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Logement social

Vers un modèle plus solidaire pour les familles à faibles et moyens revenus

7 décembre 2025, 11:30

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Vers un modèle plus solidaire pour les familles à faibles et moyens revenus

Le ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, effectuant une visite des travaux sur les sites de construction des logements NHDC en juillet 2025.

Le ministère du Logement et des Terres, dirigé par le ministre Shakeel Mohamed, déploie plusieurs initiatives destinées à accélérer la livraison des unités sociales, à élargir l’accès au logement pour les ménages à faibles et moyens revenus, à mieux encadrer la maintenance des résidences existantes et à examiner de nouveaux mécanismes de financement.

L’un des axes majeurs concerne le vaste programme de 8 000 logements sociaux répartis sur 19 sites à travers l’île. Le suivi des chantiers montre des niveaux d’avancement variables selon les régions (voir le document sur l’express.mu). Certains projets sont achevés ou proches de l’être, mais leur livraison est conditionnée à des infrastructures extérieures encore incomplètes.

À Pointe-aux-Sables, par exemple, les bâtiments sont entièrement finalisés, mais des travaux de drainage hors site retardent l’occupation des unités. À Coromandel, la mise à disposition dépend de l’installation d’équipements indispensables tels que des réservoirs tampons, des pompes et la finalisation de la voirie. D’autres chantiers ont des retards dus à des difficultés techniques, à des lenteurs d’entrepreneurs ou à des raccordements de réseau en cours.

Cette situation met en lumière un élément central : la construction des bâtiments ne représente qu’une partie du processus. La livraison effective nécessite un ensemble d’aménagements complémentaires pour rendre les logements habitables, conformes et sécurisés.

Face à ces réalités de terrain et aux besoins de nombreuses familles, le dispositif Rent-to-Own s’impose comme un levier essentiel pour élargir l’accès au logement. Conçu pour les personnes qui ne peuvent obtenir un prêt bancaire, ce mécanisme repose sur des critères stricts d’éligibilité : ne pas être propriétaire, ne pas avoir déjà reçu une aide similaire et être dans une situation financière justifiant la demande. Les cas de hardship y occupent une place importante.

?Les enjeux du projet

Le principe est simple : le bénéficiaire loue l’unité pendant cinq ans avec une option d’achat, tandis que le prix de vente diminue progressivement selon un barème défini. Cette réduction dépend de la durée d’occupation et du respect des paiements mensuels. Une contribution additionnelle est également versée pour la gestion du logement.

Si au terme des cinq années la personne ne peut toujours pas obtenir de prêt ou choisit de ne pas exercer l’option d’achat, le dispositif prévoit une révision des loyers basée sur les prix du marché, tout en conservant un plafond pour éviter des augmentations excessives. Dans certains cas jugés satisfaisants, la durée peut être prolongée. L’ensemble vise à offrir une transition souple entre location et propriété, tout en maintenant la stabilité financière de la National Housing Development Company (NHDC). Ce scheme représente une réponse adaptée aux ménages fragilisés financièrement mais désireux d’accéder à un logement durable.

?Vers un accès élargi

Pour compléter ce dispositif, le ministère a également revu les critères d’accès, notamment le seuil de revenu maximal. Celui-ci passe de Rs 40 000 à Rs 48 000, afin de mieux refléter l’évolution du coût de la vie et la pression financière que subissent de nombreux foyers.

Par ailleurs, une réflexion est en cours pour intégrer également les ménages dits de middle income, gagnant entre Rs 48 000 et Rs 100 000. Cette catégorie se trouve dans une zone grise : trop «riche» pour les programmes sociaux traditionnels, trop «pauvre» pour accéder au marché privé.

Le mandat donné à la NHDC pour élaborer de nouvelles politiques spécifiques à cette tranche témoigne d’une volonté d’équilibrer l’offre et d’éviter que cette population ne soit durablement exclue de solutions de logement abordables.

Au-delà de la construction et de l’accès, la question de la maintenance occupe une place centrale. Le National Syndic Scheme bénéficie cette année d’un budget supérieur, passant de Rs 19 millions à Rs 40 millions. L’objectif est d’améliorer l’entretien des logements sociaux en copropriété, un domaine où plusieurs lacunes ont été constatées. Environ 50% des dépenses des syndics sont absorbées par des frais administratifs, tandis que la contribution des résidents demeure faible, autour de 15%.

Pour remédier à cette situation, le ministère et la NHDC travaillent sur un nouveau mécanisme visant un meilleur contrôle des dépenses et un suivi plus rigoureux des opérations de maintenance. Cette approche reconnaît que la durabilité d’un projet de logement ne dépend pas uniquement de sa construction, mais aussi de la qualité de sa gestion quotidienne.

Le ministère mène également un important travail de terrain concernant les squatteurs. Des études et surveys sont effectués dans chaque district pour évaluer la situation, comprendre les besoins réels et proposer des solutions adaptées. À Singamanie, dans la région de Bois-Marchand, certains occupants devraient être régularisés. D’autres visites dans diverses régions permettront de compléter ce diagnostic national. L’objectif est d’allier rigueur, humanité et pragmatisme, en évitant des décisions fragmentées qui pourraient amplifier les tensions sociales ou créer de nouvelles zones d’occupation irrégulière.

Enfin, le ministère se penche sur de nouveaux modèles d’intervention pour accélérer la réalisation des projets. La révision du Roof Slab Scheme, notamment pour les personnes ayant déjà bénéficié du dispositif mais toujours exclues de programmes de logement, fait partie des pistes envisagées. Le recours aux partenariats public-privé via des concepts comme Finance, Design and Build est également à l’étude. Cette approche permettrait de combiner financement, conception et construction dans un processus plus intégré, afin de réduire les délais et d’optimiser les ressources. Toutefois, sa mise en œuvre nécessitera un cadre solide pour garantir la transparence, la qualité et le respect des échéances.

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