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Crise de confiance chez les chefs d?entreprise

6 août 2003, 20:00

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Le moral du secteur privé se dégrade. C?est ce que révèle le dernier baromètre Emtel-Ipsos que publie le magazine économique Eco austral dans sa dernière édition. Après une amélioration du mood des chefs d?entreprises en mai, c?est de nouveau la morosité qui l?emporte, indique le sondage réalisé entre le 16 et le 22 juillet dernier.

Les patrons sont de plus en plus pessimistes concernant la situation économique du pays. Ils sont 50 % à trouver que la situation se dégrade tandis que 23 % trouvent qu?elle s?améliore et presque autant estiment qu?elle ne change pas.

Ce qui est significatif toutefois est la différence qui se creuse entre ceux qui trouvent que la situation s?améliore et ceux qui trouvent qu?elle se détériore. L?écart entre les deux catégories, qui était de ? 13 % en avril, est de ? 27 % en juillet. Cela indique que les pessimistes sont de plus en plus nombreux.

Pour ce qui est des perspectives sur l?évolution de l?économie dans les prochains mois, l?Eco austral note une fois de plus une crise de confiance. Un chef d?entreprise sur trois se dit pessimiste et 37 % sont optimistes. Là encore, c?est la différence entre le pourcentage d?optimistes et de pessimistes qui est parlant. En avril, la balance penchait nettement en faveur des optimistes car l?écart avait atteint une pointe de 24 %. Elle s?est réduite à 6 % seulement en juillet.

Situation inchangée sur l?embauche

Par ailleurs, pour ce qui est de la situation de leurs propres entreprises, le tableau est mitigé. Quatre patrons sur dix trouvent que la situation de leur entreprise s?améliore alors que 20 % trouvent qu?elle se dégrade. En définitive, la courbe de confiance s?infléchit de manière significative. La différence entre les optimistes et les pessimistes, qui était de 35 % en avril, a chuté de 11 points pour se situer à 24 % en juillet.

Paradoxalement, 63 % des chefs d?entreprise sont optimistes quant aux résultats de leur entreprise pour les prochains mois et 16 % seulement sont pessimistes.

De plus, 56 % des patrons ont l?intention d?investir au moins Rs 100 000 dans les deux mois à venir contre 43 % qui n?envisagent aucun investissement. Pour l?emploi, la situation reste plus ou moins inchangée : 62 % des chefs d?entreprise ne veulent pas recruter et 38 % ont fermement l?intention d?embaucher.

Dans un autre volet, le baromètre Emtel-Ipsos sonde le sentiment des chefs d?entreprise sur l?avenir de l?industrie du textile-habillement. Malgré la grave crise que connaît ce secteur, 57 % des patrons interrogés estiment que ce pilier de l?économie a encore un avenir, révèle Eco austral. 43 % des responsables interrogés attribuent les difficultés du textile à la concurrence étrangère croissante et 22 % à la hausse du coût de la main-d??uvre.

Alors que le gouvernement privilégie la restructuration tous azimuts, la modernisation et la formation pour améliorer la compétitivité des entreprises, les patrons interrogés semblent privilégier en majorité une aide gouvernementale directe pour sortir les entreprises de leurs difficultés. En effet, 56 % des chefs d?entreprise se disent favorables à des subventions publiques. Néanmoins, 40 % d?entre eux ne sont pas d?accord avec ce principe.

Parmi les autres solutions envisagées, la restructuration des activités vers des produits à plus forte valeur ajoutée est soutenue par un patron sur trois. La délocalisation a aussi ses supporters à 26 % et le recours à la main-d??uvre meilleur marché est une solution pour 15 % des chefs d?entreprise interrogés.

Bulletin eco-trends

La MEF optimiste pour le textile

La Mauritius Employers? Federation (MEF) s?est penchée spécifiquement sur le sort de l?industrie du textile-habillement dans son dernier bulletin économique ?Eco-Trends?. La fédération patronale trouve que l?étau de la concurrence internationale se resserre dangereusement sur l?industrie locale qui est un ?très petit joueur dans l?arène internationale?. Nos compétiteurs sont trop nombreux : la Chine et le Mexique émergent comme des producteurs dominants, le Pakistan et le Bangladesh ont obtenu un accès en hors taxes au marché européen sans compter les pays émergents comme la Turquie, la Tunisie, le Maroc et les Caraïbes qui sont tous plus proches de nos marchés traditionnels. Malgré tout, les économistes de la MEF soutiennent que l?industrie textile-habillement n?est pas condamnée pour autant. Citant la publication spécialisée ?Textiles Intelligence?, la MEF soutient que Maurice peut devenir pour l?Afrique ce que HongKong et Singapour sont pour l?Asie. Au fil des années l?industrie du textile et de la confection a acquis une solide expérience en répondant efficacement aux besoins de plus en plus exigeants du marché. Elle a aussi l?avantage d?opérer dans un environnement national favorable aux affaires. Néanmoins, la MEF estime qu?il faudra nécessairement délocaliser la production basique dans des pays où les coûts sont moins élevés. Les entreprises qui continueront à opérer à Maurice auront à grimper en gamme.

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