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Rajendra Arun exprime sa foi en l?homme
L?être humain naît avec une parcelle de divinité mais c?est la voie qu?il choisit d?emprunter qui fait de lui l?homme qu?il sera. C?est une conviction profonde qu?exprime Rajendra Arun, président du Ramayana Centre.
D?origine indienne, Rajendra Arun croit dans la dualité des choses. Aucun radicalisme chez lui. Ni de l?angélisme primaire. Il n?y a pas d?éradication totale des fléaux sociaux. Mais c?est en se nourrissant des valeurs qu?on peut faire reculer le mal.
Ces valeurs, Rajendra Arun les puise du Ramayana. Une épopée ancienne comme le temps d?avant le temps. Il est d?ailleurs communément admise dans la tradition indienne que le Ramayana est la première épopée qui ait existé. Ce sont des convictions qui transcendent les époques pour raconter une histoire de l?homme et des dieux.
Dans le Ramayana, dont la version en hindi a été écrite par le poète Tulsidas voici 500 ans et la version originale en sanskrit par Rishi Valmiki, c?est l?histoire du dieu Ram qui se décline comme un hymne à l?humanité. C?est cette histoire qui irradie le parcours humain. ?Le Ramayana recoupe à travers les considérations de race ou de caste?, explique Rajendra Arun. L?inspiration divine est aussi la voie qui ouvre vers la possibilité d?une divinisation de l?humain.
Ram était destiné à devenir roi mais il est devenu, en passant par l?épreuve de l?abnégation, dieu. La veille de son intronisation, Ram part pour 14 ans en exil sur ordre de sa belle-mère. Celle-ci voulait que ce soit son fils Bharata qui occupe le trône. Ce dernier renoncera au trône en faisant valoir que l?amour de son frère est plus important. Le Ramayana enseigne, entre autres, cet esprit du sacrifice et la capacité de l?homme à tenir sa parole quelle que soit l?épreuve par laquelle il doit passer.
La réflexion est plus que jamais d?actualité.?Où est le problème ? Je pense qu?il est dans le choix que font les parents. Dans leur soumission à la psychologie moderne qui postule qu?il ne faut rien imposer à l?enfant. Or, cela relève de l?évidence, ce sont aux adultes de montrer la voie. La famille est le foyer de l?éducation, du savoir. Si on laisse ce rôle aux autres, on livre l?enfant à des forces qui peuvent être occultes?, insiste Rajendra Arun.
Réaliste et d?un pragmatisme spirituel désarmant, notre interlocuteur fait remarquer qu?on peut seulement minimiser le mal et non l?éradiquer entièrement. C?est écrit dans l?histoire de l?humanité elle-même. Cela participe du principe de l?altérité.
L?élimination du mal implique paradoxalement la fin de l?humanité. C?est la quête infinie d?un équilibre précaire. Afin de parvenir à un équilibre qui soit davantage en faveur du bien, Rajendra Arun estime qu?on peut soit imposer un système où l?individu est naturellement dirigé vers le bien, soit d?avoir un certain nombre de ?role models?. ?Il faut s?inspirer de ces modèles non d?un point de vue religieux. Cette inspiration exprime d?abord une volonté de mieux-être individuel pour le bénéfice du collectif.?
Aucune société ne peut vivre sans valeur. Le constat est simple. La philosophie universelle l?enseigne. Mais aujourd?hui, dit Rajendra Arun, ces valeurs tendent à s?effacer parce que l?humain fait de moins en moins le choix de nourrir la divinité en lui.
Le journaliste devenu pandit
■ Né en Inde en 1945, le pandit Rajendra Arun entreprend des études en hindi à l?université d?Allahabad et finit par se faire journaliste. Il arrive à Maurice en 1973 pour couvrir une conférence internationale de l?Arya Samaj. Depuis, il n?a pas quitté l?île. Il commence son aventure dans l?île au sein de l?hebdomadaire ?Janata?, journal en hindi. En 1982, il entamera une série d?émissions sur le Ramayana pour le compte de la MBC. Dès lors, il anime des causeries. Il est l?auteur de plusieurs ouvrages qui racontent différentes parties du Ramayana. Il est actuellement directeur des relations publiques à Quality Beverages Ltd.
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