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Et c?est parti? !
Une date : vendredi 29 août 2003. Un lieu : le stade de Belle-Vue. Et un rendez-vous avec l?Histoire : la cérémonie d?ouverture des Jeux des îles de 2003.
Plus que cinq jours, cinq petits jours, et on saura. On saura si la République est vraiment capable de relever cet impensable défi qu?elle s?était fixé en 1999, au soir du désistement officiel des Comores.
En attendant, la flamme des Jeux illumine déjà le ciel mauricien. Le pays, lui, retient son souffle. C?est que l?enjeu ? qu?il soit sportif, organisationnel ou populaire ? est trop important. Du succès des jeux dépend en effet le savoir-faire d?une nation décidément orgueilleuse et passionnée.
Il y a pourtant de quoi être optimiste. Une première médaille, la plus difficile sans doute, a été conquise : Maurice a en effet gagné la bataille du ciment ? une bataille qui aura coûté à l?État Rs 525 millions ? et qui révèle aujourd?hui tout le génie de notre secteur de la construction. En quelques mois, des bâtiments résolument futuristes ont vu le jour. Et nous nous devons d?être fiers.
L?île Maurice jouait dans la cour des petits
Pour Rs 400 millions supplémentaires, Ébène a accouché d?un village des Jeux de dimension olympique, toutes proportions gardées bien entendu. Le cadre est accueillant, spacieux, coloré. Il est composé de 54 bungalows individuels répartis en cinq blocs de cinq à sept étages. Il abritera pendant dix jours 2 000 athlètes et dirigeants venus des îles de la région avant de retrouver sa fonction première de cyber village.
En 1985, au moment d?accueillir les 2es Jeux des îles, l?île Maurice jouait encore dans la cour des petits. Sans que cela ne dérange personne d?ailleurs, le badminton avait pris ses quartiers dans un gymnase folklorique ? celui du SSS Régis Chaperon, à Belle-Rose ? et les athlètes, eux, avaient été logés dans les salles de classe vétustes et crasseuses de quatre établissements rosehilliens.
Il y a dix-huit ans, Michael Glover, alors ministre des Sports, n?avait disposé que d?un budget de Rs 25 millions pour parachever ce qui restera comme son chef-d??uvre. Aujourd?hui, cela ne suffirait même pas pour rénover le vieux stade George V. Le contexte était plus délicat. L?économie était ce qu?elle était. Autre temps, autres moyens. À chacun son époque. Et il ne sert à rien de comparer.
Une chose est sûre : les Jeux des îles 1985 appartiennent aujourd?hui à notre héritage. Et les souvenirs demeurent : Sultan Beeharry, Désiré L?Enclume, Sheila Seebaluck. Les Mauriciens s?étaient, à l?époque, découvert des affinités nouvelles avec le quadricolore. Si les Jeux de 2003 nous permettent à nouveau de nous réconcilier avec les valeurs d?unité et de fraternité, nous aurons sans doute gagné une seconde bataille. Et celle-là est de loin la plus importante.
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