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Noyade
Yohan Allyjan, un jeune au grand cœur emporté par les eaux
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Noyade
Yohan Allyjan, un jeune au grand cœur emporté par les eaux
Yohan était tourné vers les autres, toujours disponible, incapable de refuser d'aider. Les voisins, les proches, la famille – personne n'avait besoin de demander deux fois.
Dans les eaux du nord de l'île, à Mont-Choisy, le corps d'un jeune homme de 18 ans a été repêché par les garde-côtes, le jeudi 23 avril. Il s'appelait Yohan Allyjan. Il venait de Ste-Croix. Il était là pour travailler, son premier jour de travail. Et il n'est jamais rentré. Son grand-père, François Manon, a du mal à trouver ses mots. Mais il les trouve quand même, parce que Yohan mérite qu'on les entende.
Yohan était différent. Malgré un handicap mental, ce jeune homme de 18 ans avait une manière bien à lui d'être : tourné vers les autres, toujours disponible, incapable de refuser d'aider. Les voisins, les proches, la famille – personne n'avait besoin de demander deux fois. «Dès qu'on avait besoin de Yohan, il était là», raconte son grand-père. «À n'importe quelle heure, n'importe quand. Il répondait à chaque fois : ‘Wi, mo vini deswit-la.» Cette phrase, François Manon la répète comme on répète une chanson qu'on ne veut pas oublier. Elle dit tout de Yohan : sa générosité sans calcul, son cœur grand ouvert, cette présence simple et précieuse que les gens remarquent seulement quand elle disparaît.
Ce mercredi 22 avril, Yohan était sur un chantier à proximité de la plage de Mont-Choisy, loin de Ste-Croix, loin de chez lui. Une journée de travail ordinaire – ou qui aurait dû l'être. Mais ce jour-là, quelque chose n'allait pas. D'après son patron, Yohan était agité, perturbé par quelque chose qu'il ne parvenait pas à formuler clairement. Il n'a pas cessé de se plaindre, de pleurer. Un chagrin intérieur dont les raisons restent à ce jour inconnues. À 15 heures, ses heures de travail terminées, il a quitté le chantier. Seul. Il n'est jamais rentré à la maison.
C'est son grand-père qui a donné l'alerte ce soir-là. Une nuit entière à espérer, à attendre, à se raccrocher à l'idée qu'il allait peut-être réapparaître. Le lendemain matin, son corps a été repêché dans le lagon de Mont-Choisy. L'autopsie a conclu à une asphyxie due à la noyade. Une enquête a été ouverte, mais plusieurs zones d'ombre subsistent quant au déroulement précis des faits. «Les circonstances de cet accident sont assez floues», admet François Manon, la voix lourde. «Ce qu'on a appris avant-hier, ce n'était pas facile du tout.»
Yohan Allyjan avait 18 ans. Un handicap qui ne l'avait pas empêché de travailler, d'être autonome, d'être aimé. Une débrouillardise que son grand-père évoque avec une fierté mêlée de douleur : «Malgré son handicap, c'était quelqu'un de très débrouillard.» Il y a des gens qui traversent la vie discrètement mais qui laissent un vide immense quand ils partent. Yohan était de ceux-là.
Quelque part à Ste-Croix, une famille attend encore de comprendre. Et un grand-père se souvient d'un petit-fils qui, à chaque appel, répondait toujours la même chose : «Mo vini deswit-la.»
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