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«Comportements inacceptables»

Richard Duval justifie une révocation controversée

18 mars 2026, 06:30

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Richard Duval justifie une révocation controversée

La révocation de l’ancien président du conseil d’administration de la Tourism Authority, José Arunasalom, continue de faire des vagues à l’Assemblée nationale. Interpellé par le député Adrien Duval, le ministre de tutelle, Richard Duval, a apporté des éclaircissements sur cette décision, évoquant une accumulation de plaintes et des comportements jugés inappropriés.

Le dossier José Arunasalom

Nommé le 8 janvier 2025 en tant que président à temps partiel du conseil d’administration, José Arunasalom aurait rapidement fait l’objet de nombreuses doléances, tant écrites que verbales, de la part du personnel. Selon le ministre, ces plaintes portaient notamment sur des propos jugés déplacés, un manque de respect, des intimidations et des instructions données en dehors de son champ de compétences. «Les employés relèvent administrativement du directeur. Le président à temps partiel n’a pas autorité pour leur donner des directives», a rappelé Richard Duval.

Les tensions auraient également affecté la direction de l’organisme. L’ancien directeur, tout comme son successeur récemment nommé, auraient signalé des difficultés à exercer leurs fonctions en raison de l’attitude du président. Un épisode conflictuel survenu en novembre, impliquant une altercation avec l’ancien directeur, avait d’ailleurs conduit à l’ouverture d’une enquête, restée incomplète en raison de l’absence de l’intéressé, souvent hors du pays.

Après la démission du directeur en janvier, José Arunasalom aurait pris le contrôle des opérations, procédant à des réorganisations internes sans l’aval du conseil d’administration. Des allégations font également état d’un usage abusif de moyens internes, notamment l’accès à des systèmes de vidéosurveillance et de géolocalisation.

Plusieurs cas de harcèlement présumé ont par ailleurs été signalés, dont une plainte consignée à la police en février 2026. Une autre employée aurait également dénoncé des propos injurieux auprès du bureau du Travail et de son syndicat.

Face à cette situation, le ministre affirme avoir mis fin à son mandat le 27 février 2026, conformément aux dispositions légales. Toutefois, des démarches auraient été entreprises pour faire annuler cette décision. Le dossier a finalement été examiné en Conseil des ministres le 6 mars, aboutissant à la suspension immédiate de l’ancien président et à l’ouverture d’une enquête, menée en consultation avec le bureau de l’Attorney General.

Répondant aux questions d’Adrien Duval et d’Anabelle Savabaddy sur le délai d’intervention, Richard Duval a évoqué les difficultés à auditionner l’intéressé, souvent absent du pays. Il a également indiqué que ce dernier aurait refusé de restituer les clés de son bureau. «Je ne tolérerai aucun écart de comportement dans les organismes sous ma responsabilité», a-t-il martelé, tout en appelant à attendre les conclusions de l’enquête en cours.

Naufrage du «MV Wakashio»

Répondant à une question du député Tony Apollon sur les compensations liées au naufrage du MV Wakashio, le ministre Arvin Boolell a dressé un état des lieux marqué par des retards et des procédures toujours en cours.

Le ministre a rappelé que le rapport de la Cour d’investigation, longtemps non publié sous l’ancien régime, a finalement été rendu public le 2 octobre 2025. Une décision qu’il qualifie de «tournant majeur» en matière de transparence. Sur le plan des compensations, quelque 6 309 réclamations, totalisant environ Rs 2,3 milliards, ont été soumises à l’assureur du navire, le Japan P&I Club. Toutefois, seulement Rs 200 millions ont été versées aux victimes entre 2021 et 2022, un montant jugé largement insuffisant.

La situation s’est complexifiée après que le propriétaire du navire, Okiyo Maritime Corporation, a saisi la Cour suprême en 2021 pour limiter sa responsabilité à environ Rs 720 millions. Depuis cette démarche, les paiements ont été interrompus, le dernier remontant à avril 2022.

En février 2026, la Cour suprême a autorisé la mise en place d’un fonds de limitation. Toutefois, cette décision fait désormais l’objet d’un appel devant le Judicial Committee of the Privy Council, prolongeant ainsi l’incertitude pour les victimes. Parallèlement, l’État mauricien envisage d’intenter une action en justice pour réclamer des dommages liés à la pollution pétrolière. Une mise en demeure est en préparation.

Interrogé sur la possibilité de paiements intérimaires, Arvin Boolell a assuré que «le nécessaire sera fait», tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à obtenir justice et réparation pour les victimes.

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