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La Grèce tente une contre-offensive contre ses néonazis, devenus omniprésents
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La Grèce tente une contre-offensive contre ses néonazis, devenus omniprésents
Le gouvernement grec s''''est résolu à hausser le ton face au parti néonazi Aube dorée, omniprésent dans la rue et en pleine forme dans les sondages, après son entrée au Parlement à la faveur de la crise.
Après des années d''incurie face à l''extrémisme de droite, qui bénéficie de collusions policières et de l''inertie judiciaire, les autorités grecques semblent avoir pris conscience de la menace qui se profile pour une société démocratique.
Après avoir lui-même tonné contre une « invasion » immigrée qui menacerait « la survie » nationale, le ministre de l''ordre public, Nikos Dendias, a fini par lancer la contre-offensive réclamée depuis des mois par les défenseurs des droits de l''homme. Il a décrété la tolérance zéro contre les groupes auteurs de violences, qu''il a désignés comme des "sections d''assaut", dans une référence directe aux SA hitlériennes. Il a également menacé les députés néonazis d''arrestations en cas de flagrants délits, les a privés de gardes du corps, et a fait tomber quelques têtes policières trop évidemment complaisantes.
La justice a elle aussi haussé le ton, en demandant la levée de l''immunité parlementaire de trois élus néonazis accusés notamment d''usurpation d''autorité, tandis que son ministre, Antonis Roupakiotis dénonçait des "comportements nazis, fascisants et inhumains de cadres d''Aube dorée". Un test crucial de cette nouvelle détermination sera la reprise prévue mardi, après sept ajournements, d''un procès de trois activistes accusés d''avoir poignardé des Afghans.
Contrôles d’identité
C''est en se substituant ouvertement à la police, en menant des contrôles de papiers d''identité début septembre dans un marché de plein air, suivis de saccages d''étals, le tout diffusé sur Internet, qu''Aube dorée a déclenché ce sursaut. Mais pour le journaliste Dimitris Psaras, spécialiste de l''extrême droite, cette escalade s''inscrit dans une "stratégie de tension très organisée et coordonnée" d''Aube dorée.
Le syndicat professionnel des vendeurs ambulants a d''ailleurs salué les raids néonazis, tandis que responsables politiques et médias convenaient de l''impératif d''une lutte contre les vendeurs immigrés à la sauvette, accusés de ruiner les Grecs. Au vu de l''exaspération sociale, « Aube dorée veut faire réagir l''Etat dans le but d''apparaître comme la seule force antisystème », estime M. Psaras.
Démonstration de force
Depuis cet été, Aube dorée (Chryssi Avghi) est dans la démonstration de force permanente. Ce parti est soupçponné d''orchestrer des violences visant, dans la rue, au travail ou à domicile, des étrangers ou présumés tels. Une situation qui a été dénoncée par le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNCHR) fin août, ou encore par Human Rights Watch en juillet. Dans un rapport intitulé La haine dans les rues : la violence xénophobe en Grèce, l''ONG relatait : "Les migrants et les demandeurs d''asile ont parlé à Human Rights Watch de quartiers d''Athènes où ils ne vont plus à la nuit tombée car ils ont peur d''être attaqués par des groupes de Grecs souvent vêtus de noir et en quête de violence." Et assurait que des membres d''Aube dorée ont été impliqués dans certaines de ces attaques.
(Source: © Le Monde)
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