionnelles de Rs 223 millions sur les opérations à Madagascar et sur la cession d?une partie du capital de Harris Wilson.

A Madagascar, le groupe a soutenu tous les frais associés à ces installations qui sont demeurées inexploitées pendant une bonne partie de l?année financière. Il a dû, entre autres, régler le loyer pour plusieurs bâtiments et payer un redundancy allowance aux 11 000 salariés qu?il avait dans la Grande île. Ces frais ont été traités comme des pertes exceptionnelles puisque le groupe n?avait aucune activité dans la Grande île, du moins jusqu?au mois de mars. Depuis, le groupe a redémarré une usine de production de pulls et une autre pour la chemise.

?Le passé, c?est le passé?

Pour ce qui est de l?enseigne Harris Wilson, le groupe a dû faire des provisions exceptionnelles pour les pertes importantes enregistrées. Ciel Textile a vendu 49 % du capital d?Harris Wilson à un partenaire stratégique français, VDP Investissement. Celui-ci a la possibilité d?acquérir jusqu?à 65 % de la marque à l?avenir.

Arnaud Dalais, président du conseil d?administration de Ciel Textile, explique la démarche du groupe par le fait que la vente au détail sur le marché français n?était pas le métier de Ciel Textile qui a donc préféré s?associer à un spécialiste et se concentrer sur la confection.

Pour Harold Mayer, Chief Operating Officer (COO) responsable du pôle confection, les perspectives concernant la performance du groupe s?annoncent bien meilleures pour 2004. Les pertes exceptionnelles à Madagascar et sur Harris Wilson sont non récurrentes, fait-il ressortir.

Arnaud Dalais veut également voir l?avenir de manière plus positive : ?Le passé, c?est le passé. Ce que je retiens, moi, c?est que nous avons réalisé un profit sur les opérations de Rs 22 millions à Maurice. Les résultats montrent un redressement. Nous sommes confiants, mais pas euphoriques.? Selon lui, deux principaux facteurs ont contribué à cela : la restructuration du groupe et le taux de change favorable de l?euro.

Pour faire face à ces difficultés qui ont commencé en 1999-2000, le groupe s?est engagé ces dernières années dans un processus de restructuration qui implique un right-sizing. Cela se traduit visiblement dans le chiffre d?affaires qui est passé de Rs 5,5 milliards en 2001 à Rs 4,4 milliards l?année dernière et Rs 3,8 milliards cette année.

?Nous étions confrontés aux problèmes associés à une croissance rapide auxquels sont venus s?ajouter la baisse de l?euro et la crise à Madagascar.. Nous avons restructuré nos opérations et adopté un nouvel organigramme qui donne à chaque entité plus d?autonomie tout en bénéficiant de la synergie de groupe. Les coûts ont été réduits et la performance industrielle améliorée?, déclare Arnaud Dalais.

Outre ce programme de restructuration, cette année le groupe a bénéficié d?un taux de change favorable de l?euro qui s?est apprécié aux dépens d?un dollar faiblissant.

Ainsi, Aquarelle, la chemiserie du groupe de même que Floréal Knitwear, le fabricant de pulls, ont terminé l?année en réalisant des profits sur les opérations. Cela est d?autant plus appréciable quand on sait que le pull et la chemise sont les produits qui nécessitent les temps de confection les plus longs et qui sont donc les plus chers à produire en termes de main-d??uvre.

L?Asie dans la ligne de mire

Le t-shirt est par contre le vêtement qui nécessite le moins de temps de production. Paradoxalement, le fabricant de t-shirts, Tropic Knits a essuyé de grosses pertes. Il y a eu des problèmes opérationnels internes, reconnaît Arnaud Dalais, mais ceux-ci ont été maîtrisés et ?une nette amélioration est attendue?, ajoute-t-il.

Au niveau du textile, la filature de laine Ferney Spinning Mills commence à se tourner vers des clients externes au groupe afin de viabiliser ses installations. Avec la réduction des délais de livraison, la filature tourne à plein régime pendant environ sept mois de l?année seulement, explique Eddy Yeung, Chief Operating Officer responsable de toute l?activité textile. ?Le pull en laine est devenu encore plus saisonnier?, dit-il.

Au niveau de la production de tissus, Consolidated Fabrics Ltd (CFL) a réalisé des bénéfices pour la première fois depuis la reprise de l?usine par le groupe Ciel Textile. ?La performance industrielle et très satisfaisante et on progresse énormément?, commente Eddy Yeung. L?entreprise s?est aussi résolument engagée dans le développement de ses propres produits et les débuts sont prometteurs. Marks & Spencer apprécie. De plus, CFL vend 35 % du tissu produit à des clients externes au groupe et exporte même vers des pays de la région.

Face aux bons résultats et aux progrès notés dans les divers segments d?activités du groupe, Arnaud Dalais est confiant dans l?avenir. La rentabilité sera de retour à la fin de l?exercice 2003-2004.

Mais renouer avec les bénéfices n?est pas une fin en soi pour Ciel Textile. Le véritable défi est que la restructuration entreprise lui permette de demeurer compétitif malgré le démantèlement de l?accord multi-fibre en janvier 2005.

La stratégie pour y arriver est de monter en gamme tout en réduisant davantage tous les coûts. Même s?il n?est pas question pour le groupe de reconstruire l?intégralité de ses capacités d?avant la crise à Madagascar, Ciel Textile compte tout de même sur la Grande île pour l?aider à réduire globalement ses coûts, surtout dans des vêtements à haute intensité de main-d??uvre.

Plus loin, Ciel Textile a l?Asie dans sa ligne de mire. Après 2005, le groupe envisage d?avoir un pied dans cette région, probablement dans la chemiserie. ?Avec le savoir-faire que nous avons, nous pouvons aller en Asie où les coûts sont à notre avantage?, déclare Harold Mayer. En attendant, Ciel Textile a investi dans une filature au Mali où il détient 15 % du capital.

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