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Éducation

ZEP : un modèle à bout de souffle face à l’échec scolaire

25 mars 2026, 17:00

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ZEP : un modèle à bout de souffle face à l’échec scolaire

Entre résultats en dents de scie, attentes du terrain et appel à une réforme en profondeur, le programme ZEP se retrouve à un tournant décisif de son histoire.

Vingt-deux ans après sa mise en application, le programme des Zones d’éducation prioritaire (ZEP) est aujourd’hui au cœur d’une réflexion nationale. Face à des performances scolaires inégales et à des réalités sociales en mutation, les autorités éducatives envisagent une révision en profondeur de ce dispositif, initialement conçu pour soutenir les élèves issus de milieux défavorisés.

Selon les critères établis, les écoles ZEP sont identifiées sur la base d’un taux de réussite au Certificate of Primary Education, remplacé par le Primary School Achievement Certificate (PSAC), inférieur à 40 % sur cinq ans, ou en raison de leur intégration au réseau des Special Support Schools. En octobre 2025, 27 écoles primaires gouvernementales relevaient de ce programme, accueillant un total de 5 301 élèves, hors Agaléga.

L’analyse des résultats du PSAC au cours des cinq dernières années met en lumière une tendance préoccupante, comme le souligne le dernier rapport de l’Audit. Si certaines écoles affichent des progrès constants, la majorité présente un taux de réussite inférieur à 50 %, avec des fluctuations notables d’une année à l’autre. Plus inquiétant encore, plusieurs établissements ayant obtenu des résultats jugés satisfaisants entre 2019 et 2023 ont connu une baisse significative en 2024.

Ces variations traduisent non seulement des difficultés structurelles, mais aussi un manque de continuité dans les stratégies pédagogiques et d’accompagnement. Elles soulèvent également des interrogations sur l’efficacité du mécanisme de suivi et d’évaluation du programme, resté inchangé depuis sa conception en 2003.

Réformes

Conscient des limites du dispositif actuel, le ministère de l’Éducation a engagé des démarches en vue d’une révision du programme ZEP. Parmi les mesures envisagées figurent le renforcement de la formation professionnelle continue des enseignants et du personnel éducatif, ainsi que la mise en place d’une équipe de coordinateurs et d’un comité de suivi. Ces instances auront pour mission d’identifier des stratégies concrètes pour lutter contre l’absentéisme élevé et améliorer les performances académiques.

En janvier, une réunion a été organisée entre le ministre de l’Éducation et les chefs d’établissement des écoles ZEP. Plusieurs problématiques ont été soulevées, notamment la question des repas scolaires, les conditions d’apprentissage et les défis spécifiques rencontrés sur le terrain. Des mesures correctives seraient à l’étude. À ce jour, aucune communication officielle n’a encore été faite sur les suites concrètes de ces échanges.

Du côté des syndicats, le constat est sans équivoque : une évaluation approfondie du programme s’impose. Vinod Seegum, président de l’All Civil Service Employees and Other Unions Federation et négociateur de la Government Teachers’ Union, déplore l’absence d’un bilan structuré depuis la mise en place du projet.

Selon lui, «le programme semble s’essouffler» et nécessite une remise à plat complète. Il insiste sur l’importance d’identifier clairement les forces et les faiblesses du dispositif afin de mieux orienter les réformes à venir. Il rappelle également avoir, par le passé, plaidé pour une consultation élargie incluant les chefs d’établissement en exercice et à la retraite, afin de bénéficier de leur expérience du terrain.

Inégalités

Cette démarche, amorcée en janvier par une rencontre avec le ministre, suscite néanmoins des interrogations quant à ses retombées concrètes. «Qu’est-ce qui est ressorti de cette réunion ?» s’interroget-il, appelant à davantage de transparence et à la mise en place d’un plan d’action clair pour l’avenir du secteur. Au-delà des performances académiques, la question de l’équité entre établissements est également soulevée. Dans certaines régions, comme à Bambous, des écoles non classées ZEP présentent des profils similaires à celles bénéficiant du programme, sans pour autant accéder aux mêmes ressources. Une situation qui alimente un sentiment d’injustice et pose la question d’un élargissement ou d’une redéfinition des critères d’éligibilité.

Pour Vinod Seegum, il serait pertinent de mettre en place un système d’accompagnement adapté pour ces établissements, sans nécessairement les intégrer formellement au programme ZEP. Il plaide également pour une meilleure coordination entre les différents acteurs du secteur éducatif, ainsi que pour la désignation de responsables ayant une connaissance approfondie du terrain.

Conditions de travail

Autre point soulevé : les conditions de travail du personnel évoluant dans les écoles ZEP. Enseignants, chefs d’établissement, mais aussi personnel de soutien font face à des réalités souvent difficiles, liées à la précarité sociale des élèves. Si une légère augmentation de l’allocation a été recommandée dans le dernier rapport du Pay Research Bureau, celle-ci est jugée insuffisante par le syndicaliste.

Dans un contexte où les défis éducatifs sont de plus en plus complexes, la valorisation et la motivation des équipes apparaissent comme des levier s essentiels pour assurer la réussite des réformes.

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