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Les Françaises rattrapent le temps perdu
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Les Françaises rattrapent le temps perdu
N?ayons pas peur des mots, ce que l?équipe de France a réussi samedi en début de soirée est tout simplement historique : en l?espace d?une dizaine de minutes, Eunice Barber (à la longueur) puis les filles du relais 4x100 mètres (Girard, Félix, Hurtis et Arron), ont remporté deux titres et propulsé la France au 5e rang du tableau des médailles !
Jamais dans un championnat du monde d?athlétisme, les Français n?avaient connu une telle réussite, les meilleures années ayant été 1999, 1997, 1995 et 1991 avec les sacres de Barber (heptathlon), Diagana (400 mètres haies) et Perec (400 mètres).
?C?était un quart d?heure de folie?, savourait Jacques Piasenta. Un quart d?heure d?émotions, de frissons et d?explosion, conclu par une Christine Arron supersonique, entamant une dernière ligne droite époustouflante face à Torri Edwards.
?On avait le bon Dieu avec nous?, dira Patricia Girard. Et le relais US n?avait pas Kelli White. En 41??78, les Bleues ont établi un nouveau record de France (améliorant les 42??04 de vendredi) et la meilleure performance mondiale devant des Américaines sifflées à la présentation des équipes, deuxièmes en 41??83, et dont l?absence de Kelli White peut expliquer sans doute cette différence de 5/100e de seconde.
Un dernier bond à 6,99 mètres
Contrôlée positive au Modafinil, la double championne du monde du 100 et du 200 mètres, n?a pas été alignée au dernier moment. Cela ne retire évidemment rien au mérite des quatre nouvelles championnes du monde, parmi lesquelles Muriel Hurtis, tellement déçue après sa 4e place dans le 200 mètres et si heureuse samedi soir !
?On ne voulait rien lâcher, on a beaucoup travaillé pour ça, individuellement et collectivement?, soulignera Christine Arron. Dans une ambiance de feu, elles ont toutes les quatre tenu à remercier le formidable public du Stade de France qui, plusieurs dizaines de minutes après le couronnement du 4x100 mètres, entonnait des chansons, klaxonnait, criait et applaudissait tout en regagnant ses pénates. Il y avait de la fraternité dans cette joie bon enfant.
Le récital bleu-blanc-rouge avait commencé à 18 h 05, juste après le 4e titre mondial d?Allen Johnson sur 100 mètres haies. Forte de la meilleure performance en qualifications avec un saut à 6,78 mètres à son premier essai, Eunice Barber (29 ans) possédait de réelles chances de podium. De là à imaginer qu?elle passerait la médaille d?or autour de son cou?
Lors de cette finale superbe, la Française bondissait à 6,74 mètres, ce qui la plaçait à égalité avec Kotova mais grâce à une deuxième meilleure performance à 6,73 mètres, la Russe était en tête. Mais à sa dernière tentative, alors qu?il ne restait plus qu?elle à passer, la Française s?envolait à 6,99 mètres, deux centimètres en dessous de son propre record de France datant de 1999.
Dès lors, Eunice Barber ne s?appartenait plus. Au-delà de sa performance, elle entrait dans le clan très fermé des athlètes ayant réussi à glaner deux médailles lors d?un même championnat du monde à l?heptathlon et à la longueur.
Au rang de ces athlètes figure Jackie Joyner Kersee, dont le mari Bob s?est chargé plusieurs mois des entraînements de la Française. Dans cette journée, il faut encore souligner le sacre sur 5 000 mètres d?une junior première année, l?Ethiopienne Dibaba, en 14?51??72, et celui du Marocain Gharib, en marathon.
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