Publicité

Les difficultés de la traduction

31 août 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La traduction est, on le sait, un art difficile. Annie Mantaut, Professeur de hindi à l?Institut national des langues et civilisations orientales, (Inalco), à Paris, en a fait le thème de sa conférence, tenue au Mahatma Gandhi Institute (MGI), au terme d?un atelier de travail qu?elle a animé sur les lieux, du 11 au 22 août

La conférencière avait préalablement traité, à l?atelier, de la théorie de l?adaptation, c?est-à-dire comment adapter un texte d?une langue à une autre, en conservant la spécificité de l?original. Elle a élaboré sur le perfectionnement de l?expression en français; sur la méthodologie de la recherche documentaire; et sur la lecture active, sur la méthode interactive et sur la linguistique. Pour ensuite passer au thème de la conférence. Qui concernait la traduction de textes littéraires.

Deux lignes majeures, deux grandes méthodes, se dégagent de l?exposé de Annie Mantaut : la première, déverbaliser pour reverbaliser. Et la seconde : l?adaptation. A son avis, les prémices de la traduction passent par la traduction interprétative. Cela implique le processus de déverbalisation, signifiant établir les structures matérielles d?une phrase; prendre la substance du verbe, pour la reverbaliser, la reformuler, dans l?autre langue.

Les astuces de cette démarche supposent de bien connaître l?auteur et son environnement, aussi bien que ses écrits. Il est impérieux d?être au courant de son environnement littéraire; des tendances dominantes de son époque; de ses orientations subjectives; comme d?une éventuelle intertextualité. En somme, dira Annie Mantaut, ?il faut situer la qualité de la littérature dans l?organigramme complet de l?époque?. Il faut s?enquérir d?une culture de l?altérité ? l?autre langue et sa culture ? et l?acquérir, pour éviter la déformation.

La seconde méthode, l?adaptation, signifie, ici, cibler. Avoir, face au texte, un but précis. Selon Annie Mantaut, la traduction fonctionne sur un terme d?arrivée; permettant une interprétation qui ferait passer l?information. Toutefois, soutient la conférencière, aucune traduction n?est tout à fait fidèle. Il y a toujours des manques. Comme lorsqu?un texte contient des sens implicites, qui relèvent de la psychanalyse. Elle est d?opinion qu?il est difficile de reconstituer le réseau de l?inconscient, cette part qui serait insaisissable.

Annie Montaut est détentrice d?une licence et d?une maîtrise de lettres classiques à Paris IV-Sorbonne. Sa thèse de doctorat, présentée au Queen University & Mc Gill, au Canada, en 1985, était axée sur L?Ambiguité de la subversion formelle chez L.F. Céline ? Approche sémiotique et stylistique. C?est alors que se manifeste son intérêt pour l?hindi. Elle est aujourd?hui professeur de traduction, français-hindi-français, à l?Inalco.

L?initiative de cette invitation à Annie Mantaut, remonte aux années où Uttam Bissoondoyal était directeur du Mahatma Gandhi Institute. L?ayant rencontrée à l?Inalco, à Paris, il devait émettre le souhait de la voir animer un atelier de traduction au MGI. Son but était de pourvoir le personnel concerné de son Institut de moyens adéquats, d?une méthodologie lui permettant de progresser dans la discipline. Et de former ceux qui s?y seraient intéressés. A son départ du MGI, Sooryakantee Nirsimloo Gayan, alors à la tête du Centre d?études mauriciennes, (CEM), prit la relève du projet. Le moment ne semblait pas propice au déplacement de Madame Montaut. Sitradeven Panyandee, qui assure l?intérimat au CEM ? Sooryakantee Gayan étant promue directrice du MGI ? relança le dossier. Et l?heure fut la bonne?

La traduction, il faut le souligner, est un outil des plus bienvenus, surtout à une heure où le monde est un village global. Grâce à elle, les possibilités de lecture se sont décuplées internationalement. Permettant une meilleure connaissance de l?autre. La démarche de certaines grandes maisons d?édition, participe ainsi au bonheur de lecture de chacun, comme au développement d?une interculturalité souhaitable et combien enrichissante.

Jeanne GERVAL-AROUFF

Publicité