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A la recherche d?autrefois

24 août 2003, 20:00

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Une ville faite de pierre, de tôle et de bois. De vieilles bâtisses coloniales toutes simples, empreintes d?histoires diverses, pleines de vie. Un ciel ensoleillé. Toute une carte postale qui appelle au souvenir...

Siddick Nuckcheddy peint la nostalgie d?un Port-Louis oublié. Ces bâtisses que l?on ne prend jamais le temps d?admirer dans les rues bruyantes de la capitale, l?artiste les a immortalisées. Il dit lui-même vouloir de cette façon, ?sauver un patrimoine?, trop souvent invisible aux yeux des passants. Jusqu?au 3 septembre, il expose ses toiles, aquarelles et pastels, au Mauritius Institute de Port-Louis.

?Ce que tu peins, c?est l?époque mo ti zenfant?, lui a dit un ami qui a vu ses toiles. Rien de plus vrai. Nom de rue ou de quartier, ses toiles nous proposent une visite guidée de la capitale. Aujourd?hui beaucoup de maisons représentées par Siddick Nuckcheddy n?existent plus, détruites, car jugées trop vétustes pour la vie moderne.

Le peintre part de trois matières, le bois, la pierre et la tôle, l?essence même de l?architecture d?autrefois. Il les représente par trois toiles abstraites aux couleurs agressives et qui servent de base à tous les autres tableaux.

Patrimoine à l?abandon

Dans ses aquarelles et pastels, des couleurs douces, presque oniriques qui se posent sur les différentes surfaces, négligées par endroits, entre ombre et lumière. Mais ces toiles agréables au regard ne manquent pas de rappeler à nos yeux combien ce patrimoine a été laissé à l?abandon, ?un peu comme notre société?, ajoute Siddick Nuckcheddy.

Car ces belles couleurs nous entraînent vers un vieux coin de rue dont le mur s?effrite, une fenêtre dont le volet est à moitié cassé, une porte défoncée, des fils électriques pendouillant ça et là au-dessus des toits de tôle rouillée. L?on rêve un instant de la ville d?autrefois, du temps d?autrefois, sans tous ces défauts qui nous interpellent parce qu?on n?y avait pas forcément fait attention ou accordé d?importance.

?A travers ces bâtisses, c?est toute la société que je représente. Elle s?est dégradée petit à petit.? Et d?ajouter, ?je suis choqué d?entendre parler de campagnes pour promouvoir la courtoisie par exemple, car cela devrait venir naturellement, comme cela l?était auparavant?. De la même façon, des gens seront choqués de voir combien la beauté de ces vieilles maisons a été mise à mal dans ses toiles. Et que dans de nombreux cas, ce temps passé a été complètement effacé, rasé. ?Je souhaite que mes tableaux donnent à réfléchir, que les gens voient au-delà des belles couleurs.?

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