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?La décision d?isoler les séropositifs a été prise dans l?intérêt des détenus?
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?La décision d?isoler les séropositifs a été prise dans l?intérêt des détenus?
Quelle est votre constat de la situation dans les prisons ?
Quand je visite une prison, je vois que les conditions de détention sont satisfaisantes. Mais on ne peut pas tout voir. Il y a eu des enquêtes faites auprès d?anciens prisonniers qui ont dit que la drogue y circule. Le sida est aussi préoccupant. Il est à l?origine des problèmes survenus le 26 septembre.
Saviez-vous que les détenus séropositifs de Beau-Bassin avaient été isolés ?
Cela s?est passé tout récemment et la décision a été prise par les autorités. Ce que l?on peut comprendre c?est que la ségrégation des détenus séropositifs a été faite pour leur bien et pour celui des autres détenus, car il y a danger de contamination.
N?est-ce pas une atteinte aux droits de l?homme?
Avec la drogue, il y a le danger de contamination. Il existe aussi un autre problème en prison?C?est une question délicate. Je dirais que dans l?univers carcéral, cet isolement est une chose acceptable car les malades pourront recevoir un meilleur traitement. Mais là, ça a mal tourné. C?est un univers fermé et il y a danger de propagation. Théoriquement ce n?est pas juste. Mais dans la pratique, oui. On nous a même raconté que certains séropositifs menaçent de contaminer leurs gardiens.
Ce genre d?événements résulte-t-il du manque de professionnalisme des gardiens ?
On a vu qu?il y a des problèmes de formation et les autorités prennent des mesures nécessaires.
Etes-vous tenu au courant des décisions concernant les conditions de vie des prisonniers ?
Nous n?intervenons pas dans l?administration de la prison. Nous nous assurons simplement que les conditions de détention sont satisfaisantes et qu?elles répondent aux normes internationales.
Comment se déroule l?affaire Lafleur ?
Comme vous le savez, nous avons été à la prison en deux occasions mais nous avons aussi nos audiences à notre bureau, notamment avec les gardiens. La police fait son enquête, et, de notre côté, nous faisons nos recherches. L?avantage c?est que nous pouvons appeler tous les gens concernés et les interroger. Bien sûr, nous n?avons pas le droit de nous servir de leurs réponses pour les poursuivre en cour, mais les personnes déposent sous serment.
Nous vérifions les allégations et témoignages que nous pouvons recueillir sur place. Nous avons entendu jusque-là une douzaine de personnes, prisonniers et gardiens compris. Les versions des deux groupes sont différentes. Nous essayons de voir si l?intervention était nécessaire étant donné la situation et dans quelles conditions elle s?est déroulée. Ce qui est vrai c?est que la situation est grave et difficile.
Quand pensez-vous rendre vos conclusions ?
La police a indiqué qu?elle avait presque bouclé son enquête. Pour nous, cela prendra plus de temps. Dépendant du nombre de témoins que nous voulons appeler, nous nous servons aussi des plaintes et des dépositions. Il s?agit d?avoir un aperçu global de la situation pour que ce genre d?incident n?arrive plus et que les détenus ne soient pas pénalisés. Pour l?incident lui-même, nous ferons des recommandations au DPP. Mais notre souci primordial c?est de nous assurer que ça n?arrive plus.
Concernant l?affaire des blessés qui n?ont pas été soignés ?
Là aussi, il y a plusieurs versions. Mais nous menons notre enquête.
Ce genre d?incidents décèle-t-il également un manquement de votre part ?
Nous suivons la situation dans les prisons. Mais pour les problèmes de drogue ou de sodomie, ce n?est pas facile à découvrir. Même des experts venus visiter nos prisons ont trouvé les conditions satisfaisantes, alors que d?autres enquêtes ont révélé le contraire.
Y a-t-il beaucoup de plaintes déposées par des prisonniers ?
Nous en recevons environ dix par an. Toutefois, cette année avec les événements que nous connaissons, nous en avons reçu 12. Les plaintes déposées par les prisonniers concernent souvent leurs conditions de détention.
La majorité concerne-t-elle des cas de brutalités policières ?
Il faut faire la distinction entre brutalité physique et verbale. Souvent les gens se plaignent de la façon d?agir de la police et la plupart du temps il ne s?agit pas de cas graves. Nous prônons alors la réconciliation entre les deux parties, même si les policiers sont souvent réticents à présenter des excuses.
Combien de plaintes avez-vous reçu pour brutalité physique ?
En 2002, sur 84 cas contre la police, 31 mentionnaient une brutalité physique. Ceux qui en ont été trouvés coupable seront poursuivis par le DPP ou recevront des sanctions de la Disciplined Force Service Commission et de la Public Service Commission.
Depuis la création de la Commission des droits de l?homme, vous vous plaignez du fait que la population ne comprend pas son rôle.
Les gens, souvent, ne comprennent pas ce que sont les droits de l?homme et les confondent avec d?autres droits, dont le droit civil. Nous recevons par exemple des plaintes pour des disputes entre voisins. Mais la majorité des plaintes concernent la brutalité policière, c?est-à-dire le droit d?être protégé.
En tout, nous recevons entre 100 et 150 plaintes par an. Cette année, nous en avons déjà comptabilisé 130 seulement pour la Commission des droits de l?homme. Car il y a également une cinquantaine de plaintes rapportées à la Sex Discrimination division, qui tombe sous notre tutelle.
Nous avons également un droit de regard sur les plaintes déposées au Complaints Investigation Bureau de Rose-Hill.
Mais beaucoup ne sont pas recevables. Certains se plaignent après un procès, estimant qu?il n?a pas été équitable ? on ne peut intervenir une fois que le jugement est rendu ? après une décision du DPP? Il y a aussi ceux qui se plaignent contre le secteur privé ?
Quand les plaintes ne concernent pas les droits de l?homme, nous les dirigeons vers d?autres institutions, comme l?Ombudsman, le Bar Council ?. Un tiers des plaintes sont ainsi rejetées ou réacheminées vers des organismes appropriés.
Comment se déroulent les actions de la Sex Discrimination Division ?
Nous avons reçu une cinquantaine de plaintes concernant davantage la discrimination au travail que le harcèlement sexuel.
Propos recueillis par Sonia SERRA
?Les gens ne comprennent pas ce que sont les droits de l?homme et les confondent avec le droit civil. Nous recevons des plaintes pour des disputes entre voisins. Mais la majorité concerne la brutalité policière, c?est-à-dire le droit d?être protégé.?
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