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«Mauritius: Diversity of our Volcanic Geo-Heritage»
Voyage au cœur du patrimoine géologique
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«Mauritius: Diversity of our Volcanic Geo-Heritage»
Voyage au cœur du patrimoine géologique
■ Selon l’auteur Prem Saddul, les géo-sites sont des laboratoires naturels essentiels à la connaissance, à la préservation des habitats et au tourisme durable.
Mauritius: Diversity of our Volcanic Geo-Heritage est le nouveau livre de Prem Saddul, géomorphologue et hydrogéologue. L’ouvrage a été lancé, le jeudi 11 décembre, au MIE Lecture Theatre, en présence du président, Dharambeer Gokhool, et du ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit. Il s’agit de sa deuxième publication majeure. Pour rappel, son premier livre, Mauritius: A Geomorphological Analysis, a été publié en 2002.
Pour rédiger ce deuxième ouvrage, Prem Saddul a sillonné Maurice et Rodrigues pendant sept ans. Il a également eu l’occasion, à travers diverses invitations, d’effectuer des visites de terrain dans plusieurs environnements volcaniques à travers le monde tels que l’île de La Réunion, le système volcanique de Haleakalā et le National Park of Maui à Hawaii, où il a passé deux jours à étudier les formes volcaniques, le géoparc UNESCO de Lanzarote dans les îles Canaries, le système volcanique composite du Teide à Tenerife ainsi que le volcan Hallasan sur l’île de Jeju en Corée du Sud, où il a aussi pu explorer certains tunnels de lave.
En tant qu’île d’origine volcanique, Maurice, formée par sept épisodes volcaniques, possède une variété de paysages et de formations sculptés par différents épisodes éruptifs et types de volcanisme. Cet ensemble unique constitue un véritable patrimoine géologique, qui mérite d’être mieux connu du grand public. C’est dans cette optique que Prem Saddul dresse un inventaire complet de cette diversité, en expliquant, de manière accessible, leur géologie, leur morphologie ainsi que leur dimension culturelle.
«Maurice, en tant qu’île d’origine volcanique, possède une grande variété de paysages et de formations spectaculaires, façonnés par différents épisodes éruptifs et types de volcanisme. Ils constituent notre géo-patrimoine, qui devrait être accessible à tous. Dans cette publication, un inventaire de la diversité de ce patrimoine volcanique est présenté, accompagné d’explications scientifiques sur leur géologie, leur morphologie ainsi que leur importance culturelle. Puisqu’il s’agit de notre héritage, il doit être protégé à travers des cadres nationaux de préservation et de gestion.»
Encourager le géotourisme
Selon Prem Saddul, au cours des dernières décennies, de nombreuses études ont été consacrées au patrimoine géologique, particulièrement dans les environnements volcaniques. Les géo-sites, la géoconservation, le géotourisme ou encore les géoparcs ont fait l’objet de multiples travaux publiés dans des revues internationales, soutenues notamment par l’Union internationale des sciences géologiques. Car les géo-sites sont de véritables laboratoires naturels, qui permettent d’observer directement les processus géologiques, contribuent à la préservation des habitats et servent de support à l’éducation et à la recherche. Ils constituent également un capital naturel majeur pour un tourisme durable. Ainsi dresser un inventaire et mieux comprendre ces richesses géologiques représente une première étape essentielle pour élaborer des stratégies de géoconservation, sensibiliser davantage les communautés locales et nationales, et encourager l’essor du géotourisme, fondé sur la connaissance et la mise en valeur de notre patrimoine naturel.
Les sites géologiques de l’île, volcaniques ou non, appartiennent à tous et font partie du patrimoine naturel. Leur destruction est irréversible, souligne l’auteur, et prive les générations futures de ces richesses. Le patrimoine non volcanique, comme les traces d’anciens niveaux de mer, subit également de nombreuses pertes. Il est donc considéré que ces richesses, reconnues par des scientifiques du monde entier, doivent être sauvegardées par des mesures nationales efficaces.
Dans cette publication, indique Prem Saddul, plusieurs géosites du pays ont été identifiés comme prioritaires pour la préservation. La Vallée-des-Prêtres, amphithéâtre, sculptée par la rivière Lataniers dans des laves vieilles de huit millions d’années, offre des paysages spectaculaires tels que L’Échelle Rock et The Window, vestiges d’anciens conduits volcaniques.
Le complexe volcanique de L’Escalier, dans la région de Nouvelle-Découverte, concentre tunnels de lave, balcons volcaniques, cratères et un conduit volcanique unique. Malgré les alertes adressées aux autorités, ce site se détériore et devrait être protégé par une réserve naturelle avec un sentier pédagogique.
L’arc côtier de Plaine-des-Roches constitue un véritable laboratoire naturel pour étudier les tunnels de lave, les coulées figées, les mangroves et la flore endémique. La zone de duricrust de Pétrin, avec ses roches rouges et nodules de fer, est également remarquable et pourrait être valorisée par des panneaux explicatifs le long des sentiers.
Le complexe strombolien de Grand-Bassin, formé de trois petits cratères remplis d’eau et d’un îlot central, ainsi que le Bassin-Blanc - Chamouny, avec cratère, tunnels de lave, dômes de scories et sols colorés, illustrent la richesse géologique et paysagère de l’île. Chamouny et Luchon, dans le domaine de St Félix, offrent un potentiel pour le développement d’un géoparc.
Le Trou-Kanaka, cratère et tunnels de lave serpentant au milieu des plantations de thé dans le Sud, témoigne de l’extraordinaire géologie sauvage de Maurice. La Plaine de La-Prairie, aéolianite calcaire formée il y a 80 000 ans, conserve la mémoire des anciens niveaux de mer, mais est menacée par l’extraction de corail.
Les géosites de Treize-Cantons – Salle d’Armes et les tunnels de lave de Plaine-des-Roches viennent enrichir cet inventaire, soulignant l’importance de protéger et de valoriser ces trésors géologiques aujourd’hui fragilisés. «Malheureusement, des déchets non-biodégradables y sont jetés à l’entrée. Lors d’une conférence internationale sur les petites îles à Lanzarote, j’ai pu constater que des tunnels de lave pouvaient même accueillir des cérémonies d’ouverture et de clôture. Aujourd’hui, visiter ces tunnels à Maurice peut s’avérer dangereux, malgré leur grandeur impressionnante, qui évoque celle de véritables cathédrales.» Au total, Maurice compte un peu plus de 100 tunnels de lave.
Dans son ouvrage, Prem Saddul lance un appel pressant aux autorités pour agir rapidement afin de gérer, préserver et rendre ces géosites accessibles au public. Il estime que leur gestion durable repose sur l’identification des sites, la reconnaissance de leur importance nationale, une législation appropriée, la sensibilisation du public et leur conservation aux niveaux national et local. Il recommande de créer des sentiers permanents permettant d’explorer les caractéristiques volcaniques, comme cratères, coulées de lave ou éjectas, avec des panneaux explicatifs. Ces visites offrent loisirs, découverte et apprentissage, tout en sensibilisant à la préservation de notre environnement et en favorisant le géotourisme et l’emploi local, avance-t-il.
L’intention de Prem Saddul est que ce livre inspire de nouvelles recherches et renforce l’appréciation de l’environnement volcanique du pays.
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