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Conflit au Moyen-Orient
Télétravail dans la fonction publique : Un revirement éclair qui fait grincer des dents
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Conflit au Moyen-Orient
Télétravail dans la fonction publique : Un revirement éclair qui fait grincer des dents
■ Télétravail annulé en quelques heures, un revirement du ministère de la Fonction publique qui soulève des interrogations sur la gestion et la communication des réformes.
À peine annoncées, déjà retirées. Les mesures visant à instaurer le télétravail et des horaires flexibles dans la fonction publique n’auront tenu que quelques heures. Dans une circulaire émise le 5 mai, le ministère de la Fonction publique présentait pourtant un plan structuré pour faire face aux répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient, avec l’objectif de réduire la consommation de carburant et d’énergie. Mais dans un second communiqué, publié hier, ces dispositions ont été annulées avec effet immédiat, plongeant les fonctionnaires dans l’incompréhension.
Le dispositif initial reposait sur la généralisation du télétravail et l’introduction d’horaires flexibles. Les responsables des ministères et départements avaient été appelés à identifier rapidement les postes compatibles avec le travail à distance, notamment au niveau des cadres. L’ambition était de limiter les déplacements tout en maintenant la productivité et la continuité des services publics.
Des formules hybrides étaient également envisagées pour les fonctions ne pouvant être exercées entièrement à distance, tandis que des plages horaires flexibles devaient être mises en place pour les services en contact direct avec le public. Un encadrement strict était prévu afin d’éviter toute perturbation dans le fonctionnement administratif.
Mais ce virage organisationnel a été brusquement stoppé. Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir le mouvement syndical. Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress, dénonce une gestion pour le moins incohérente. «Comment se fait-il que l’on émette une circulaire un jour pour l’annuler le lendemain?», s’interroge-t-il. Selon lui, une telle volte-face fragilise la crédibilité des institutions et crée un climat de confusion.
Le syndicaliste estime également que les fonctionnaires ont été «induits en erreur» par cette communication contradictoire. Tout en reconnaissant la nécessité de prendre des mesures face à la crise énergétique, il insiste sur l’importance du dialogue en amont. «Il fallait rencontrer les syndicats. Il y a plusieurs facteurs à prendre en considération, notamment la continuité du service public», souligne-t-il.
Il évoque la possibilité d’instaurer un système de rotation afin de concilier télétravail et présence dans les bureaux. Plus incisif, Haniff Peerun va jusqu’à réclamer des éclaircissements sur les circonstances ayant conduit à ce revirement. «Il faut nous expliquer pourquoi cette circulaire a été émise pour être retirée quelques heures plus tard. Une enquête s’impose», lance-t-il, évoquant un «désaveu» des autorités.
Du côté de la National Trade Unions Confederation, son président, Narendranath Gopee partage ce constat d’incompréhension. «On prend des décisions en journée et on les retire quelques heures après. Le service civil ne peut pas fonctionner ainsi», affirme-t-il. Pour lui, cette situation soulève des questions sur le processus décisionnel au ministère. «Une fois qu’une circulaire est signée, elle engage la responsabilité de ceux qui l’émettent», rappelle-t-il. Le syndicaliste estime que la première circulaire n’était pas une décision prise à la légère. «Cela met le service civil au banc des accusés et alimente les critiques sur son fonctionnement», déplore-t-il, appelant à plus de rigueur dans la gestion des affaires publiques.
Ce revirement intervient pourtant dans un contexte où les enjeux énergétiques restent pressants, avec une hausse continue des prix des produits pétroliers. Si les mesures proposées pouvaient répondre à une nécessité conjoncturelle, leur retrait soudain met en lumière les difficultés à concilier réactivité et concertation. Au final, cet épisode relance le débat sur la gouvernance au sein de la fonction publique. Entre nécessité d’agir rapidement et impératif de dialogue social, le gouvernement devra désormais clarifier sa position.
Après le retrait du communiqué : Le ministre Raj Pentiah dénonce un manque de concertation

Le ministre de la Fonction publique, Raj Pentiah, a pris ses distances par rapport aux mesures annoncées, puis retirées en urgence, affirmant ne pas avoir été consulté en amont. Intervenant sur une radio privée, il a insisté sur l’absence de décision politique formelle (policy decision), rappelant qu’aucune initiative d’une telle envergure ne peut être prise sans discussions préalables au niveau ministériel et une validation collective en Conseil des ministres. «Personne ne peut prendre une décision de cette envergure sans qu’elle ne soit discutée, éclaircie et agréée», at-il souligné, évoquant un processus démocratique et concerté qui n’aurait pas été respecté. Face aux zones d’ombre entourant le communiqué, celui-ci a été retiré avec effet immédiat. Le ministre estime que le signataire du document doit «assumer ses responsabilités» et présenter des excuses. Toutefois, il privilégie une approche collective plutôt que punitive, insistant sur la nécessité de consultations en cas de mesures liées aux crises internationales.
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