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la fièvre !
Dix mille petites bougies qui dansent à l?unisson autour de la flamme des Jeux. L?élan patriotique qui a gagné toute l?île a culminé vendredi soir au stade Anjalay, devenu le sanctuaire d?une communion retrouvée. À guichets fermés, la cérémonie d?ouverture aura été source d?émotions fortes, de nostalgie des inoubliables Jeux de 1985 et de preuves que les Mauriciens répondent présents quand il s?agit de défendre notre drapeau.
Le village de Belle-Vue est devenu non seulement le carrefour de tout un peuple désireux de réitérer sa flamme pour son pays et ses sportifs mais le croisement de six îles qui se sont donné la main pour faire de leur océan un «havre de paix», pour reprendre le plaidoyer d?Henri Roger, président du CIJ.
Sur les routes, les bâtiments, les voitures, le quadricolore est partout. Tous les enfants, aux visages rouge-bleu-jaune-vert, crient « Allez Maurice ». Jamais pour autant le chauvinisme ne l?emporte sur notre hospitalité : Réunionnais, Mahorais, Comoriens, Malgaches, Seychellois, Maldiviens ont été accueillis et applaudis en toute sportivité et sincérité.
Les Comoriens ont eu un moment de colère certes. Ils ont menacé de boycotter l?ouverture des Jeux parce qu?on avait hissé leur ancien drapeau au lieu du nouveau. Mais devant la promptitude des organisateurs à reconnaître publiquement leur «erreur pour ce problème protocolaire» et à corriger la faute, ils sont vite revenus à de meilleurs sentiments, regrettant ce «détail» qui aurait pu gâcher la grande fête de l?océan Indien.
«C?est magnifique de se retrouver tous ici ensemble. C?est cela l?essentiel?tout le reste est accessoire», s?exclame Jean-Pierre, athlète mahorais, qui regarde les feux d?artifice s?élancer vers la planète Mars, témoin privilégié de ce grand moment de partage que nous vivrons jusqu?au 7 septembre.
«Le sport nous permet de transcender les clivages religieux, culturels et politiques» , a rappelé Sir Anerood Jugnauth, ému devant «cet enthousiasme sans précédent». Yannick a 17 ans. Il est venu avec ses amis de Quatre-Bornes découvrir l?ambiance des Jeux - ses premiers Jeux. «Mon père me parle toujours de 1985, de la victoire de notre équipe de foot et de la foule présente à chaque carrefour pour saluer les joueurs, devenus les héros de toute une nation. Moi, je suis venu voir Éric Milazar, c?est mon héros?» Porte-drapeau de Maurice, à l?aise et sympathique dans son rôle de star, notre quarter-miler a eu droit à une Standing Ovation du stade.
En revanche, le spectacle concocté par Jean-Pierre D?Argent n?a pas fait l?unanimité. Des gradins, ce n?était pas évident de comprendre la chorégraphie, d?autant plus que les feux d?artifice rendaient le texte inaudible. Résultat : la trame n?a pas été comprise, mais le regard a été gâté par le foisonnement de couleurs? «C?est super», confiait Cyril Curé, ancien athlète de haut niveau. « Décevant», affirmait Marc Daruty de Grandpré, l?architecte qui a rénové le stade Anjalay.
Pour Jean-Pierre le Mahorais, là n?est pas le propos des Jeux qui ne font que commencer. Officiellement la flamme ne s?éteindra pas avant le 7 septembre. Cette semaine a été riche en enseignements : il suffit d?une flamme pour galvaniser tout un pays, pour crier à l?unisson Allez Maurice? Et après le 7, éteindra-t-on la flamme de notre c?ur ?
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