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Hôpitaux : une méthode pour les visites aux malades
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Hôpitaux : une méthode pour les visites aux malades
Dans un récent communiqué, le ministère de la Santé lance un appel au public pour qu?il respecte les règlements qui stipulent que seulement deux visiteurs sont autorisés à voir un malade. Ce n?est pas la première fois que les autorités lancent un pareil appel, répété à chaque changement de gouvernement. Le dernier date de 1999.
Je me souviens que dans mon jeune temps, les salles des hôpitaux ressemblaient à des bazars les jours de visites. A tel point que les médecins des hôpitaux hésitaient à entrer pour examiner les malades.
Un jour une ex-malade me dit ceci : ?Je n?ai que des louanges pour les médecins et les nurses, mais les visiteurs ont failli me tuer. Au lendemain de ma grande opération, mon lit était entouré d?au moins six visiteurs, sympathiques, qui n?ont cessé de me demander ce que je ressentais, etc. Et moi je ne voulais qu?une chose, un repos complet et aussi du silence. La salle était tellement remplie que le personnel ne pouvait s?occuper des malades??
Devant cette déclaration, je me suis mis à réfléchir pour trouver une solution. La voici : toutes les portes de la salle sont fermées à l?exception d?une seule devant laquelle se trouve une nurse tenant à la main la liste des malades portant les numéros correspondant à leur lit, ainsi qu?une carte faite en double portant le nom de l?hôpital, le numéro de la salle et celui du lit. Quand un visiteur se présente, on lui remet la carte qu?il doit rendre après la visite. Quand un second visiteur arrive, on lui remet le double de la carte. Si une troisième personne désire voir le même malade, il lui faudra attendre qu?une carte soit disponible. Les malades qui peuvent se déplacer recevront autant de visiteurs qu?ils le veulent sous la varangue. De cette façon la salle n?est plus encombrée, ni bruyante et les nurses peuvent facilement faire leur travail.
Occasionnellement, il m?arrivait de me rendre dans les salles pendant les heures de visite afin de rehausser le moral des nurses faisant le pénible effort de rappeler à l?ordre les visiteurs récalcitrants.
Arrivé à la retraite, j?ai fait pu-blier dans la presse cette méthode et j?ai envoyé une copie au ministère de la Santé. Les appels successifs de la part de ce ministère me font croire qu?en haut lieu on n?a pas pris en compte ce que j?ai publié. Pour sensibiliser le public à ce problème, un simple communiqué dans la presse n?a aucune valeur. Ce qu?il faut, c?est demander à des anciens malades de parler devant la caméra de télévision de leurs expériences, bonnes ou mauvaises. On pourra ainsi montrer le travail des nurses pendant les jours de visite.
Maxime Shun Shin
Médecin retraité des hôpitaux
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