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La croissance au rendez-vous
Le contexte international ?difficile? est souvent mis en avant pour expliquer plusieurs faiblesses de l?économie locale. Alors que la reprise mondiale est au rendez-vous, quels sont les bénéfices immédiats que le pays peut en tirer ? Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance économique mondiale de 3,2 % pour 2003, contre 3 % l?année dernière. Une croissance de 4 % est même prévue pour l?année prochaine. Nos principaux marchés affichent cependant des fortunes diverses. Le taux de croissance aux Etats-Unis (EU) sera de 2,6 % cette année et de 3,9 % en 2004. La zone euro, dont font partie la France et l?Allemagne, deux de nos plus gros marchés d?exportation, ne jouit malheureusement pas d?une telle santé. En raison d?une faible demande domestique et d?une appréciation de l?euro, la zone euro connaîtra une modeste expansion de 0,5 % cette année et de 1,9 % en 2004. L?Angleterre, la plus puissante économie européenne hors-zone euro, démontre un potentiel de croissance appréciable.
Maurice profitera de ce retour à l?optimisme si cela se traduit en termes de hausse dans les arrivées touristiques et dans les commandes auprès des entreprises de la zone franche principalement. ?Si l?économie domestique bénéficie effectivement de cette conjoncture favorable pour repartir en 2004, les services financiers et le secteur bancaire en particulier devraient en tirer avantage?, estime pour sa part la Mauritius Commercial Bank (MCB) dans ses premières prévisions économiques pour 2004, publiées à la fin d?octobre.
L?économie mondiale table sur une accélération de la reprise aux Etats-Unis. Les derniers chiffres de la croissance du produit intérieur brut (PIB) pour le troisième trimestre continuent à galvaniser les marchés. Le taux de chômage aux Etats-Unis passe de 6,1 % à 6 % avec la création de 126 000 nouveaux emplois selon les statistiques publiées le mois dernier, alors qu?une baisse de jobless claims est notée. La croissance est accompagnée d?une reprise de l?emploi même si, de l?avis des observateurs, l?accroissement de l?emploi est moins important que lors des précédents cycles.
Si les Etats-Unis restent le moteur de l?économie mondiale, le consommateur, lui, demeure au c?ur même de l?activité économique américaine. La chute dans le taux de chômage devrait avoir des répercussions bénéfiques sur la consommation en Amérique. Plus les Américains dépensent, plus cela profite au reste du monde par le biais des exportations vers le pays de l?Oncle Sam.
C?est bien les ménages américains qui ont tenu la plus puissante économie de la planète à bout de bras. Ils l?ont aidée à tenir tête aux chocs aussi violents que l?éclatement de la bulle Internet, les scandales financiers, la chute des marchés boursiers, les attentats du 11 septembre et à la guerre en Irak.
La contribution disproportionnée des Etats-Unis à l?économie mondiale reflète une croissance extraordinaire des dépenses du consommateur américain. Depuis 1995, la demande domestique en Amérique a progressé de 3 % en moyenne annuellement, soit le triple de la croissance enregistrée par le reste du monde riche.
Les pays de l?Asie, la Chine en particulier, avec des monnaies nettement dévaluées sont les plus susceptibles de profiter de cette situation. Mais l?Europe aussi en tire d?énormes bénéfices. En France, la production industrielle amorce, selon les derniers indicateurs, une légère hausse, mais elle est suffisante pour conforter un scénario de reprise progressive de l?activité.
L?Angleterre est une fois de plus récompensée pour sa solidité et sa stabilité économique. Le chômage a de nouveau reculé en octobre pour toucher son niveau le plus faible depuis septembre 1975, soit à 3 %. Pour le deuxième mois consécutif, le nombre d?emplois a atteint un record, à 28 151 millions après 28 122 millions en septembre, l?économie britannique continuant à dégager de nouveaux emplois. La Banque d?Angleterre a même révisé récemment ses prévisions de croissance à la hausse. En revanche, l?inflation sera plus forte que prévue (2,8 % contre un objectif de 2,5 %). La Banque centrale anglaise craint néanmoins les effets potentiellement dangereux de l?envolée des prix immobiliers; un ajustement brutal du marché immobilier aura des effets néfastes sur la consommation future.
L?engouement des ménages américains pour la consommation ? le mainstay de l?économie mondiale ? touchera vite ses limites disent les économistes. D?abord, les Américains dépensent trop ; ils vont bientôt commencer à économiser davantage. Leur niveau d?endettement s?accroît deux fois plus vite que leurs revenus. Les années de boom de même que les taux d?intérêt bas en cours durant plusieurs années les ont incité à emprunter et à vivre au-dessus de leurs moyens. Tout ajustement sur ce plan peut entraver la consommation, le principal moteur de la croissance.
Les dettes des ménages et des entreprises américains relancent le débat autour de la dette extérieure, mais surtout autour du déficit du compte courant américain. Ce déficit qui représente 5 % du PIB des Etats-Unis est le plus élevé que le pays ait jamais connu. Cette trajectoire est jugée insoutenable, même si certains économistes estiment que la situation n?est pas aussi alarmante car les dettes extérieures sont libellées en dollars américains. De par leurs tailles économiques, le Japon et l?Allemagne sont plus à même d?agir en tant que back-up motors de l?économie mondiale. Mais leurs situations domestiques respectives ne leur permettent pas de jouer ce rôle pleinement pour l?instant.
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