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Rodrigues

Vers une démission en bloc de l’OPR

1 septembre 2025, 08:00

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Vers une démission en bloc de l’OPR

Franchette Gaspard Pierre Louis, «minority leader», hier, à Malabar : «Si lalians pa ale, nou pou fer li ale.»

L’opposition rodriguaise menace de démissionner, si l’alliance au pouvoir ne le fait pas après la rencontre du Chef commissaire Grandcourt avec le Premier ministre.

Hier après-midi, l’Organisation du Peuple Rodriguais (OPR) a réuni ses partisans pour un meeting haut en couleur devant le monument de l’Autonomie à Malabar. Des centaines de militants, vêtus de blanc, couleur symbolique du parti, ont répondu à l’appel. L’ambiance était électrique : chants, applaudissements et slogans ont rythmé l’événement, alors que les orateurs se succédaient, perchés sur un pick-up transformé en estrade improvisée.

Buisson Léopold a ouvert le bal, revenant sur l’histoire du mouvement. «L’OPR a été créée pour répondre à la réalité rodriguaise car notre réalité est différente de celle de l’île Maurice», a-t-il rappelé, soulignant la volonté de son parti de travailler en coopération avec Maurice. Daniel Baptiste a ensuite pris le micro et n’a pas mâché ses mots. «Lalians pe fane. Bizin bour deor!», a-t-il lancé, s’attaquant frontalement au deputy chief commissioner, qu’il a qualifié «d’opportuniste». «Li pena kouraz akoz sa li met post lor Facebook aswar e li efase dan gramatin.»

La minority leader, Franchette Gaspard Pierre-Louis, est pour sa part revenue sur les accusations de Johnson Roussety selon lesquelles l’OPR serait «assoiffé de pouvoir». «Je demande à Johnson Roussety de demander à Franceau Grandcourt s’il a toujours envie de travailler avec lui. En mars 2024, Franceau m’a appelée pour dire qu’il était impossible de travailler avec Roussety car il ne respectait pas l’accord. J’ai refusé de l’aider à le mettre dehors car je crois en la lutte, en Serge Clair et en mon pays et nous disons non au transfugisme.» Elle a ajouté, sous les acclamations : «Nou donn lalians 2-3 zour. Si zot pas ale, nou pou fer zot ale.»

Vers 17 heures, le leader de l’OPR, Francisco François, est monté à son tour sur le pick-up pour livrer un discours musclé. «Anou sov nou pays», a-t-il martelé, affirmant que «le destin du pays et de l’autonomie est en danger». Il a exigé «la démission du gouvernement de l’alliance et la dissolution de l’Assemblée régionale», dénonçant «la mauvaise gouvernance de Franceau Grandcourt et de Johnson Roussety». *«J’ai honte quand des commissaires disent au Premier ministre de Maurice de ne pas mettre les pieds à Rodrigues.»

Le thème du rassemblement, Rodrig an danze, lalians bizin ale, a été repris par la foule. Francisco François a conclu en lançant un ultimatum : «Si Franceau Grandcourt ne démissionne pas après sa rencontre avec le Premier ministre, l’OPR va démissionner en bloc.»

Le meeting, ponctué de slogans et d’applaudissements, s’est terminé dans une atmosphère combative, les militants repartant convaincus que la bataille politique ne fait que commencer. La suite s’annonce palpitante pour Rodrigues.

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