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Cargo Handling Corporation Ltd
Soupçons de malversations, la FCC saisie et le PMO informé
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Cargo Handling Corporation Ltd
Soupçons de malversations, la FCC saisie et le PMO informé
■ Des dénonciations concernant la CHCL ont atterri à la FCC.
Des dénonciations faisant état de présumées malversations, d’abus de pouvoir et de graves irrégularités administratives au sein de la Cargo Handling Corporation Ltd (CHCL) ont atterri à la Financial Crimes Commission (FCC). Plusieurs correspondances mettent en cause la gestion de cette entreprise stratégique, particulièrement au niveau du département de maintenance. Heures supplémentaires exorbitantes, procédures d’achat contestées, nominations controversées et utilisation présumée abusive des ressources de la compagnie, les accusations sont nombreuses. Le Prime Minister’s Office (PMO) a également été informé de cette affaire, selon une correspondance émanant de ses services. Désormais, les regards se tournent vers la FCC pour déterminer les suites à donner à ces signalements. Par ailleurs, à la CHCL, on se demande pourquoi aucune action n’a été prise concernant ces malversations.
La CHCL se retrouve au cœur d’une série de dénonciations susceptibles de soulever de sérieuses questions sur sa gouvernance et la gestion de ses ressources financières. Trois correspondances successives, dont la première remonte au 9 mars 2026, font état de pratiques présumées irrégulières impliquant plusieurs niveaux de responsabilité au sein de l’entreprise. Ces dénonciations, transmises notamment à la FCC, évoquent un système de favoritisme, des dépenses difficilement justifiables et de possibles contournements des procédures administratives. Le département de maintenance, chargé notamment de l’entretien des équipements portuaires, occupe une place centrale dans cette affaire. Les accusations visent également certaines décisions prises au niveau de la direction, notamment concernant les recrutements, les mutations et l’attribution de travaux.
L’un des aspects les plus troublants concerne les dépenses consacrées aux heures supplémentaires. Les informations communiquées aux autorités font état de montants particulièrement élevés, atteignant près de Rs 2,5 millions pour le seul département de maintenance en janvier 2026, soit plus de 81 % de sa masse salariale de base. Certains employés auraient même perçu des rémunérations supplémentaires représentant entre 130 % et 190 % de leur salaire mensuel. Un cas particulièrement significatif concerne un salarié dont les heures supplémentaires ont dépassé Rs 56 000 en un mois, alors que son salaire de base avoisinait Rs 50 000. Entre août 2025 et mars 2026, ce même employé aurait travaillé 30 dimanches, percevant près de Rs 200 000 pour ces journées. Ces chiffres alimentent les interrogations sur les critères d’attribution de ces prestations, leur nécessité réelle et les contrôles exercés avant leur paiement.
De multiples zones d’ombre
Les dénonciations font également état de certaines heures supplémentaires qui auraient été consacrées à des activités telles que le jardinage, le désherbage, la peinture et le nettoyage, alors que les ateliers sont principalement chargés de la maintenance des équipements portuaires. Des questions sont aussi posées sur les modalités de compensation des heures de travail, certaines régularisations ayant été effectuées plusieurs semaines, voire plusieurs mois, après les périodes concernées. Des incohérences entre les heures compensées et les paiements supplémentaires suscitent également des interrogations. La direction technique a toutefois avancé plusieurs explications, notamment le manque de personnel qualifié, l’absentéisme, le vieillissement des équipements et les nombreuses interventions urgentes nécessaires au fonctionnement des opérations portuaires. Reste à déterminer si l’ensemble des dépenses engagées répondait effectivement aux besoins opérationnels de la compagnie.
Les procédures d’approvisionnement constituent un autre volet sensible. Plusieurs opérations liées à des travaux de rénovation et de maintenance soulèvent des questions quant au respect des règles internes. L’achat de bois destiné à la rénovation d’un escalier au siège de la compagnie, pour un montant supérieur à Rs 185 000, figure notamment parmi les transactions concernées. Les démarches auprès des fournisseurs auraient été engagées avant l’approbation formelle de la demande d’achat, tandis que certaines étapes auraient été directement prises en charge par le département de maintenance plutôt que par le service responsable des acquisitions. Les dénonciations vont plus loin en évoquant un possible détournement de matériaux destinés à l’entreprise vers des propriétés privées. Cette dernière accusation demeure toutefois à vérifier, aucun élément disponible ne permettant d’établir qu’un tel détournement a effectivement eu lieu.
D’autres questions concernent l’attribution de travaux à des prestataires externes. Selon les dénonciations, certaines interventions auraient été autorisées verbalement, sans respecter l’ensemble des procédures administratives applicables. Des devis auraient également été produits après l’exécution de travaux, avec des soupçons de modifications de dates destinées à régulariser les dossiers. Une intervention sur la pompe à carburant d’un équipement portuaire est particulièrement évoquée. Des questions se posent sur les autorisations accordées, les conditions de facturation et les mécanismes de vérification des prestations. Ces éléments pourraient nécessiter un examen approfondi des commandes, des factures, des autorisations et des paiements afin de déterminer si des irrégularités ont été commises et, le cas échéant, d’en établir les responsabilités.
La gestion des équipements portuaires est également pointée du doigt. Un engin de manutention de type reach stacker serait resté immobilisé pendant une période prolongée, malgré plusieurs interventions et l’acquisition de pièces de rechange. Deux pompes hydrauliques représentant près de Rs 794 000 auraient notamment été achetées dans le cadre des réparations. Cette situation soulève des questions sur la planification des interventions, les délais d’approvisionnement et l’efficacité du suivi technique. Parallèlement, les dénonciations font état de mouvements controversés de matériaux métalliques usagés, qui auraient été évacués des installations de la compagnie à bord d’un camion privé. Les circonstances de ces opérations, les autorisations délivrées et le respect des procédures de disposition des biens de l’entreprise constituent autant de points nécessitant des éclaircissements.
Les ressources humaines
Au-delà des dépenses, les accusations concernent également la gestion des ressources humaines. Les conditions de recrutement de certains responsables, les qualifications exigées pour des fonctions techniques et plusieurs mutations internes sont remises en question. Les dénonciateurs soupçonnent des interventions hiérarchiques et des traitements préférentiels ayant pu favoriser certains employés. Ils réclament notamment que les procédures de nomination, les dossiers administratifs et les critères de sélection soient examinés afin de vérifier leur conformité aux règles de la compagnie. Des allégations de protections politiques sont également formulées, mais elles ne peuvent être considérées comme établies en l’absence d’éléments indépendants permettant de les corroborer.
La transmission de ces dénonciations à la FCC donne désormais une autre dimension à cette affaire et le PMO a également été informé de la situation, selon une correspondance émanant de ses services. Les accusations formulées nécessitent toutefois d’être distinguées des irrégularités administratives susceptibles d’être documentées, car un manquement aux procédures ne constitue pas automatiquement une infraction pénale. À ce stade, aucune conclusion sur d’éventuelles responsabilités individuelles ne peut être tirée des seuls éléments disponibles.
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