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Bhadain riposte
Le directeur d?enquêtes de l?Independent Commission against Corruption (Icac), Roshi Bhadain, suspendu depuis mercredi dernier, contre-attaque. Il projette de saisir la justice pour contester l?action disciplinaire prise à son égard. Il a réglé hier les derniers détails de cette démarche avec son principal avocat, Me Yousouf Mohamed.
Dans la matinée de lundi, Roshi Badhain prévoit de demander l?intervention de la cour pour que soit revue la décision de la commission (Judicial Review). Le même jour, il jurera un affidavit. Le principal point de ce document sera « le non-respect » par la commission des procédures prévues par la loi pour toute suspension. L?article 40 (3) (d) du Prevention of Corruption Act stipule que : «The Corruption Advisory Committee shall receive reports by the commission on any other disciplinary actions which the commission intends to take against an officer.» Or, selon les hommes de loi, cette instance n?a pas été informée.
Entre Roshi Badhain et Navin Beekarry, les choses ont commencé à se gâter il y a deux mois. Dans une lettre, le commissaire avait reproché à Roshi Bhadain plusieurs manquements relatifs aux enquêtes. Répliquant à ces critiques, Roshi Bhadain devait faire remarquer à la commission qu?elle n?avait toujours pas mis en place de code de procédures pour les enquêtes. Il lui a également reproché son retard à trancher.
A la confusion qui a gagné l?Icac s?est ajouté jeudi un incident troublant. Un enquêteur, Devanand Haulkaree, allègue avoir été forcé à faire une déposition compromettant Roshi Badhain. Dans une déposition à la police de Moka, il accuse deux de ses supérieurs de l?avoir séquestré lorsqu?il a refusé de déclarer que Roshi Bhadain est à l?origine des fuites d?information dans la presse.
Ces informations concernaient le conflit opposant Roshi Bhadain à son commissaire, Navin Beekharry. Du côté de l?Icac, on nie toute tentative de séquestration. Devanand Haulkaree aurait simplement été interrogé sur ces fuites.
Campagne
Le conflit qui secoue l?Icac ne perturbe pas, semble-t-il, la campagne de sensibilisation. L?Icac distribue en ce moment trois pamphlets et une vingtaine d?autocollants. Un des pamphlets porte sur le combat contre le blanchiment d?argent, un autre explique ce qu?est la corruption, le troisième cible le secteur privé. Les autocollants multiplient les slogans afin d?être sûrs d?atteindre la cible : « Icac : «The Challenge of Change to make Mauritius Clean and Stable», «Zéro tolérance contre la corruption», «Beating fraud is everybody?s duty», «Pas paye plis qui bisin !» «Dénonce la corruption »?
La distribution de ces pamphlets et autocollants se fait dans chaque atelier de travail et conférence organisés par l?Icac. Cette semaine, l?organisme avait réuni une centaine de managers de collèges privés. Il prévoit de rencontrer les maîtres d?école, leurs adjoints et les inspecteurs des écoles primaires la semaine prochaine.
Ces efforts semblent appréciés : le spot publicitaire télévisé de l?Icac sur la corruption a obtenu le Grand Prix du Public dans le cadre des «Créatives de l?océan Indien», le 28 novembre dernier à la Réunion.
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