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Drame à Sainte-Croix
Un an après la mort du petit Adam, le cri du cœur d’un père révolté
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Drame à Sainte-Croix
Un an après la mort du petit Adam, le cri du cœur d’un père révolté
■ Le petit Adam avec ses parents.
Un an après la tragédie survenue dans la cour de l’église père Laval, à Sainte-Croix, Warren Attiave, le père du petit Adam, dénonce une négligence qui a mené au décès de son fils. Malgré les excuses de l’Église et une enquête toujours en cours, les parents restent inconsolables. Ils se remémorent souvent de bons moments passés avec leur fils en publiant ses photos sur les réseaux sociaux. Pour eux, la vie de leur fils est irremplaçable.
Le 16 août 2024, une journée ordinaire vire au cauchemar dans la cour de l’église père Laval à Sainte Croix. Le petit Adam Attiave, âgé de deux ans et demi, s’y est rendu en compagnie de sa grand-mère, ainsi que de ses cousins et cousines – aujourd’hui encore traumatisés par ce qu’ils ont vécu. Alors qu’ils se trouvaient dans la cour de l’église, une barrière métallique non sécurisée s’effondre sur Adam. Le choc est violent. Transporté d’urgence à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, Adam succombe à ses blessures quatre jours plus tard, le 20 août. L’autopsie révélera une fracture du crâne.
Ce jour-là, la grandmère d’Adam, une femme profondément croyante et très pratiquante, s’est rendue à l’église Père Laval – celle-là même où elle s’était mariée – avec ses petits-enfants, pour un moment de prière et de recueillement. Un lieu qu’elle connaît par cœur, un lieu sacré où le danger semblait inexistant. Pourtant, ce lieu de foi s’est transformé en scène de drame à cause d’une négligence impensable : une barrière métallique non sécurisée s’est effondrée sur le petit Adam Attiave, le blessant grièvement. Ce qui devait être une simple visite de prière s’est mué en cauchemar irréparable. «Parti trop tôt», «Trop jeune pour nous quitter», «Une étoile dans le ciel», «Un ange au paradis»… Une pluie de messages bouleversants inonde alors les réseaux sociaux.
Depuis, Warren Attiave, le père d’Adam, mène un combat acharné pour que justice soit rendue à son fils. Ce qu’il dénonce : une négligence flagrante, prévisible et évitable. «Ce n’est pas un accident. C’est une négligence. On m’a enlevé un enfant en bonne santé, plein de vie. Cela ne devait pas se produire. Cette barrière n’était pas à sa place.» Dans un témoignage empreint de douleur, il nous confie qu’au lendemain du drame, la barrière était toujours présente sur les lieux : «Au lendemain de ce cauchemar, la barrière était toujours présente. Ils n’ont même pas pris l’initiative de l’enlever alors qu’il y a tous les jours des enfants qui fréquentent cet endroit.» D’ajouter : «C’est la justice que je cherche, pas une quête.»
Un an après les faits, le père d’Adam ne constate aucune amélioration significative de la sécurité dans les lieux de culte. «Depuis le drame, tout ce que j’ai vu, ce sont des panneaux indiquant que l’église décline toute responsabilité en cas d’accident ou de décès. C’est ça, leur solution ? Mettre un avertissement au lieu de protéger les fidèles ? Est-ce qu’on doit maintenant craindre pour la sécurité de nos enfants dans un lieu de prière ?» Warren Attiave ne mâche pas ses mots. Brisé, il parle avec le cœur d’un père meurtri : «Les pasteurs ne peuvent pas comprendre ce que je ressens. Ils n’ont pas d’enfants. Ils ne savent pas ce que c’est que de perdre un enfant… Cette douleur insupportable, cette absence qui vous ronge. Et surtout, ils ne peuvent pas mesurer l’amour immense que je portais – et que je porterai toujours – à mon petit Adam.»
Une enquête policière est toujours en cours afin d’établir les causes exactes du drame qui a coûté la vie au petit Adam. De son côté, l’Église a présenté ses condoléances officielles à la famille. Mais pour Warren Attiave, cela ne suffit pas. Rien ne peut apaiser la douleur ni la colère d’un père brisé, tant que justice n’a pas été rendue. «Les mots ne ramèneront pas mon fils. Ce que j’attends, ce sont des actes concrets pour que plus jamais un enfant ne meure ainsi.» Il déplore : «Ce drame était évitable. Il y a eu négligence. Et aujourd’hui, il ne me reste que les cendres de mon enfant, enfermées dans une boîte.»
Au-delà de sa douleur de père, Warren Attiave transforme sa peine en combat. Il refuse que la mort de son fils Adam reste sans suite ni leçon. Ce qu’il réclame, c’est une prise de conscience collective, une vraie réflexion sur les responsabilités des institutions – y compris religieuses – envers la sécurité des enfants. «Ce n’est pas seulement pour Adam que je me bats. C’est pour tous les enfants. Pour que plus jamais un drame pareil ne se reproduise, dans aucun lieu, et surtout pas dans un lieu de foi.» Il regrette : «Certains disent qu’un enfant peut être remplacé… Mais un enfant, ce n’est pas un meuble qu’on change ni une page qu’on tourne. Adam, c’était mon fils, mon sang, ma vie. On ne remplace pas un être qu’on a aimé plus que tout. Il est unique, irremplaçable. Et ceux qui n’ont jamais perdu un enfant ne comprendront jamais ce vide.»
Le petit Adam repose désormais en paix. Mais son nom, lui, demeure à jamais gravé dans le cœur d’un père brisé…
Hommage
Une marche pacifique samedi 16 août
Pour honorer sa mémoire, les parents d’Adam organiseront une marche pacifique le samedi 16 août à 12 h 30. Le départ aura lieu en face de la station de police d’Abercrombie et la marche prendra fin à l’église Père Laval.
Cette marche est un hommage à Adam, mais aussi à tous les enfants partis trop tôt. C’est un appel à la justice, à la conscience collective et à la sécurité pour tous les enfants. «Nous invitons tout le monde à se joindre à nous : famille, amis, collègues, voisins, parents, enfants. Mais aussi toutes celles et tous ceux qui nous ont soutenus, de près ou de loin, par leurs paroles, leurs prières, leur compassion ou leur simple présence. Vous faites partie de ce combat», conclut Warren Attiave.
L’église se dit consciente de cette souffrance
?Le père Georgy Kenny, vicaire général, a réagi : «Cela fait un an que le petit Adam est mort dans des circonstances tragiques à Sainte-Croix. Nous sommes touchés par la souffrance que les parents d’Adam vivent, et nous sommes conscients que nous ne pourrons jamais assez mesurer l’ampleur de la souffrance que cette famille porte depuis ce drame. Mgr Jean Michaël Durhône est en contact avec les parents, les assurant de sa proximité et de son soutien. L’Église témoigne de sa solidarité avec la famille dans sa douleur et les confie, ainsi que le petit Adam, à la tendresse de Dieu.»
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