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Questions à…
Roland Chan Chih Chien : «Nos institutions préparent des professionnels interconnectés»
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Roland Chan Chih Chien : «Nos institutions préparent des professionnels interconnectés»
Roland Chan Chih Chien, directeur de l’UCSI de Malaisie.
En visite à Maurice fin novembre, celui qui a apporté une contribution remarquable au développement du secteur de l’éducation, tant à l’international que dans la région, a pu évoquer ce que 2026 va représenter pour lui et le secteur éducatif.
? Quelles initiatives ou partenariats éducatifs internationaux de l’UCSI ont selon vous eu le plus d’impact, et comment voyez-vous la possibilité de les transposer à Maurice ?
L’internationalisation constitue l’un des piliers de la stratégie de développement de l’UCSI University. L’établissement accueille aujourd’hui des étudiants issus de 120 pays, preuve de son rayonnement mondial. Sur le plan des partenariats, l’UCSI a tissé des liens avec de nombreuses institutions à travers différents modèles : accords d’articulation (2+1 ou 2+2), programmes spécialisés en fondation et en postgraduate, mobilité étudiante, ou encore licences de programmes.
Parmi ces initiatives, le modèle de programme sous licence s’est révélé particulièrement structurant. Il consiste à collaborer avec des institutions locales qui dispensent le curriculum d’UCSI, enrichi d’un contexte adapté au pays. Ce format est gagnant, car il associe un référentiel académique international à une contextualisation locale pertinente, tout en gardant en ligne de mire l’employabilité des diplômés.
Cette formule est tout à fait transposable à Maurice. Le pays est déjà un carrefour régional pour les étudiants africains et de l’océan Indien. En s’appuyant sur l’expertise d’UCSI et sur des partenariats comme celui noué avec la Glamis Business School, il serait possible de proposer des programmes alignés sur les besoins du marché régional, tout en garantissant rigueur académique, évolutivité et pérennité.
? Avec l’évolution rapide des technologies et des besoins du marché du travail, quelles sont, selon vous, les compétences clés que les établissements comme la «Glamis Business School» devraient développer chez leurs étudiants ?
Dans un contexte où les technologies évoluent à grande vitesse et où les métiers se transforment profondément, les institutions doivent préparer des diplômés capables de maîtriser aussi bien les compétences techniques émergentes que les aptitudes humaines indispensables. Cela implique une solide culture numérique, incluant l’analyse de données, la compréhension des mécanismes de l’intelligence artificielle et l’usage d’outils digitaux de pointe.
La capacité à résoudre des problèmes complexes, à innover et à prendre des décisions éclairées devient tout aussi essentielle. À cela s’ajoute un véritable esprit entrepreneurial, fait d’agilité, de créativité et d’aptitude à générer de la valeur dans un environnement changeant.
Les compétences en communication, qu’il s’agisse de travailler en équipe, de négocier ou de collaborer dans des contextes interculturels, sont également déterminantes. Enfin, la résilience professionnelle – portée par l’intelligence émotionnelle, l’adaptabilité et une forte volonté d’apprendre – constitue l’un des piliers de l’employabilité durable. Le programme MBA développé conjointement par UCSI University et Glamis Business School intègre l’ensemble de ces dimensions grâce à une pédagogie centrée sur les projets, les études de cas et des évaluations structurées. Cette approche permet de former des professionnels prêts à évoluer dans un marché du travail en perpétuelle mutation.
? Pouvez-vous partager votre vision du rôle des institutions éducatives dans le renforcement de la coopération régionale en Asie et dans l’océan Indien, notamment pour le développement des jeunes talents ?
Les établissements d’enseignement jouent un rôle essentiel dans le renforcement de l’intégration régionale et dans la préparation de la prochaine génération de leaders. Ils deviennent des plateformes incontournables de partage des connaissances, où circulent expertise, recherche et innovation, notamment dans des secteurs clés tels que la transformation digitale, la technologie, la santé ou encore le développement durable.
Cette dynamique est renforcée par la mobilité des talents. Les échanges d’étudiants et d’enseignants favorisent non seulement une meilleure compréhension interculturelle, mais permettent aussi aux jeunes de s’exposer aux pratiques les plus avancées de la région.
Par ailleurs, en concevant ensemble des programmes et en mutualisant leurs ressources, les institutions contribuent directement au renforcement des capacités locales et régionales. Elles préparent ainsi des professionnels capables d’évoluer au sein de leur pays, tout en s’inscrivant dans un écosystème plus vaste et interconnecté. L’ensemble de ces initiatives participe à la construction d’une communauté plus intégrée, plus compétitive et plus résiliente, à l’échelle de l’Asie et de l’océan Indien.
? Quels types de collaborations ou d’échanges académiques entre Maurice et l’UCSI de Malaisie pourraient-ils être envisagés à court et moyen termes pour enrichir l’expérience des étudiants et des enseignants ?
À court terme, plusieurs pistes de collaboration peuvent être immédiatement activées entre Maurice et UCSI Malaysia. Parmi elles, la mobilité étudiante et les voyages d’étude offrent une première immersion dans un environnement académique international. Ces échanges peuvent être complétés par des interventions de professeurs invités ou par la mise en place de séminaires spécialisés animés conjointement. Par ailleurs, le développement de micro-certifications constitue un moyen rapide et efficace de renforcer des compétences ciblées tout en favorisant l’interconnexion entre institutions.
À moyen et long termes, les perspectives s’élargissent considérablement. Il devient alors possible d’instaurer des programmes sous licence, d’élaborer des accords d’articulation ou des doubles diplômes permettant aux étudiants de poursuivre leur parcours entre les deux institutions, et de développer de véritables réseaux de recherche partagés. Ces collaborations peuvent également s’étendre aux stages, aux projets industriels et au renforcement des liens avec le secteur privé, créant ainsi un écosystème durable où enseignement supérieur et monde professionnel avancent de manière intégrée.
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