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Jean-Joël, le suicide à quinze ans
Il n?avait que quinze ans et la vie s?ouvrait devant lui. Pourtant, dans la soirée de jeudi, Jean-Joël Charles Degrasse a décidé de mettre fin à ses jours en absorbant des comprimés.
L?adolescent, qui habitait Poudre-d?Or, était bouleversé, raconte sa s?ur aînée, Marie-Noëlle. La veille du drame, sa mère, Christiane, lui aurait en effet fait comprendre qu?il devait partir chez son père, Charles, dont elle est divorcée. La décision émane du tribunal, qui a décidé de lui confier la garde. «Joël ti dire mo maman qui li préfère boire poison dans place alle dormi là-bas», explique Marie-Noëlle.
Depuis, Jean-Jöel n?a cessé de ruminer ce qu?il appelle un mauvais coup du sort. Pour certains, le jeune garçon aurait planifié son suicide depuis des heures avant de passer à l?acte. «On l?a vu jouer au football sur le terrain de la localité. Ensuite, il a subitement disparu», dit un de ses amis.
Révolte latente
En rentrant, explique un proche, Jean-Joël se mure dans le mutisme avant d?aller se reposer. Peu après, c?est le drame. Son petit frère Pascal remarque qu?il écume. «Lé temps mo maman trouve li dans sa l?état-là, li fine rode secours pou amène li l?hôpital», explique Marie-Noëlle.
L?adolescent est transporté d?urgence à l?hôpital du Nord. Mais, vers 22 heures, l?annonce tombe comme un couperet : Jean-Joël vient de rendre l?âme.
Joanne et Karen, les deux cousines du garçon, n?en reviennent pas. Que leur cousin ait commis un acte aussi désespéré est impensable. Pourtant, celui-ci leur avait déjà confié son souhait de voir ses parents se réconcilier, histoire de revivre les moments de bonheur qu?il avait connus. «Il était traumatisé. Il cachait mal sa révolte d?être privé d?affection.»
Jean-Joël, qui ne fréquentait pas l?école comme ses petits camarades, travaillait tantôt comme man?uvre, tantôt comme pêcheur. Il avait la réputation d?être toujours prêt à rendre service.
Marie-Noëlle mettra beaucoup de temps à oublier son frère. D?autant que celui-ci devait lui rendre visite aujourd?hui pour la première fois depuis qu?elle s?est installée dans sa nouvelle maison. «Li?ne dire moi qui li ti pou ramasse ène ti cass pou li amène gâteau pou moi dimain.» Mais jamais plus il ne viendra.
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