Publicité

Traite des êtres humains

Un combat collectif s’organise

29 août 2025, 18:06

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Un combat collectif s’organise

Le 25 juillet, l’organisation non gouvernementale (ONG) Passerelle, en collaboration avec ses partenaires institutionnels, a sensibilisé les Mauriciens sur la traite des êtres humains dans le pays. Bien que ce sujet soit encore méconnu, il suscite toutefois une vive inquiétude chez les ONG et les autorités.

La traite des êtres humains est définie par les Nations unies comme étant «le processus par lequel des personnes sont placées ou maintenues en situation d’exploitation à des fins économiques». Le chef inspecteur Shehzad Nazeerally, de la Combating of Trafficking In Persons Unit de la police, souligne que «le travail forcé et l’exploitation sexuelle» sont les formes les plus fréquentes de traite des êtres humains dans l’île.

En se basant sur les données dont il dispose, il a expliqué qu’avec la possibilité pour les étrangers de travailler à Maurice, «certains parmi eux arrivent avec un visa de touriste dans l’espoir de trouver un emploi. Ils dépassent la durée légale de leur séjour et sont ensuite employés illégalement. Nombre d’entre eux sont exploités en raison de leur statut irrégulier et demeurent vulnérables car ils craignent une arrestation ou une expulsion par la police. Ils sont souvent menacés, contraints de travailler de longues heures, sans rémunération décente ni logement adéquat».

Selon Mélanie ValèreCicéron, présidente de Passerelle et cheffe de projets à DIS-MOI, «le manque d’éducation, particulièrement chez les filles, la pauvreté et le manque d’opportunités économiques dans leur pays d’origine poussent les gens à accepter des offres d’emploi à l’étranger sans s’assurer du cadre légal des offres».

?Femmes et enfants : Les premières cibles 130425_melanie (1).jpgMélanie Valère Cicéron, présidente de Passerelle et cheffe de projets à DIS-MOI.

Mélanie Valère-Cicéron affirme que les victimes de la traite des personnes dans le pays sont majoritairement «des femmes migrantes, originaires des pays voisins, particulièrement de Madagascar, âgées entre 20 et 35 ans, issues de milieux socio-économiques précaires».

Cependant, elle s’inquiète aussi pour «les enfants mauriciens, victimes de mendicité forcée, qui peuvent aussi être victimes d’exploitations multiples, de même que pour ces jeunes qui vivant des situations de grande pauvreté ou qui sont exposés à la violence courent le risque d’être recrutés à des fins d’exploitation sexuelle».

?Univers’Elles : un refuge pionnier dans la région

Face à l’urgence et à la gravité des situations rencontrées, les ONG Passerelle et DIS-MOI ont créé Univers’Elles, un centre d’accueil et de reconstruction unique dans la région. En sus de cet abri, Mélanie ValèreCicéron souligne que les services proposés aux victimes incluent «un accompagnement psychosocial, un suivi médical, des formations professionnelles pour faciliter leur réinsertion dans leurs pays d’origine et une assistance légale pour les enquêtes où elles sont appelées à témoigner en cour».

Le centre travaille en étroite collaboration avec des partenaires clés, notamment la Combating of Trafficking in Persons Unit de la police, le bureau de l’Ombudsperson for Children, la Commission des droits humains, le bureau du Directeur des poursuites publiques et l’Organisation internationale pour les migrations.

?Reconnaître les signes de la traite : Un devoir de vigilance images (2) (1).jpgLe chef inspecteur Shehzad Nazeerally, de la «Combating of Trafficking In Persons Unit» de la police.

Le chef inspecteur Nazeerally estime «qu’il est essentiel de reconnaître les indicateurs de la traite des êtres humains pour mieux détecter les victimes. Parmi ces signes, il y a la confiscation des documents d’identité, de longues heures de travail sans repos, l’absence de contrat de travail, des blessures physiques (par exemple des brûlures de cigarette), l’isolement social, un salaire dérisoire, la privation de la liberté, la scolarisation interrompue ou le travail sous contrainte lié à une dette. Par exemple, une fille de 13 ans, non scolarisée, errant dans la rue, vivant sans ses parents et portant des blessures suspectes, peut être en danger. Ces signaux doivent alerter : elle a peut-être besoin d’aide, de protection et de soutien.»

?Que faire si une personne est victime ou témoin ?

Le chef inspecteur Nazeerally explique qu’une victime ou un témoin d’un cas de traite peut :

• Appeler le 148, qui est gratuit et anonyme.

• La victime peut se rendre directement au poste de police.

• Par le biais de lettres anonymes (lanceurs d’alerte) adressée à la police.

• Au niveau du Central Crime Investigation Department (affaires complexes): 208 0868 ou [email protected]

• Par l’intermédiaire de l’ambassade (pour les étrangers).

• Par courriel adressé au commissaire de police à travers la Police Information and Operations Room : [email protected]

Publicité