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Rosheen Ngorima : «Le réseautage doit déboucher sur des opportunités d’affaires»

12 octobre 2026, 17:00

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Rosheen Ngorima : «Le réseautage doit déboucher sur des opportunités d’affaires»

Rosheen Ngorima, fondatrice et présidente de Female Founders Initiative Global.

Le réseautage ne suffit plus. Pour Rosheen Ngorima, fondatrice de Female Founders Initiative Global, les femmes entrepreneures doivent pouvoir accéder au capital, aux marchés et aux décideurs pour développer leurs activités. À Maurice, à l’occasion du SHE-EO Leadership Bootcamp 2026, prévu du 22 au 24 octobre à l’hôtel Holiday Inn, à Plaine Magnien, elle entend faire du pays une passerelle vers les opportunités internationales et transformer les connexions professionnelles en leviers de croissance.

Pourquoi avoir choisi Maurice pour le SHE-EO Leadership Bootcamp 2026 et quelle place le pays peut-il occuper dans votre réseau mondial ?

Le choix de Maurice est le fruit d’une réflexion stratégique. Nous ne considérons pas uniquement le pays comme une île, mais comme un point de connexion entre l’Afrique, l’Asie et le reste du monde.

Female Founders Initiative Global (FFIG) cherche à bâtir un réseau international de femmes entrepreneures, et Maurice correspond pleinement à cette ambition. Le pays compte également une communauté dynamique de femmes d’affaires qui gagnerait à être davantage exposée aux opportunités internationales.

Le SHE-EO Leadership Bootcamp permettra de réunir à Maurice des entrepreneures issues de différents pays, secteurs et horizons. Notre ambition est que le pays ne soit pas seulement un lieu d’accueil pour cet événement, mais qu’il occupe une place à part entière dans l’écosystème mondial de FFIG.

Les conférences favorisent les rencontres professionnelles, mais celles-ci débouchent rarement sur des résultats concrets à long terme. Comment SHE-EO entend-il transformer le réseautage en véritables opportunités d’affaires ?

C’est un enjeu qui me tient particulièrement à cœur. Je ne veux pas que les femmes participent à SHE-EO, échangent leurs coordonnées, prennent des photos, puis repartent sans retombées concrètes. Le réseautage doit déboucher sur des opportunités d’affaires.

Nous réunissons des entrepreneures, des investisseurs, des dirigeants d’entreprise, des décideurs et des acteurs de différents marchés. L’objectif est de favoriser des échanges susceptibles d’aboutir à des investissements, des partenariats, des accords de distribution, des contrats publics, l’accès à de nouveaux marchés ou encore des collaborations internationales.

Notre travail ne s’arrête toutefois pas à la fin de l’événement. Grâce à FFIG, les participantes peuvent intégrer un réseau plus large au sein duquel nous continuons à faciliter les mises en relation et à favoriser l’émergence de nouvelles opportunités.

Notre devise est simple : «nous ne sommes pas en compétition, nous collaborons.» Pour moi, le succès de SHE-EO se mesurera notamment à sa capacité à créer des relations qui perdurent au-delà de l’événement. Si deux femmes se rencontrent à Maurice et font des affaires ensemble six mois plus tard, alors nous aurons atteint notre objectif.

Que peut concrètement faire FFIG pour une entrepreneure mauricienne qui peine à obtenir des financements ?

Le financement est essentiel, mais les entreprises doivent aussi être préparées à accueillir des capitaux. Nous accompagnons les entrepreneures dans cette démarche en travaillant sur leurs données financières, leur gouvernance, leur modèle d’affaires et leur potentiel de croissance, tout en les aidant à mieux comprendre les attentes des investisseurs.

Toutefois, cette préparation doit s’accompagner de possibilités concrètes de financement. C’est dans cette optique que nous avons créé le FFIG Women Entrepreneurs Fund, qui vise à identifier les entreprises à fort potentiel et à les mettre en relation avec des investisseurs capables de soutenir leur développement.

Les femmes entrepreneures mauriciennes doivent-elles envisager les marchés internationaux dès le lancement de leur entreprise ?

Absolument. La taille relativement réduite du marché mauricien ne doit pas limiter les ambitions des entrepreneures. Grâce à la technologie, une entreprise créée à Maurice peut désormais servir des clients à Johannesburg, Dubaï, Nairobi, Singapour ou Londres.

Il est donc important d’anticiper dès le départ le potentiel d’exportation de ses produits et services. Les débouchés concernent notamment le tourisme et l’hôtellerie, les services financiers et professionnels, la technologie, l’agro-industrie, l’économie bleue, la beauté et le bien-être, les industries créatives ou encore certaines activités manufacturières spécialisées.

Les femmes entrepreneures ont-elles davantage besoin de visibilité ou d’un meilleur accès au capital, aux marchés et aux décideurs ?

Les femmes entrepreneures ont besoin à la fois de visibilité et d’un meilleur accès au capital, aux marchés et aux décideurs. Mais cette visibilité doit se traduire par des retombées économiques, en leur permettant notamment d’attirer des investisseurs, de trouver des clients et de nouer des partenariats internationaux.

Être connue ne suffit toutefois pas. Les entrepreneures doivent aussi pouvoir accéder aux réseaux où se négocient les contrats, se nouent les partenariats et se décident les investissements.

L’enjeu n’est donc pas seulement de valoriser leur talent ou leurs idées, mais de leur donner les moyens de développer leurs activités.

Maurice pourrait-elle devenir un hub régional de FFIG et une porte d’entrée vers les marchés internationaux pour les femmes entrepreneures ?

Oui, je le crois sincèrement. Grâce à son secteur des services financiers, à sa connectivité internationale et à son environnement d’affaires, Maurice a le potentiel de servir de passerelle aux entrepreneures africaines souhaitant accéder aux marchés internationaux.

Notre ambition ne se limite pas au SHE-EO Leadership Bootcamp. Nous voulons développer une communauté locale, nouer des partenariats stratégiques et faciliter les liens entre les entrepreneures mauriciennes et notre réseau international.

Pour FFIG, la consolidation de ces liens pourrait faire de Maurice un point d’ancrage important de sa stratégie régionale et internationale.

À partir de votre propre parcours entrepreneurial, quel est le principal obstacle que vous souhaitez lever pour la prochaine génération de femmes entrepreneures ?

S’il fallait résumer cet obstacle en un mot, ce serait l’accès.

J’ai moi-même créé des entreprises et je sais que l’ambition, le travail et un modèle d’affaires solide ne suffisent pas toujours. Sans les bons contacts, il peut être difficile de rencontrer des investisseurs, d’accéder aux décideurs ou de trouver des débouchés sur de nouveaux marchés. Certaines opportunités restent même méconnues.

La prochaine génération ne devrait pas avoir à consacrer des années à franchir ces barrières. C’est l’une des raisons qui m’ont poussée à créer Female Founders Initiative Global (FFIG).

Je veux qu’une entrepreneure, qu’elle soit à Maurice, au Zimbabwe, en Afrique du Sud, aux Émirats arabes unis, au Ghana ou au Pakistan, puisse développer son activité localement tout en bénéficiant d’un réseau international.

L’enjeu est de corriger les inégalités d’accès aux réseaux, aux marchés et aux financements, afin que les femmes disposent des mêmes possibilités de développer leurs entreprises.

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