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?Je souhaite que le tennis de table sorte de la crise actuelle au plus vite?
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?Je souhaite que le tennis de table sorte de la crise actuelle au plus vite?
Le tennis de table a vécu des moments euphoriques avec les JIOI. Voilà qu?un problème d?allocations non versées aux pongistes est venu tout gâcher?
? Effectivement, le tennis de table a vécu une performance historique lors des JIOI. Toutefois, le problème de High Level Scholarship a tout gâché. Pourtant, nous avions de très bonnes relations avec les joueurs, les entraîneurs et les parents. Ils étaient toujours au courant de nos objectifs. Ce travail, du reste, a porté ses fruits. Il est malheureux que les problèmes aient surgi une semaine seulement après les Jeux. Nous avions beaucoup travaillé pour ces Jeux. Nous avions eu plusieurs stages avec des sparring partners étrangers à l?instar des Réunionnais, Sud-Africains et des trois Chinois. Ces derniers, qui étaient chez nous pour trois mois, ont énormément contribué à la progression des joueurs mauriciens. Mais il a fallu dépenser beaucoup pour financer leur séjour à Maurice. Puis, nous avons eu le stage en France suivi de l?arrivée des joueurs français à Maurice. Et là, je dois aussi féliciter le DTN Huang Min, et l?entraîneur national Laurent Lactive, pour le travail accompli. Cinq médailles d?or acquises en présence des Malgaches, c?est une performance historique. J?ai une pensée spéciale pour nos filles qui ont prouvé qu?on doit désormais compter avec elles. Je pense qu?il faudrait investir équitablement sur les deux équipes, féminine et masculine. Je suis persuadé que les filles ont de meilleures chances de briller sur le plan africain que les garçons. Malheureusement, nous les avions négligées précédemment.
Pourquoi les athlètes n?ont-ils pas reçu leur dû alors que le MJS avait déjà transféré l?argent qui leur revenait sur les comptes de l?AMTT ?
? Il y a eu un auditeur indépendant, en la personne de Didier Hurree, qui a été nommé pour travailler sur ce dossier. En attendant les conclusions de l?audit pour savoir s?il y a eu maldonne ou pas, je préfère ne pas faire de commentaires à ce sujet.
Pourquoi le vice-président de l?AMTT, Philippe Hao Thyn Voon, a-t-il réclamé un audit interne des comptes de la fédération ?
? En fait, les membres ont voulu savoir s?il y a eu des irrégularités dans les comptes de l?AMTT.
Quelque part, vous avez tout de même reconnu que les pongistes n?ont pas eu leur dû, puisque vous les avez remboursés quatre mois d?allocations non payées?
? En effet, certains membres ont contribué pour rembourser les joueurs. Personnellement, je me sentais embarrassé par le fait que les joueurs n?avaient pas reçu leur dû à temps. Mais, comme je l?ai déjà dit, je préfère attendre les conclusions de l?audit qui ne devraient pas tarder selon moi. L?auditeur s?est déjà mis au travail. D?ailleurs, nous avons retrouvé les talons des chèques. Ils étaient dans un tiroir de la fédération. Néanmoins, il nous a fallu forcer la serrure car les clés étaient introuvables. Je suis sûr que ces documents aideront énormément à voir clair dans cette affaire.
Pensez-vous que ce sera facile de se refaire une réputation vis-à-vis des autorités et surtout des pongistes ?
? Valeur du jour, il n?y a rien qui prouve que l?AMTT a failli dans sa tâche. Au contraire, nous nous soucions de l?avenir de cette discipline. Les résultats obtenus aux JIOI ont été un déclic pour cette discipline. C?est comme un TGV qu?on ne peut pas arrêter à mi-chemin. Il nous faut continuer sur cette lancée. Après avoir conquis les îles de l?océan Indien, il nous faut maintenant viser l?Afrique. Je maintiens qu?il faut investir sur les jeunes à partir de 13 ans. Attention, je ne dis pas qu?il faut négliger les anciens. Ces derniers ont beaucoup d?expérience qu?ils pourront partager avec les jeunes.
En parlant justement de la relève, le formateur français Jean-Paul Martin, avait exprimé son regret à l?effet qu?il n?y avait pas d?écoles de tennis de table à Maurice. Il avait également parlé de sous-utilisation du gymnase?
? C?est vrai que le gymnase n?a pas été utilisé pleinement. Mais il faut savoir que nous avons reçu cette infrastructure il y a à peine quelques mois. Et puis l?accent, cette année, était mis sur les JIOI. Mais nous avons l?intention de mettre sur pied un comité technique. Nous pensons, d?ailleurs, convoquer le directeur technique national, Huang Min, et l?entraîneur Laurent Lactive afin d?établir un programme de travail pour attirer plus de jeunes vers le tennis de table. Le gymnase doit être utilisé au maximum, que ce soit par les jeunes, l?élite ou encore le public.
Envisagez-vous d?ouvrir des écoles de tennis de table à travers l?île ?
? Personnellement, je préfère la création de centres d?entraînement dans les régions. À partir de là, nous pourrons faire une sélection des meilleurs éléments qui seront appelés à évoluer au sein de l?équipe nationale. Mais nous sommes actuellement confrontés à un gros problème au niveau des régions. Nous n?avons pas de clubs dans certaines régions. Et là, je voudrais profiter de l?occasion pour faire une suggestion au ministre Ravi Yerrigadoo pour qu?il négocie avec son homologue de l?éducation afin que nous puissions bénéficier des gymnases des State Secondary Schools après les heures de classe. Les autres disciplines pourront aussi tirer profit de cette démarche. Un de nos objectifs est de créer des clubs partout dans l?île. Cela nous permettra d?élargir la base de la pyramide.
Au sujet de la régionalisation, le délai accordé aux fédérations pour qu?elles se mettent en règle avec la législation expire le 18 janvier prochain. Avez-vous pris les dispositions qui s?imposent ?
? Il y a à peine quelques clubs enregistrés auprès du Registrar of Associations. Dans certaines régions, nous n?avons même pas de clubs. Pour ne vous citer qu?un exemple, le tennis de table n?existe pas dans la région de Rivière-Noire. Dans ces conditions, j?estime qu?il est impossible pour nous de nous mettre en règle avec le Sports Act d?ici à janvier. Avant, il fallait trois clubs pour former une région, alors que maintenant il faut huit régions et un minimum de sept clubs par région. Je pense sincèrement que c?est faisable mais qu?il faudra du temps. Ce que j?aurais proposé au MJS, c?est de créer dans un premier temps quatre régions au lieu de huit, c?est-à-dire Nord, Sud, Est et Ouest. La région des Plaines-Wilhems pourrait s?associer à l?une de ces régions. De cette manière, les villages pourront profiter des infrastructures dont la plupart se situent dans le centre de l?île. Tant que les problèmes d?infrastructure ne seront pas réglés, la régionalisation ne sera pas possible.
Vous rendez-vous compte que l?AMTT sera dans l?illégalité à partir du 18 janvier 2004 ?
? Nous avons abordé ce problème dans notre comité. Nous avons demandé à tous les membres de descendre sur le terrain pour s?assurer qu?il y ait un grand nombre de clubs dans leur région respective. En attendant, nous projetons de faire une requête auprès du MJS pour que ce dernier étende ce délai. Je pense que six mois devraient suffire pour créer des clubs.
Que pensez-vous du cas du secrétaire administratif de l?AMTT, Claude Lindor ?
? À mon retour du Nigeria, j?ai appelé Claude Lindor sur son téléphone portable mais il était éteint. Je l?ai alors appelé à sa résidence mais on m?a répondu qu?on ne savait pas où il était. Ce n?est que le vendredi 24 octobre que j?ai reçu un fax de lui de Londres dans lequel il écrit que son état de santé ne lui permettait pas de reprendre le travail et qu?il ne voulait pas gêner la bonne marche de la fédération. Il a donc donné sa démission.
Vous avez reçu son fax après son licenciement?
? En effet, c?est après l?avoir licencié que nous avons reçu son fax. Mais je tiens à préciser que c?est uniquement en raison de son absence prolongée au travail que nous avons pris cette décision. Je lui souhaite de tout coeur un prompt rétablissement. Claude Lindor a énormément contribué au développement du tennis de table surtout quand il s?agissait de faire bouger certains dossiers au niveau du ministère. N?empêche, il avait sa façon de le faire qui ne plaisait pas à tout le monde.
Avez-vous pris les mesures nécessaires pour le remplacer ?
? Nous avons demandé à Sydney Picon de s?occuper temporairement des affaires courantes de la fédération. Nous avons déjà une secrétaire qui est attachée à la fédération. Donc, nous ne voyons pas la nécessité, du moins pour l?instant, de le remplacer.
Sana Trading, dont vous êtes l?un des propriétaires, avait fourni les tables de la marque butterfly pour les JIOI. En tant que président de l?AMTT, ne pensez-vous pas que vous avez favorisé l?exercice des ?tenders? en votre faveur ?
? Je ne vais pas nier les faits. Sana Trading n?est toutefois pas la seule entreprise à avoir fourni les équipements pour les JIOI. Et puis, ce n?est pas la première fois que Sana Trading fournit des équipements pour ce rendez-vous des îles. Elle l?avait fait pour les JIOI de 98 non seulement pour les équipements de tennis de table mais aussi pour le badminton et le volley-ball entre autres. Je tiens à relater brièvement comment Sana Trading a vu le jour. À l?époque où j?étais joueur, mes amis n?arrivaient pas à trouver de bonnes raquettes sur le marché local. À travers mes contacts, j?ai commencé à en faire venir. Puis, au départ d?un ancien membre de la présidence, qui fournissait des équipements aux joueurs, les joueurs n?arrivaient pas à trouver les équipements appropriés. J?ai voulu alors leur venir en aide et c?est de cette façon que j?ai créé Sana Trading. En tant que juge arbitre continental, j?ai la connaissance technique pour offrir les meilleurs équipements aux joueurs. À Maurice, très peu de magasins de sports investissent dans les équipements de tennis de table car les règlements changent régulièrement. Personne donc ne veut prendre le risque d?investir dans des équipements qui ne seront plus autorisés par la fédération internationale après quelque temps.
Les joueurs qui avaient participé aux Jeux d?Afrique vous ont montré du doigt car vous n?étiez jamais disponible quand ils jouaient. Ils ont avancé que vous étiez pris par l?arbitrage alors que vous étiez parti en tant qu?accompagnateur?
? Comme je l?ai dit plus haut je suis juge-arbitre continental. À Abuja, l?organisation laissait à désirer. Les juges-arbitres qui devaient officier n?avaient pu faire le déplacement. C?était le cas pour le Mauricien Sydney Picon car il avait eu des problèmes de visa. Les organisateurs m?ont approché pour être Deputy Referee. Pour accéder au titre de juge-arbitre international, il faut absolument ce genre d?expérience. Comme j?ai toutes les qualifications requises, j?ai profité de l?occasion.
Ne pensez-vous pas que vous avez failli dans votre tâche surtout que le DTN, Huang Min, a dû rebrousser chemin après des problèmes de visa à Paris ?
? J?avais demandé à Patrick Sahajasein de s?occuper de l?aspect coaching. Pour ce qui est de mon rôle de Team Manager, je pense que je l?ai assumé pleinement. Je m?assurais toujours que les joueurs avaient leur transport à l?heure que ce soit pour les entraînements ou pour les compétitions. Ceux qui étaient à Abuja savent les problèmes auxquels nous avons eu à faire face sur le plan du transport. Et puis, en tant que juge-arbitre, j?ai évité que Rajessen Descann ne rencontre le n° 1 Sud-Africain dès le premier tour. Les organisateurs avaient placé deux Sud-Africains dans le même carré que notre compatriote. Ce qui n?est pas faisable. Je pense que les autorités ont trop tendance à ?look down? sur les juges-arbitres et arbitres et pourtant, grâce à leur expérience, ils peuvent éviter des injustices à l?égard des athlètes locaux.
L?AMTT envisage-t-elle d?organiser les championnats d?Afrique à Maurice l?année prochaine ?
? En effet, je pense qu?avec l?aide (grant) de la Fédération internationale et africaine, ainsi que la firme PADCO, nous avons la possibilité d?abriter ce rendez-vous l?année prochaine. Nous avons également un gymnase à notre disposition. À travers Philippe Hao Thyn Voon, nous avons demandé à l?instance internationale d?étendre le délai au 1er décembre, ce qui nous donne le temps de travailler le dossier. Nous ne comptons pas nous arrêter avec les Jeux d?Afrique, nous voulons même créer un centre d?entraînement de haut niveau à Maurice.
Jean-Paul Martin avait évoqué les dangers de faire de Maurice un centre d?entraînement de haut niveau car, disait-il, les infrastructures seront profitables plus aux étrangers qu?aux Mauriciens ?
? C?est à nous d?imposer les conditions.
Le mot de la fin?
? Je souhaite que le tennis de table sorte de la crise actuelle au plus vite et que nos filles et garçons soient sur les podiums de l?Afrique dans un proche avenir. Je souhaite aussi que les membres du Managing Committee soient toujours aussi soudés que pour les JIOI.
[?] nous avons retrouvé les talons des chèques. Ils étaient dans un tiroir de la fédération. Il nous a fallu forcer la serrure car les clés étaient introuvables.
Un de nos objectifs est de créer des clubs partout dans l?île. Cela nous permettra d?élargir la base de la pyramide.
Propos recueillis par Neeta Persand
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