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Formation des médecins spécialistes

Un collectif met en garde contre un risque pour la qualité des soins

20 juillet 2026, 16:00

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Un collectif met en garde contre un risque pour la qualité des soins

Photo d'illustration.

Un collectif de médecins et de professionnels de santé appelle les autorités à suspendre tout déploiement précipité de programmes de formation postgraduée de médecins spécialistes à Maurice, estimant que le pays ne dispose pas encore des structures académiques et hospitalières nécessaires pour garantir une formation conforme aux standards internationaux.

Dans un document de réflexion, les auteurs rappellent que l’objectif de développer localement la formation des spécialistes est «légitime» afin de renforcer l’autonomie du système de santé mauricien. Ils estiment toutefois que cette ambition doit s’appuyer sur un véritable écosystème hospitalo-universitaire, comprenant notamment une faculté de médecine structurée, un centre hospitalier universitaire, des enseignants accrédités, des activités de recherche clinique et des mécanismes indépendants d’évaluation des compétences.

Selon eux, la formation d’un médecin spécialiste ne peut se limiter à un enseignement théorique ou à une expérience hospitalière. Elle suppose une exposition à un volume suffisant de cas complexes, une supervision quotidienne par des spécialistes expérimentés, ainsi que des audits cliniques, des travaux de recherche et une évaluation continue des compétences. Or, ces conditions ne seraient pas réunies à Maurice.

Le document cite également les précédents partenariats conclus avec les universités de Bordeaux et de La Réunion pour la formation en anesthésiologie et en radiologie. Ces programmes prévoyaient qu’une partie importante du cursus soit effectuée dans des centres hospitaliers universitaires français, après une évaluation préalable des capacités locales de formation par des experts étrangers. Les auteurs s’interrogent sur les raisons qui conduiraient aujourd’hui à abandonner ces précautions.

Ils mettent aussi en avant le manque de consultation de la profession médicale et craignent qu’une logique économique ne prenne le pas sur les exigences académiques. Selon eux, la multiplication des programmes de spécialisation ne doit pas répondre avant tout à une logique de revenus ou de délivrance de diplômes, mais à l’objectif de garantir la sécurité des patients.

Le collectif appelle le gouvernement à organiser une évaluation indépendante et internationale des capacités de formation du pays avant toute mise en œuvre de nouveaux programmes. Il plaide également pour un débat national associant les associations médicales, les universitaires et les organismes de réglementation, afin de définir des critères transparents d’accréditation des formateurs, des établissements et des cursus. Selon les auteurs, les décisions prises aujourd’hui auront des conséquences durables sur la qualité des soins et sur l’avenir de la médecine mauricienne.

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