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Bilan et perspectives pour les 150 ans de l?agriculture

23 septembre 2003, 20:00

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Comment célèbre-t-on ses 150 ans ? En sablant le cham- pagne ? En faisant la charité aux pauvres ? La Chambre d?Agriculture, elle, choisit de rester fidèle à sa vocation de protéger les intérêts des exploitants agricoles. Des intérêts qui coïncident avec ceux du pays. Elle organise un symposium sur l?évolution de l?agriculture à Maurice et les perspectives d?avenir. Rendez-vous est pris du 29 au 31 octobre, à Réduit.

Le premier acte d?agriculture à Maurice est commis quatre siècles plus tôt, quand des colons hollandais décident de planter quelques légumes pour satisfaire leur faim. Depuis, l?agriculture a pris ses racines, jetant la base pour le développement économique du pays.

Ce développement s?est fondé sur deux axes : exporter et assurer une certaine sécurité alimentaire. Les agriculteurs se sont essayés à une multitude de cultures. Mais la canne à sucre a été à peu près la seule à soutenir l?exportation.

Face aux nouveaux défis

Sur le plan local, la production maraîchère suffit pour satisfaire la consommation. Cependant, fruits, viandes, grains, céréales et lait doivent impérativement être importés. L?agroalimentaire a fait son bonhomme de chemin. Mais le potentiel reste sous-exploité.

Ce n?est pas aisé de développer une industrie agricole à Maurice. Même si on arrive à se procurer les matières premières, le marché local reste insignifiant. L?exportation est, elle, sujette à de nombreuses contraintes, les règles phytosanitaires n?en étant pas des moindres.

La libéralisation du commerce agricole est sur tous les agendas ces jours-ci. Elle vient de monopoliser l?attention au sommet de l?Organisation mondiale du commerce, au Mexique. Les négociations sur ce plan sont dominées par les gros producteurs agricoles mondiaux. Difficile pour des petits Etats comme Maurice de se faire entendre. La menace est lourde : Maurice ne pourra pas faire face à la compétition des grands.

L?Etat a produit deux plans stratégiques, un sur le sucre et un autre sur les productions non-sucre. Jusqu?où ces plans outillent-ils le secteur agricole à faire face aux défis ?

Le premier préconise des mesures pour réduire le coût de production du sucre afin de le rendre capable de soutenir la compétition. Le sucre est sur le point de perdre l?environnement protégé dans lequel il a évolué jusqu?ici. Le second plan prévoit des options de diversification agricole. Il met l?accent sur l?agriculture intelligente et la technologie de pointe.

C?est de tout cela qu?on va débattre lors du symposium de la Chambre d?Agriculture. On abordera l?agriculture sous tous les aspects : économique, social et environnemental.

L?évolution de l?emploi dans l?agriculture sera étudiée.

L?agriculture comme source d?énergie renouvelable, comme moyen de préserver l?eau, prévenir l?érosion et embellir le pays sont d?autres dimensions qui prennent de l?envergure. Le concept de l?agrotourisme émerge également.

La Chambre d?Agriculture réunit une intéressante palette pour évaluer les enjeux. Les acteurs et observateurs locaux sont largement sollicités. La Chambre s?entoure, pour l?occasion, de tous ses collaborateurs et partenaires basés à l?étranger.

Mais les interventions les plus attendues seront sans doute celles de Joseph Daul, député du Parlement européen et président de la commission de cette instance sur l?agriculture et le développement rural. Daul, lui-même exploitant agricole, est au c?ur des changements sur la scène internationale. Il est un des architectes de la réforme de la Politique agricole commune européenne. Il est de toutes les négociations sur la libéralisation du commerce agricole.

Deux invités de marque

Phillipe Soubestre est l?autre intervenant qu?on écoutera avec beaucoup d?intérêt. Il est le président du Syndicat national des fabricants de sucre de France. C?est un ancien directeur général pour le développement de la Commission européenne. A ce titre, c?est lui qui a négocié la quatrième Convention de Lomé, accord qui lie l?Union Européenne aux 71 Etats d?Afrique des Caraïbes et du Pacifique. L?ex-directeur de Prosi, Jacques Dinan agira comme coordonnateur du symposium.

Le symposium promet de générer suffisamment d?idées et d?analyses pour réécrire les plans stratégiques sur le sucre et l?agriculture non-sucre. Telle n?est pas l?ambition de la Chambre d?Agriculture, précisent Cyril Mayer et Jean-Noël Humbert, respectivement président et secrétaire général. Il s?attendent néanmoins que certains réajustements soient apportés là où c?est utile.

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