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Zone de turbulences

22 mars 2026, 05:00

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Le retrait de Paul Bérenger du gouvernement marque le début d’une nouvelle onde de secousses politiques. Les questions s’imposent, immédiatement. Qui remplace qui ? Un Travailliste (PTr) serait-t-il appelé à devenir le prochain numéro deux du gouvernement de Navin Ramgoolam ? Ou le MMM conservera-t-il ce poste — à condition que le bureau politique de lundi tranche d’abord une question plus urgente : qui parle encore au nom du parti, après que ses propres membres se sont publiquement retournés contre le camp Bérenger ? Et Bérenger lui-même — et sa fille — au Parlement ? S’aligneront-ils derrière Adrien Duval et Joe Lesjongard, aux côtés de Franco Quirin, ou glisseront-ils vers les bancs arrière ?

C’est finalement le (quatrième) conseiller, Shaffick Ahmad — dont le rôle, au sein d’un ministère sans portefeuille, relevait jusqu’à présent du flou — qui aurait porté le message de Ramgoolam à Bérenger : ses agissements embarrassaient le Premier ministre. Reste une question : ce message était-il fidèle à l’intention de Ramgoolam, ou déjà retravaillé par son messager, qui est aussi le messager de Bérenger, le mystérieux Shaffick Ahmad ? Car les intermédiaires ne sont jamais neutres. Ils filtrent, recomposent, parfois déforment.

Le choc a été immédiat. Bérenger, d’ordinaire combatif, est apparu inhabituellement ébranlé face à la presse, à l’issue du comité central de mercredi. Il a évoqué des «éléments pourris » au sein du MMM.

Le parti a riposté. Gunness, Bhagwan, Navarre-Marie, Nagalingum, Meea — les cadres se sont déployés pour contenir un leader désormais affranchi de la discipline gouvernementale. La rupture n’est plus théorique. Elle est consommée. Et Bérenger, homme de dossiers et de mémoire, n’oublie pas. Encore moins les trahisons.

Les réactions se sont enchaînées. Ganoo, Collendavelloo, Obeegadoo — les anciens comme les actuels — chacun tenta d’imposer son récit. Mais celle de Roshi Bhadain, hier, se distingue par son angle : «L’Histoire retiendra que Paul Bérenger a fait preuve d’un courage que d’autres n’ont pas eu…»

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Maurice a déjà vécu cela. Après le troisième 60-0 de novembre 2024, l’express avait jeté un premier bémol dans l’euphorie des rues. L’avertissement tient toujours.

Les raz-de-marée électoraux ne sont pas des moments de stabilité. Ce sont des concentrations de pouvoir — donc des moments de risque.

Deux triomphes. Deux implosions. Le même cycle : l’euphorie politique cède la place aux luttes internes, et l’espoir collectif se dissout dans la désillusion.

2024 s’inscrit dans cette lignée. Ce vote n’était pas un chèque en blanc. C’était un signal — de fatigue, de frustration, d’attente.

Et ce signal résonne déjà. Un gouvernement sans véritable opposition parlementaire. Des tensions internes qui affleurent. Des lignes de fracture qui apparaissent plus tôt que prévu. L’histoire n’attend pas. Elle recommence.

Maurice n’a pas besoin d’un pouvoir fort. Elle a besoin d’un pouvoir juste. Car un pouvoir sans contrepoids n’est pas une force. C’est une épreuve — de retenue, de discipline, de lucidité.

Les priorités sont connues : relancer une économie sous pression, réduire des inégalités qui se creusent, restaurer la crédibilité des institutions. Rien de cela ne se fera dans les jeux d’appareil ou l’unité de façade.

La vraie épreuve commence maintenant. Pas dans les discours. Dans les décisions. Pas dans l’unité proclamée. Dans la capacité à résister aux réflexes anciens. Car les systèmes ne s’effondrent presque jamais sous le choc des grandes crises. Ils s’érodent dans les excès tolérés, les ambitions sans frein et les compromis successifs...

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