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La controverse continue autour du siège de Meeah

17 novembre 2003, 20:00

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LA PRÉSENCE du conseiller Cehl Meeah bientôt au conseil municipal de Port-Louis provoque de plus en plus des remous parmi les conseillers. La période d?une absence prolongée au conseil, sollicitée par ce dernier était arrivée à terme depuis décembre dernier. Faute d?une nouvelle demande, son siège aurait du être déclaré vacant par le conseil municipal depuis cette date.

Qui est à blâmer ? Depuis hier, Gérard Nina, le maire sortant, est pointé du doigt par plusieurs de ses collègues du conseil. Ils lui reprochent de n?avoir pas réagi aux nombreuses demandes du secrétaire de la ville et du conseiller légal pour prendre une décision concernant le siège de Cehl Meeah.

Furieux, le maire réplique qu?il n?a jamais été informé de quoi que ce soit en ajoutant que ce n?est que ? mensonge ? de la part de quelques conseillers. ?Je compte faire état de cette affaire, a-t-il dit, lors de la conférence de presse prévue concernant le bilan de l?année.?

Dès le jeudi 30 octobre, jour où le Directeur des poursuites publiques (DPP) raye les premières charges contre Cehl Meeah, les commentaires vont bon train à la municipalité, tant parmi les cadres que les conseillers, sur le siège du leader de Hizbullah. Tous les scénarios sont évoqués.

Selon nos informations, le secrétaire de la ville et le conseiller légal de la municipalité auraient, ce même jour, discuté du sujet avec le maire. En attirant son attention sur un possible retour du Meeah au conseil au cas où le DPP décide de rayer toutes les autres charges retenues contre le leader du Hizbullah à l?audience prévue le 6 novembre étant donné que son siège n?avait jamais été déclarant vacant.

Suggestions des conseillers

Comme une réunion du conseil était déjà prévue pour le lendemain après-midi, des conseillers auraient suggéré au maire de profiter de cette instance pour faire une déclaration sur la non validité du siège de Cehl Meeah. Selon nos interlocuteurs, les standing orders permettent au maire de faire des déclarations spécifiques si besoin est.

?Pendant toute la journée du vendredi des conseillers ont insisté auprès de Gérard Nina pour qu?il fasse une déclaration dans l?après-midi au conseil. S?il nous avait écoutés, il n?y aurait pas eu de problème aujourd?hui?, affirme un conseiller. Interrogé hier, le maire a catégoriquement nié avoir ignoré les conseils émis par le secrétaire de la ville et les conseillers légaux. ?C?est faux. Si banne conseillers dire ki li mo responsabilité dans se ki finne arrivé alors mo quitte tout réponse dans zotte la main. Mo pou dire tout dans mo conférence de presse !?

D?autres conseillers font ressortir que le maire aurait pu convoquer une réunion spéciale du conseil avant la tenue de l?audience en cour du 6 novembre si l?agenda de la réunion du conseil du 31 octobre était trop chargé pour faire une déclaration. Mais si les cadres municipaux disent avoir parlé de l?expiration du congé accordé à Cehl Meeah au maire à plusieurs reprises, ils n?ont pas consigné leurs observations officiellement par écrit. Ce qui met le maire à l?abri des critiques de ses pairs. Gérard Nina maintient donc n?avoir jamais été avisé de la situation.

En fait depuis son élection en octobre 2001, Cehl Meeah n?a jamais siégé au conseil. Il était déjà en détention préventive depuis décembre 2000. Il a prêté serment comme conseiller le 5 novembre 2001. Depuis cette date, il a été absent du conseil.

Selon la loi, le siège d?un conseiller est déclaré vacant après une absence de six mois. A deux reprises son conseiller légal a fait une demande pour un prolongement d?un congé du conseil. Le dernier délai accordé a expiré en décembre dernier.

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