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Compensation salariale
Rs 1 792, propose la GWF après calculs
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Compensation salariale
Rs 1 792, propose la GWF après calculs
Photo d'illustration.
Le président de la General Workers Federation (GWF), Clency Bibi, annonce la couleur : la fédération présentera ses chiffres au ministère du Travail «uniquement sur des bases rigoureuses et transparentes», après avoir obtenu les éclaircissements nécessaires. «Il n’était pas correct de soumettre des données sans réunion technique préalable.» La GWF a adressé au ministre concerné «une douzaine de questions», obtenant ces derniers jours les éléments requis pour finaliser ses calculs.
Elle dénonce le flou persistant autour du salaire minimum garanti. L’an dernier, les travailleurs les plus vulnérables n’ont reçu aucune augmentation effective en raison de la déduction automatique de Rs 610, opérée par la Mauritius Revenue Authority. «Combien d’argent est resté dans les caisses ? Qui a donné l’instruction ?» interroge Clency Bibi, rappelant que cette réduction est intervenue dès janvier 2025, bien avant que le vote du Budget 2025-2026.
«Nous ne participerons à aucun forum visant à diminuer les salaires des travailleurs», prévientil, alors que le Premier ministre a évoqué, dans son discours budgétaire, un mécanisme alternatif pour ceux touchant moins de Rs 20 000. La GWF demande également des comptes sur les contributions versées à la Contribution Sociale Généralisée alors que la caisse reste officiellement «vide» depuis novembre 2024. Elle rappelle que la plateforme CSG Solidarité avait proposé un Workers’ Programme, validé politiquement et inscrit dans le manifeste électoral.
La GWF fonde sa proposition sur les données de Statistics Mauritius et le dernier State of the Economy. La dévaluation de 46 % de la roupie bouleverse tous les repères. «Rs 50,000 n’a plus la même valeur. Aujourd’hui, cela équivaut à Rs 73000», soutient Clency Bibi. Selon lui, les seuils de calcul prévus dans le Workers’ Rights Act sont également devenus caducs. Le syndicat rejette les 3,7 % d’inflation annoncés par Statistics Mauritius tandis que la Banque de Maurice évoque 4,1 %, un chiffre jugé plus cohérent avec la hausse du coût de la vie.
Deux scénarios de compensation émergent : Rs 1 792, si l’ajustement se base sur le panier ménager ou Rs 1 783 s’il se base sur le salaire moyen (Rs 43 488). La GWF soumettra officiellement le chiffre de Rs 1792.
Ashvin Gudday, négociateur de la fédération, a rappelé que la crise actuelle du pouvoir d’achat ne résulte pas uniquement de l’inflation mais aussi d’une dépendance extrême aux importations, qui représentent plus de 75 % de ce que consomme la population.
Le syndicaliste dénonce l’abandon des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et des familles vulnérables. Il cite l’accès difficile aux médicaments, les lacunes des services hospitaliers et l’insuffisance des dispositifs de transport spécialisé.
Il appelle à une véritable accountability de l’État. «On dit que la caisse est vide. Mais où sont les rapports ? Où en est la résilience du pays?»
Ashvin Gudday pointe également la responsabilité du secteur privé, rappelant qu’au plus fort de la pandémie du Covid-19, Rs 25 milliards ont été versées pour soutenir les entreprises. «Et aujourd’hui, il reste plus de Rs 23 milliards dans les caisses du secteur privé. Les 100 compagnies les plus profitables doivent contribuer davantage.»
La GWF estime qu’une augmentation salariale doit s’accompagner d’un contrôle des marges de profit, d’un contrôle des prix et d’une action ferme de la Banque de Maurice pour stabiliser la roupie.
Il rappelle que les petites et moyennes entreprises auront besoin d’un soutien ciblé mais affirme que le secteur privé, «dans son ensemble», dispose de suffisamment de facilités financières. Devianand Narain, secrétaire de la GWF, a conclu en annonçant une réunion du front syndical. «Nous allons prendre une décision collective. Personne ne peut affronter cela seul.»
La GWF ira à la tripartite avec un message clair : transparence, responsabilité et protection du pouvoir d’achat et des droits des travailleurs.
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